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L’Europe s’embrase : Quand les princes chancellent et que les gueux deviennent rois

La Ligue des Champions a rendu son verdict pour sa troisième levée, et quelle levée ! Deux soirs. Dix-huit théâtres. Le football dans ce qu'il a de plus cruel et de plus sublime.

Mardi, le feu aux poudres
Au Parc des Princes, il n’y a pas eu de match. Il y a eu un sacre. Paris a dévoré Barcelone. 4-2. Un score d’une violence inouïe, presque impudique. Les Parisiens n’ont pas gagné, ils ont châtié, ils ont récité leur football comme on récite un poème vengeur. Le Barça, si noble, si hautain, est reparti les valises lourdes de buts et de certitudes effondrées.

Pendant ce temps, à Manchester, City faisait son métier de bourreau avec une froideur anglaise. 5-1 face à Athènes. Une démonstration clinique, sans état d’âme.

Mais le cœur de cette soirée battait à Liverpool et à Naples. Deux rencontres jumelles, deux partitions de 4-3 qui ont fait vaciller les âmes.

À Anfield, Liverpool a failli se noyer contre Villarreal. Menés, repris, bousculés, les Reds ont dû puiser dans ce supplément d’âme qui fait d’Anfield une légende. 4-3 au bout d’un suspense insoutenable.

Même vertige au Diego Maradona. Naples contre Bodø/Glimt. On croyait les Norvégiens si petits. Ils furent immenses. 4-3 pour Naples, mais que ce fut dur, que ce fut beau. Une soirée où chaque attaque sentait le soufre.

Ailleurs, Dortmund assure l’essentiel en Azerbaïdjan face à Sabah, 2-1. Le PSV vient voler Porto dans son antre, 1-0, un hold-up à la hollandaise. Rome étrille Bratislava, 4-0, impériale. Et Stuttgart et l’Atlético se neutralisent, 1-1, dans un duel de forgerons.

Fenerbahçe et le Slavia se quittent bons amis, 2-2.

 

Mercredi, le jour des miracles
Si mardi fut le feu, mercredi fut le séisme.

Et son épicentre se nomme Côme. Como 1907. Le petit lac contre l’océan. Como 4, Manchester United 1. Relisez cette phrase. Elle a le parfum des plus grandes fables. Les Lombards, promus, romanesques, ont piétiné les Diables Rouges avec un panache qui restera dans les annales. Old Trafford est en deuil, le football italien en extase.

Autre gifle, autre conte. À Lisbonne, le LASK autrichien vient faire tomber le Sporting, 3-2. L’audace récompensée.

Le reste de l’Europe des grands a tenu son rang, mais non sans frissonner.

Le Real Madrid, à Bernabéu, a rappelé qui était le patron. 4-1 contre Leipzig. Une autorité souveraine, un football de velours et d’acier.

L’Inter s’en sort par la petite porte contre le Shakhtar, 1-0. Le plus petit des écarts pour la plus grande des délivrances.

Le Bayern et Arsenal nous ont offert le choc tant attendu. 2-2 à Munich. Un nul de boxeurs. Deux géants qui se rendent coup pour coup sans jamais plier le genou. Du très, très grand football.

Galatasaray, ce diable de Galatasaray, est allé s’imposer à Lille, 4-2, dans une ambiance de chaudron renversé. Le Bétis domine Feyenoord 1-0, Villa dompte les Vikings 3-1, et Bruges corrige Lens, 3-0. Soirée sombre pour les clubs français.

Trois journées, et déjà la hiérarchie tremble. Les princes saignent, les gueux se lèvent. C’est cela, la Coupe aux grandes oreilles.

 

Patrick Sota

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