Cet événement marque le début d’un nouveau cycle d’appui aux initiatives locales. Parmi les nouvautés : la sélection a été particulièrement compétitive, et les projets retenus intègrent désormais des critères de résilience communautaire renforcés. Ce cycle bénéficie également d’un cofinancement inédit dans le cadre de la deuxième phase de l’Initiative mondiale pour les territoires et aires conservés par les communautés locales et les peuples autochtones (ICCA-GSI).
Pour Emma N’Gouan Anoh, Représentante résidente du PNUD au Burundi, cette nouvelle phase constitue une étape importante dans le renforcement de la gouvernance environnementale communautaire.
Ce projet s’appuie, selon elle, sur trois financements stratégiques et complémentaires. Le premier est assuré par le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM), qui soutient des initiatives transversales axées sur la lutte contre le changement climatique, la préservation de la biodiversité, la restauration des terres, la protection des eaux internationales et la gestion des déchets.
Le deuxième guichet repose sur les fonds STAR, mobilisés auprès du ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage. Ils concrétisent ces priorités sur le terrain en promouvant une agriculture durable et l’aménagement d’irrigations collinaires pour améliorer le bien-être des populations.
Enfin, la troisième composante réunit le mécanisme ICCA-GSI, mobilisé pour la toute première fois au profit du PMF/FEM Burundi. Cette initiative mondiale vise à renforcer la reconnaissance, la gérance participative et l’efficacité de la conservation de la biodiversité par les communautés locales tout en leur assurant des revenus durables.
Mme Anoh a réaffirmé le plein engagement du PNUD aux côtés du gouvernement du Burundi pour relever les défis environnementaux.
Le gouvernement mise sur l’approche communautaire

Pour le secrétaire permanent au ministère de l’Environnement, Emmanuel Niyungeko, ces financements constituent une réponse aux défis environnementaux auxquels le pays est confronté. « Ces projets ne sont pas une simple formalité administrative, mais le résultat d’un processus visant à soutenir des initiatives locales capables d’apporter des solutions concrètes ».
Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les communautés dans la protection des ressources naturelles. Selon lui, les populations locales sont à la fois les « premières touchées par la dégradation de l’environnement » et des acteurs essentiels « de sa préservation » lorsqu’elles disposent des moyens nécessaires.
Niyungeko a appelé les organisations bénéficiaires à assurer une gestion rigoureuse des ressources mises à leur disposition et à produire des résultats durables, tout en insistant sur l’importance d’une collaboration entre les OSC, les administrations locales, les services techniques et les communautés.
L’Allemagne soutient la conservation communautaire
« La protection durable de l’environnement passe nécessairement par l’implication des communautés locales et des peuples autochtones », a déclaré Verena Kasirye, chargée d’affaires à l’ambassade d’Allemagne au Burundi. Elle a souligné que ces acteurs jouent un rôle essentiel dans la conservation des écosystèmes et la transmission des savoirs traditionnels.
À ses yeux, cette vision justifie l’appui de son pays à ce projet. Selon elle, l’initiative vise à renforcer la gestion communautaire des espaces naturels, à promouvoir des moyens de subsistance durables et à accroître la résilience des populations face au changement climatique.
À cet effet, les accords signés représentent plus qu’un simple financement. « Ils constituent un investissement dans les capacités locales à concevoir et à mettre en œuvre des solutions adaptées aux réalités du terrain. »
« Il faut agir vite avant qu’il ne soit trop tard »
Léonidas Nizigiyimpa, fondateur de l’organisation Conservation et Communauté de Changement (3C), salue un appui qu’il juge déterminant pour les organisations de la société civile engagées dans la protection de l’environnement.
Fort de son expérience avec un financement obtenu du PNUD pour restaurer le mont Ganza, il estime que ces soutiens peuvent servir de levier pour mobiliser d’autres partenaires et renforcer les actions sur le terrain. Son organisation a notamment travaillé sur la création de pare-feu, la plantation d’arbres autochtones et agroforestiers ainsi que l’aménagement de quatre sources d’eau potable au profit des communautés locales.
Selon lui, les défis restent immenses face à la déforestation, à la dégradation des ressources naturelles, à l’érosion et aux glissements de terrain. « Il faut agir vite avant qu’il ne soit trop tard ». Et pour y parvenir, M. Nizigiyimpa plaide pour le renforcement des investissements dans la protection de l’environnement tout en améliorant les conditions de vie des populations.
Les projets retenus seront principalement mis en œuvre dans les provinces de Burunga et de Butanyerera. Selon la Représentante du PNUD au Burundi, les fonds mobilisés pour cette première phase s’élèvent à 500 000 USD, et des financements additionnels sont attendus.
Elle a également félicité les organisations bénéficiaires, soulignant que leur sélection repose sur « la pertinence technique de leurs propositions » ainsi que sur leur capacité à intervenir au plus près des communautés.
Elle a en outre précisé qu’un mécanisme de suivi a été mis en place afin de s’assurer que les bénéficiaires respectent leurs engagements. « Les décaissements seront effectués progressivement, par tranches, en fonction des résultats obtenus sur le terrain ».
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