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Télécommunications, un casse-tête pour les abonnés

Alors que les abonnés se plaignent de la dégradation des services de télécommunications, l'Association burundaise des consommateurs appelle à des solutions durables.

S. I, habitant le quartier Gikungu affirme que dans son quartier la connexion internet pour les abonnés de lumitel est très lente et instable, au point qu’il lui est souvent impossible de consulter ses courriels, ou même de naviguer sur les réseaux sociaux. « Ce qui nous décourage, c’est que Lumitel ne cesse d’augmenter ses tarifs, alors que la qualité du réseau ne s’améliore pas. Au contraire, la connexion devient de plus en plus mauvaise ». Elle estime que l’opérateur devrait d’abord améliorer la couverture et la qualité de ses services avant de procéder à de nouvelles hausses tarifaires.

N.T habitant le quartier Gatumba, abonnée du réseau lumitel et econet leo partage le même constat. Selon lui, la connexion internet est très instable et les appels sont régulièrement perturbés. « Même pour un simple appel, il arrive que le réseau indique que le téléphone de la personne est éteint, alors que, lorsque tu la rencontre par la suite, celle-ci affirme que son téléphone n’était pas éteint ». Il ajoute que pour econet leo les coupures d’électricité aggravent davantage la situation. Dès qu’il y a une coupure de courant, la connexion internet et le réseau téléphonique disparaissent complètement.

Lassée des hausses successives des tarifs de lumitel, C. N. Habitant de la Zone Nyakabiga raconte avoir changé d’opérateur et choisi econet Leo, qu’elle considérait comme une option plus abordable.
Toutefois, elle indique que ce réseau présente aussi des insuffisances. Selon lui, à chaque coupure d’électricité, les services cessent pratiquement de fonctionner. « Même les appels ordinaires deviennent impossibles et les personnes qui tentent de me joindre sont informées que mon téléphone est injoignable, alors que celui-ci est allumé ». Une situation qu’elle juge particulièrement contraignante, notamment lorsqu’il s’agit de communiquer en cas d’urgence.

Des dysfonctionnements qui pénalisent les usagers

Selon Pierre Nduwayo, président de l’Association burundaise des consommateurs (ABUCO), la qualité des services de télécommunications ne cesse de se détériorer malgré les instructions données en janvier 2025 par le ministre de l’Intérieur aux opérateurs afin d’améliorer leurs prestations.
Il déplore qu’au lieu de s’améliorer, les services offerts aux abonnés se soient progressivement dégradés. Il indique que les tarifs des forfaits Internet ont plus que doublé depuis cette période, alors que la qualité de la connexion a considérablement baissé. « Les consommateurs paient de plus en plus cher pour un service de moins en moins satisfaisant ».

Il relève également de nombreuses défaillances du réseau téléphonique. Il explique qu’il arrive fréquemment qu’un appel aboutisse à un message indiquant que le correspondant est injoignable même lorsque la personne est à côté et que son téléphone est pourtant allumé et connecté au réseau.

Il souligne que la hausse continue des tarifs, tant pour les appels que pour les services Internet, contraste avec la dégradation de la qualité des prestations, ce qui porte préjudice aux consommateurs. Les télécommunications étant devenues indispensables dans la vie quotidienne, leurs dysfonctionnements affectent directement les activités des citoyens.

Il plaide pour l’organisation d’états généraux des télécommunications réunissant les opérateurs, les autorités de régulation, les pouvoirs publics et les représentants des consommateurs. Une telle concertation permettrait, selon lui, d’identifier les difficultés auxquelles font face les différents acteurs et de trouver des solutions durables afin d’améliorer la qualité des services au bénéfice des consommateurs

Plusieurs causes à l’origine des perturbations des réseaux

Emmanuel Misago : « l’ARCT encourage les opérateurs à renforcer leurs infrastructures en installant davantage d’antennes, notamment dans les zones insuffisamment couvertes »

Emmanuel Misago, chargé de la communication et porte-parole de l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications (ARCT), reconnait que la qualité de la connexion Internet connaît effectivement des perturbations par moments.

Selon lui, les coupures récurrentes d’électricité figurent parmi les causes de l’instabilité du réseau. Les antennes-relais, les centres de données et d’autres équipements techniques dépendent souvent de groupes électrogènes. Or, les opérateurs rencontrent des difficultés d’approvisionnement en carburant, ce qui affecte le fonctionnement de leurs installations et entraîne une baisse de la couverture dans certaines localités. À cela s’ajoute l’instabilité de l’alimentation électrique fournie par la REGIDESO.

Il indique également que la saturation de la bande passante, particulièrement dans les centres urbains où la demande est plus forte, contribue au ralentissement de la connexion Internet. Il évoque aussi le vieillissement de certains équipements de transmission, qui nécessitent d’être remplacés, ainsi que l’absence d’antennes dans certaines parties du territoire, limitant ainsi la couverture du réseau.

M .Misago précise que l’ARCT effectue un suivi permanent des performances des opérateurs à l’aide d’équipements techniques spécialisés. Lorsque des insuffisances sont constatées, des réunions sont organisées avec les opérateurs afin de comparer les données recueillies et d’exiger des corrections. À défaut d’améliorations, des sanctions prévues par les cahiers des charges peuvent être appliquées.

Il ajoute que l’Agence encourage les opérateurs à renforcer leurs infrastructures en installant davantage d’antennes, notamment dans les zones insuffisamment couvertes, afin d’améliorer la capacité du réseau et le débit Internet.

Par ailleurs, il fait savoir qu’l y a un projet de loi qui facilitera le partage des infrastructures TIC. Ce projet permettra aux opérateurs d’installer des émetteurs dans plusieurs localités du pays, sans prolifération des antennes.

Il souligne également qu’un projet de déploiement de nouvelles antennes, financé par le PAFEN, est en cours de mise en œuvre. Enfin, l’ARCT prévoit de réaliser une étude sur l’alimentation énergétique des sites de télécommunications mobiles afin d’identifier les solutions les plus adaptées pour garantir leur fonctionnement continu et améliorer la stabilité des services.

Contacté, les sociétés de télécommunications Lumitel et Econet Leo, ils n’ont pas réagi.

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