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Intamba Mu Rugamba : le serment de Ndola et d’Intwari

Vingt-cinq noms viennent de tomber, signés par Patrick Sangwa. Vingt-cinq destins, venus de Suède, de Norvège, du Canada, de Syrie, de France et de tout le continent, pour livrer deux batailles contre la Zambie, le 13 novembre à Ndola et le 17 novembre à Intwari. Plus qu'une liste, c'est un serment. Celui d'un peuple tout entier qui veut croire, encore une fois, que les Hirondelles peuvent planter le drapeau du Burundi au cœur de l'Afrique.

1. Une liste comme une prière
Il y a des listes qui ne se lisent pas. Elles se recueillent comme une prière. Elles se déplient lentement, avec cette révérence que l’on réserve aux choses qui engagent le cœur d’un peuple tout entier.

Celle-ci vient de tomber. Elle est signée par un homme, Patrick Sangwa. Elle ne contient pas seulement des noms. Elle contient des destins. Vingt-cinq destins.

2. Deux batailles, un seul ticket
Le 13 novembre 2026, à Ndola, sur cette terre de Zambie où le cuivre a la couleur du sang et où l’air sent la poussière et la fierté, les Intamba Mu Rugamba iront défier les Chipolopolo. Quatre jours plus tard, le 17 novembre, à Bujumbura, dans le ventre ardent du Stade Intwari, ils reviendront achever ce qu’ils auront commencé. Deux rencontres. Un seul ticket. Une seule promesse : la Coupe d’Afrique 2027.

Car il ne s’agit point ici d’un simple double affrontement. Il s’agit d’une traversée. D’une épreuve qui décidera si le Burundi, ce petit pays aux mille collines, aux lacs qui miroirent le ciel, aux mères qui bercent leurs enfants en chantant l’espérance, pourra enfin s’asseoir à la table des grands du continent.

Sangwa l’a compris. Alors il n’a pas convoqué des joueurs. Il a convoqué une armée de frères.

3. Les sentinelles du but
Devant les buts, pour garder la flamme, il a appelé trois sentinelles. Daniel Hakizimana, l’enfant de Vision, celui qui connaît chaque grain de nos pelouses comme on connaît les rides du visage de sa mère. Jonathan Nahimana, venu de Gicumbi, au Rwanda, avec ses mains sûres et son regard tranquille. Et Onésime Rukundo, de Police FC, gardien d’une foi qui ne tremble jamais.

4. Le rempart de huit murailles
Devant eux, pour dresser le rempart, huit murailles. Frédéric Nsabiyumva, qui vient du froid de Västerås en Suède, mais qui porte en lui toute la chaleur de Bujumbura. Derrick Mukombozi, de Fountain Gate en Tanzanie. Moussa Omar, de Gorilla au Rwanda. Christophe Nduwarugira, qui traverse l’archipel indonésien avec PSS Sleman et qui revient comme on revient d’un exil. Emmanuel Swedi, de Nordic United, encore un fils du Nord. Akbar Muderi, de Rayon Sports. Clauss Niyukuri, de Sarpsborg en Norvège, là où les nuits sont longues et où l’on apprend la patience. Et Kevin Icoyitungiye, d’Aigle Noir, le dernier rempart du pays, celui qui n’a jamais cessé de croire.

5. Les architectes du milieu
Au milieu, là où se joue la respiration du match, là où le cœur bat le plus fort, six architectes. Henry Msanga, d’Al-Ta’awoun en Libye. Karim Mpawenimana, de Costa do Sol au Mozambique, là où l’océan Indien vient caresser le sable. Eldhino Mokono, de Rayon Sport. Mossi Nduwumwe, du MC Alger, ce géant d’Algérie qui forge les hommes. Gaël Bigirimana, de Dungannon, en Irlande du Nord, ce voyageur qui porte le Burundi en bandoulière. Et Yussuf Ndayishimiye, de l’OGC Nice, notre joyau de France, notre capitaine sans couronne, celui dont le simple nom enflamme tout un stade.

6. Les poètes de la frappe
Et devant, pour porter le fer, pour faire saigner les filets, dix poètes de la frappe. Jean Claude Girumugisha, d’Al-Ahli en Libye. Franck Nduwimana, de KCB au Kenya. Bienvenue Kanakimana, de Zbrojovka Brno en République Tchèque. Jordi Liongala, de Sheffield Wednesday en Angleterre, là où le football est né dans le brouillard et la boue. Asman Ndikumana, de Police FC. Caleb Bimenyimana, d’Al Karamah en Syrie, qui joue là où d’autres auraient peur de marcher. Mohamed Amissi, de Vancouver au Canada, l’enfant de l’exil qui n’a jamais oublié la langue de sa mère. Et Karim Mperanyi, de NAC Breda aux Pays-Bas.

7. Vingt-cinq exils, un seul retour
Vingt-cinq noms. Vingt-cinq histoires. Vingt-cinq exils qui se terminent le temps d’un rassemblement.

Car voilà ce que cette liste raconte véritablement. Elle raconte que nos enfants sont partout. En Suède, en Norvège, en Indonésie, en Syrie, au Canada, en Algérie, en France. Ils ont appris d’autres langues, ils ont affronté d’autres hivers, ils ont dormi dans des villes dont leurs grands-mères ne connaissent même pas le nom. Mais lorsqu’on prononce le mot Burundi, ils se lèvent. Tous. Comme un seul homme.

8. Ndola, puis Intwari
Le 13 novembre, ils seront à Ndola. Loin. Seuls face à un peuple entier qui chantera contre eux. Et c’est là que l’on verra si le cœur d’une Hirondelle est plus forte que la clameur d’un stade hostile.

Le 17 novembre, ils seront chez nous. À Intwari. Ce stade qui n’est pas un stade. C’est un temple. C’est le lieu où les pères emmènent leurs fils pour la première fois, où les drapeaux rouge, vert et blanc claquent comme des ailes. Ce soir-là, Bujumbura ne dormira pas. Bujumbura vibrera, Bujumbura pleurera, Bujumbura priera.

9. La lettre d’amour
Patrick Sangwa n’a pas choisi des footballeurs. Il a choisi des porteurs d’espérance. Il a choisi ceux qui devront écrire, à la pointe de leurs crampons, la plus belle lettre d’amour jamais adressée à ce pays.

Alors que l’on se le dise, de Kirundo à Rumonge, de Cibitoke à Makamba : les Hirondelles s’envolent. Et cette fois, elles ne volent pas pour fuir. Mais pour planter, enfin, le drapeau du Burundi au cœur de l’Afrique.

 

Patrick Sota

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