Ces derniers temps, nous constatons que des véhicules électriques se multiplient dans le pays. Quels sont leurs avantages ?
Les avantages sont multiples. Je peux en citer trois ou quatre. Premièrement, c’est un profit économique. En effet, le pays n’est pas embêté à aller importer du carburant, à dépenser ses devises pour aller acheter le carburant à l’extérieur. Ce qui est une bouffée d’oxygène à notre économie. Deuxièmement, c’est écologique.
Comment ?
Ils ne polluent pas l’atmosphère et l’environnement. Les voitures électriques c’est zéro émission de gaz à effet de serre. Or, les voitures thermiques, comme nous les connaissons, consomment du carburant. C’est fossile. Donc, elles dégagent beaucoup de quantités du gaz carbonique (CO2). Ce dernier fait partie de ces gaz à effet de serre.
Donc, côté environnement, il y a des avantages aussi. Ensuite, c’est également énergétique parce qu’on n’a pas à importer l’énergie. Nous en avons ici. Le soleil, on ne va pas l’acheter mais aussi les centrales hydroélectriques. L’eau non plus. On en a ici en abondance.
Un investisseur burundais a déjà installé une station de recharge solaire à Bujumbura. Comment avez-vous accueilli une telle initiative ?
C’est vraiment quelque chose de positive à encourager. L’installation de ces bornes est tout à fait salutaire pour notre pays et même pour la région. Cela montre que le pays entre petit à petit dans ce que nous entendions parler « transition énergétique », c’est-à-dire ce qui mobilise, ce qui utilise l’énergie propre, l’énergie verte et même une mobilité qui est propre.
Le Burundi vit depuis un certain temps une pénurie récurrente des carburants. Est-ce que l’installation de ces bornes et d’autres stations de recharge peut aider le pays à réduire sa dépendance aux carburantx ?
Oui. A moyen terme mais non à long terme.
C’est-à-dire ?
A moyen terme, l’usage des énergies vertes, surtout les voitures électriques, réduit la dépendance à l’importation des carburants. Si on parvenait par exemple à avoir 40 à 50% de voitures électriques, cela viendrait aider ou donnerait un avantage énorme à notre économie. Il y aurait moins de files d’attente pour s’approvisionner en carburants. Mais, cela ne suffit pas du tout.
Pourquoi ?
Parce que la pénurie des carburants est due, en partie, à notre dépendance à 100% de ce que nous importons. Donc, ce n’est pas à dire que demain ou d’ici deux ans, on aura réglé tous les problèmes liés aux carburants. On en aura toujours besoin. Même d’autres pays qui sont par ailleurs pionniers dans l’usage des énergies renouvelables utilisent toujours le carburant.
Mais, apparemment, l’Etat fait des efforts pour encourager l’usage des véhicules électriques

Oui. Le gouvernement a fourni beaucoup d’efforts. Il a saisi la balle au bond en annonçant que pour chaque voiture électrique qui va entrer sur le territoire burundais, sur les frontières, il n’y aura pas de taxes. Tout simplement, on encourage ceux qui veulent investir dans le domaine ces énergies vertes de le faire massivement.
Certains pensent que ces véhicules électriques ne vont pas tenir sur nos routes avec des nids de poule partout. Votre commentaire
Loin de là. Au contaire, les voitures électriques résistent mieux que les véhicules thermiques. Moi, je ne situe pas le problème au niveau des infrastructures routières. Non.
Vous le situez où concrètement ?
Je le situe au niveau des compétences des personnes qui vont réparer ces voitures une fois tombées en panne. Le problème d’infrastructure routière est là. C’est un constat. Mais, les véhicules électriques n’ont pas de problème particulier en ce qui est de l’état des routes.
On n’a pas de techniciens spécialisés pour réparer de tels véhicules. C’est nouveau et c’est tout à fait compréhensible.
Que proposez-vous donc ?
A ce point, on pourrait penser aux formations. Quand on importe la voiture ou une nouvelle technologie, il faut aussi importer les compétences, créer des écoles comme on en a créé pour l’automobile mécanique. Il faut aussi créer des écoles pour donner des compétences afin de s’occuper de cette nouvelle génération de voitures qui entrent dans notre pays. Et d’ailleurs, c’est ça la transition. Il faut également penser à envoyer des gens pour être formés ou qui peuvent se former ici sur le terrain pour réparer ces voitures une fois tombées en panne.
Mais, on dit aussi que ces véhicules sont chers à voir le pouvoir d’achat des Burundais
En partie oui. Si on regarde le parc automobile dans le pays, c’est un parc vieillissant. Ce qui signifie que ce n’est pas beaucoup de Burundais qui se paient le luxe d’aller acheter des voitures neuves à l’usine. La voiture électrique ce n’est pas aussi facile. Oui, il y a des gens qui peuvent l’acheter. Même le gouvernement peut donner un coup de main. Les banques peuvent également octroyer des crédits aux gens pour acheter ces voitures qui sont jusqu’à l’heure actuelle, chères. Et c’est tout à fait compréhensible. C’est de la nouvelle technologie. Cela va toujours avec le coût.
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