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Le PRCCB- NAGURA-ISI enclenche une révolution verte et socio-économique à Bugendana

Du repiquage de jeunes plants à Jenda au déploiement d’équipements à Bugendana, le Projet de Résilience Climatique des Collines du Burundi (PRCCB-NAGURA-ISI) a été officiellement lancé le jeudi 1ᵉʳ octobre 2026. Quatre-vingt collines à travers 12 communes dans les 5 provinces du pays et 87 sous-bassins versants auront leurs plans de gestion et feront l'objet de travaux de restauration.

Financé à hauteur de 88,3 millions de dollars par le Groupe de la Banque mondiale et le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), ce programme ambitieux entend transformer le paysage rural de 80 collines réparties sur 12 communes  des 5 provinces. Le projet PRCCB-NAGURA-ISI œuvre dans la restauration des sols et leur résilience face aux effets des changements climatiques, la sécurisation foncière, l’amélioration de la productivité agricole, des moyens de subsistance des bénéficiaires et de leur nutrition.

L’événement qui s’est déroulé le jeudi 1ᵉʳ octobre 2026  à Bugendana marque une étape décisive face à la dégradation des sols et aux chocs climatiques récurrents.  Le PRCCB-NAGURA-ISI incarne une véritable transformation structurelle où la protection de la biodiversité, le développement agricole et la cohésion sociale s’articulent harmonieusement.

En réunissant les plus hautes autorités du gouvernement, les responsables de la Banque mondiale au Burundi, les experts techniques et les communautés locales, cette journée a illustré la détermination partagée à bâtir un avenir résilient pour le monde rural burundais. C’est par des gestes forts, ancrés au plus près de la terre, que les activités ont débuté. Dans la pépinière de Jenda, située à Bitare, commune Bugendana, les autorités et les partenaires techniques se sont retrouvés pour le repiquage des jeunes plants. Un symbole puissant de renouveau pour les terres soumises aux aléas climatiques. Le cortège s’est ensuite dirigé vers  Bugendana pour le volet officiel.

Un projet concret qui touche directement les populations

Pour Babacar Faye, Représentant Résident de la Banque mondiale au Burundi, ce projet revêt une importance capitale car les effets du changement climatique sont bien réels et déjà visibles dans la sous-région. Il a exprimé son enthousiasme face à la concrétisation de ces initiatives. « Quand nous avons commencé avec le repiquage de jeunes plants dans la pépinière, ça a été quelque chose que j’ai beaucoup aimé et qui m’a encouragé dans  le travail que nous faisons à la Banque mondiale. Notre travail n’est pas seulement de donner des financements, mais de s’assurer que c’est réellement concret au niveau des populations et des communautés », a-t-il déclaré.

Le Représentant pays de la Banque Mondiale au Burundi : « Le projet répond également à la mission ultime du Groupe de la Banque mondiale, qui est de promouvoir une croissance inclusive et de réduire l’extrême pauvreté sur une planète vivable »

Il fait observer que ce projet s’inscrit parfaitement dans la Vision Burundi 2040-2060 et le Plan National de Développement 2018-2027 qui font de la lutte contre les aléas climatiques une priorité. Sur le terrain, le projet financera la gestion intégrée des bassins versants sur 80 collines à travers 12 communes dans les 5 provinces du pays. Quatre-vingt-sept sous-bassins versants auront leurs plans de gestion et feront l’objet de travaux de restauration. En restaurant le sol et en réduisant l’érosion, il améliorera la productivité agricole et la sécurité alimentaire tout en rappelant l’urgence environnementale et l’alignement avec les priorités nationales.

« Le PRCCB-NAGURA-ISI répond également à la mission ultime du Groupe de la Banque mondiale qui est de promouvoir une croissance inclusive et de réduire l’extrême pauvreté sur une planète vivable », a-t-il souligné.

Un pilier pour la vision 2040-2060

Grâce à l’enveloppe de 88,3 millions de dollars, le projet  freinera  l’érosion et la sédimentation. Au-delà de l’agriculture, selon la ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, Calinie Mbarushimana, ce projet constitue un vecteur de progrès social grâce à la certification foncière massive.

Comme on nous l’a confié, 76 % des parcelles certifiées ont été co-signées par des femmes. Ce qui a ainsi renforcé leurs droits et la sécurité du foyer lors de la phase pilote du Projet de Restauration et de Résilience du Paysage du Burundi (PRRPB).

Revenant sur ces acquis, la ministre  Mbarushimana  a souligné que  plusieurs bénéficiaires des 31 collines en ont tiré pas mal de profit, entre autres l’enregistrement de leurs terres et l’obtention des certificats fonciers, le traçage des terrasses progressives, le reboisement et l’amélioration de la productivité agricole qui a permis l’amélioration de leurs moyens de subsistance et leur nutrition.

La ministre Mbarushimana : « Sans une autosuffisance alimentaire durable couplée à la protection de nos terres, la Vision Burundi 2040-2060 ne pourra pas être réalisée ».

Elle a en outre souligné la portée transformatrice du projet en rappellant que la protection de l’environnement et le développement agro-pastoral sont au cœur de la souveraineté nationale. « Sans une autosuffisance alimentaire durable couplée à la protection de nos terres, la Vision Burundi 2040-2060 ne pourra pas être réalisée ».

Elle a alors exhorté la population à s’approprier les réalisations et à être les  premiers protecteurs de ces investissements afin que les communautés bénéficient durablement des fruits du projet. Elle a également appelé les  services techniques déconcentrés à prêter main forte au projet pour assurer sa réussite efficace et efficiente.

Témoignages des vies métamorphosées

Sur le terrain, l’impact du  projet pilote, à savoir le Projet de Restauration et de Résilience du Paysage du Burundi ( PRRPB )est bien réel. Il a en effet permis aux bénéficiaires de 31 collines à y tirer profit en enregistrant leurs terres et l’obtention des certificats fonciers ainsi que le traçage des terrasses progressives et le reboisement. Ce qui a changé radicalement le quotidien des habitants.

Célestine Ngiriyabandi de Rushubi en commune Isare, témoigne : « Depuis 2020, en m’investissant dans la multiplication des arbres, le fourrage et l’élevage, ma situation s’est métamorphosée. Grâce au projet, mes terres sont devenues hautement productives et mon foyer est à l’abri du besoin  »

Il s’agit du même constat chez Cédric Nijimbere, un jeune de la colline Karunga, zone Benga qui recherchait le premier emploi. Ancien chômeur, il s’est mobilisé avec soixante camarades dans la culture de plantes anti-érosives qui, jusqu’ici, a porté des fruits. « Ce projet nous a redonné de la dignité et des revenus. En protégeant les collines, nous avons assuré notre avenir. Aujourd’hui, tous ceux qui ont suivi les enseignements vivent à l’aise.Mais, nous avons un surplus de marchandises  à vendre. Si quelqu’un en a besoin, qu’il vienne vers nous ! »

Avec la remise, sous les acclamations, des clés de contact de 10 pickups et d’une ambulance, de 33 motos et de 130 vélos aux différents services techniques impliqués dans la mise en œuvre du projet pour leur faciliter le suivi des activités sur le terrain, une certitude s’est imposée : le PRCCB-NAGURA-ISI dépasse le cadre environnemental. C’est un grand projet communautaire, un vecteur de cohésion sociale et un levier d’émancipation économique pour tout le Burundi.

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