Tout avait si mal commencé. D’abord le Portugal, chirurgical, qui s’impose 1-0 d’un souffle, sur un rebond de penalty. Puis le Pays de Galles, rugueux et haut. Deux défaites. Beaucoup auraient sombré, en invoquant l’apprentissage. Eux ont appris debout.
Le sursaut
Puis vint le sursaut. Celui qui dit qui tu es vraiment.
Les Fidji d’abord, domptées avec autorité. Le Bangladesh ensuite, maîtrisé. Deux victoires comme deux pansements sur l’orgueil, mais surtout comme deux preuves. Voilà un groupe qui avait des poumons, des jambes et une âme. Juste assez pour rester en vie.
Et puis, dernier match de poules, le couperet. L’Indonésie, en furie, qui inflige aux Burundais un 6-1 sans appel. Une claque pour fermer la phase de groupes. Le genre de score qui salit un bilan. On croyait les Hirondeaux à terre. Ils ne l’étaient pas. Ils avaient fait le plus dur : exister.
Mercredi, deux guerres en un jour
Ce parcours suffisant offrait ce seizième de finale couperet contre le Togo, mercredi à 7h30 GMT. Un choc 100% africain.
Quel match. 4-3. Un vertige. Sept buts, le coeur au bord des lèvres, une partie d’échecs jouée à la machette. Le Togo, avec ses treize buts au premier tour, était venu pour donner la leçon. Il est reparti avec des larmes.
On croyait le repos mérité. La FIFA en avait décidé autrement. À 18h15, heure de Bakou, le Cap-Vert. Sous les projecteurs du Hovsan.
Face aux Blue Sharks, techniciens de la possession, danseurs du ballon, le Burundi a opposé ce qu’il a de plus beau : le bloc. Compact. Solidaire. Rugueux. Infranchissable. Et puis l’éclair. Deux transitions tranchantes comme des lames. 2-0.
Le Cap-Vert réduira à 2-1, poussera jusqu’à faire trembler les tribunes. Mais l’arrière-garde tint. Comme on tient une promesse faite au pays.
Deux matchs en un jour. Deux nations écartées.
Et maintenant ?
En quart de finale, ce jeudi 29 octobre 2026, se dresse la République dominicaine. Ce n’est plus une surprise. C’est une équipe qui vient de corriger le Burkina Faso 3-0, avec la froideur des grandes nations. Ce ne sera pas un match. Ce sera un choc des destins.
Que les gamins de Bujumbura, de Ngozi, de Gitega, de Kayanza le sachent : à des milliers de kilomètres, huit Hirondeaux de quinze ans, en short trop grand, ont porté le drapeau plus haut que bien des aînés.
La suite n’est plus du football. C’est de la légende qui s’écrit.
Patrick Sota
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