Dans une réunion tenue par l’administrateur Augustin Minani le mardi 11 août 2026, il a été décidé que les vaches en transhumance doivent quitter la localité. Et pour cause, au moment où la transhumance est interdite au Burundi depuis 2018, certains éleveurs s’arrogent le droit de continuer la pratique avec toutes les conséquences que cela comporte notamment les conflits entre agriculteurs et éleveurs qui naissent ici et là dans sa commune. Il fait savoir que des centaines de vaches en transhumance sont présentes sur certaines collines de la commune Rumonge depuis le mois de juillet.
Innocent Nijimbere, le chef de la zone Kigwena, fait remarquer par exemple que de nombreuses vaches en transhumance sont déjà dans sa zone et que des éleveurs et des agriculteurs se regardent en chiens de faïence suite à ces vaches qui ravagent les champs de cultures.
Dans un communiqué rendu public le même jour, M. Minani précise que chacune de ces vaches devra payer une amende et un impôt tel que cela est prévu par la loi.
Complicité des éleveurs et de certains administratifs locaux
Selon l’administrateur Minani, ces vaches proviennent principalement des communes Bururi, Vyanda et Nyanza. Elles arrivent pendant la nuit en cachette dans certaines zones de la commune Rumonge comme Kigwena, Gatete, Buruhukiro, Rusabagi et Mudende avec la complicité de certains éleveurs locaux qui les hébergent chez eux.
Des agriculteurs regrettent qu’il y ait certaines autorités administratives à la base qui reçoivent des pots-de-vin. Elles empocheraient des sommes consistantes et fermeraient ainsi les yeux devant ce phénomène prohibé.
Ils demandent qu’une enquête plus fouillée et indépendante soit menée pour pouvoir identifier toute vache en situation de transhumance.
L’administrateur Minani a ainsi instruit la police et les autorités administratives à la base de travailler en étroite collaboration pour chasser toute vache en transhumance à partir du vendredi 14 août au matin.
Faire le suivi de la mesure
Les agriculteurs saluent la mesure tout en demandant qu’il y ait un suivi car ces vaches peuvent retourner dans leurs zones respectives quelques jours après, toujours avec la complicité de certaines autorités administratives à la base.
Les éleveurs y vont avec leur petite explication. Ils sont à Rumonge à la recherche des pâturages encore frais pour leur bétail.
Lorsqu’il arrive que leurs vaches ravagent des champs de cultures, ils font savoir que l’éleveur concerné est tenu de payer sans tergiverser les dommages ainsi causés.
Ces éleveurs demandent à l’administrateur de prendre une décision sage qui respecte la loi car l’agriculture et l’élevage sont complémentaires. En effet, ils trouvent qu’un agriculteur a besoin du fumier, du lait et de la viande pour avoir de bonnes récoltes et équilibrer son alimentation. L’éleveur a quant à lui besoin des vivres produits par un agriculteur pour son alimentation.
La loi du 4 novembre 2018 stipule que l’élevage du gros et du petit bétail doit se faire en stabulation permanente, la divagation du bétail étant interdite au Burundi.
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