Notre journaliste Jean Bigirimana porté disparu depuis 3648 jours. Nous ne l'oublions pas.

Un énième incendie, des cœurs brisés, des messages ambigus

Dans la nuit du 9 juillet 2026, une partie du marché central de Ngozi est parti en fumée. Une cinquième catastrophe du genre en sept mois. Moins équipés, les sapeurs-pompiers n’ont pas pu sauver grand-chose. Traumatisés et déboussolés, les sinistrés se lassent. Des morts soudaines s’en suivent. Certaines déclarations officielles se montrent moins compatissantes.

Le 12 juillet, Ngozi est encore sous le choc. Tout près du marché, l’odeur de la fumée se fait encore sentir. Nous sommes dimanche, Daniel-Gélase Ndabirabe, président de l’Assemblée nationale en même temps député élu dans la circonscription de Butanyerera effectue une descente sur place. Les commerçants victimes de l’incendie s’attendent à un message compatissant. C’est exactement ce qui va se passer dans premier temps. Le député Ndabirabe commence par une prière. Il exprime aussi sa solidarité avec les sinistrés. Mais, très vite, son discours prend un autre ton : « Rien n’est gratuit, c’est le prix à payer pour ne pas avoir prévu le nécessaire », va-t-il déclarer devant les commerçants médusés et sous le choc. Il révèle alors l’erreur principale qu’ils auraient commise : « Ce qui s’est passé ici est le prix à payer pour ne pas avoir assuré nos marchandises, contrairement à ceux qui y ont pensé avant. »

Pour le président de l’Assemblée nationale, cette catastrophe doit servir de leçon.  Ainsi, il appelle tout le monde à faire sien la culture de l’assurance. « Qu’il s’agisse des biens commerciaux, des habitations, des cultures ou encore de la santé ! »

Il lance une autre flèche aux commerçants. Selon lui, en se regroupant, ils auraient pu se procurer des équipements anti-incendie. « Une association de commerçants pouvait acheter deux, trois, voire cinq camions anti-incendie. Ils auraient pu servir à toute la province et même être loués aux autres marchés.»

Pour sa part, au lendemain de l’incendie, le gouverneur de la province de Butanyerera, Victor Segasago, a appelé la population à faire preuve de solidarité envers les sinistrés. Au regard des dégâts occasionnés par la catastrophe, il a évoqué les risques de dépression.  Face aux nombreuses accusations de pillages durant l’incendie, il a demandé à ceux qui auraient emporté les biens des autres de les restituer ou de les remettre à la police. M. Segasago a également annoncé une évaluation des pertes par les services de sécurité et promis un nettoyage rapide du marché afin de permettre une reprise des activités commerciales.


Une nuit cauchemardesque

A Ngozi, les témoignages sur cet incendie est glaçant. Des habitants environnants du marché affirment avoir vécu une soirée cauchemardesque. Ils déplorent l’inefficacité de l’intervention policière. Récits.
A Ngozi, on demande une enquête sur les incendies des marchés

Une commerçante habitant à quelques minutes du marché se souvient avec presque précision le début de la catastrophe. Vers 20 h, une coupure générale d’électricité plonge toute la ville dans le noir. « Nous avons d’abord cru que notre compteur n’avait plus d’unités. »

Quelques minutes plus tard, un ami lui annonce qu’un kiosque du marché est en feu. Selon plusieurs témoins, les premières flammes seraient parties d’un magasin appartenant à un grossiste qui approvisionnait de nombreux commerçants en produits importés de Dubaï et de Chine. La commerçante affirme que cette partie du marché contenait de nombreux produits hautement inflammables. Ce qui aurait accéléré la propagation des flammes. Elle raconte également que les forces de l’ordre ont empêché les commerçants de pénétrer dans les secteurs encore épargnés pour sauver leurs marchandises. Progressivement, regrette-t-elle, presque tout le marché a finalement été consumé.

Des secours inefficaces

Pour les témoins, l’impuissance des secours reste l’un des aspects les plus marquants de cette nuit. Un commerçant raconte que le camion anti-incendie basé au marché a tenté une première intervention, mais que son tuyau d’arrosage aurait éclaté dès les premiers instants. « Le camion avait pourtant passé toute la journée au marché. Il a essayé d’intervenir, mais il était beaucoup trop vétuste. »

Pendant ce temps, commerçants et autorités assistaient, impuissants, à la progression des flammes. Les accès au marché avaient été bouclés par les forces de sécurité afin d’éviter des victimes humaines.  « Sur le champ, nous étions frustrés. Avec le recul, cela a probablement sauvé des vies », reconnaît un autre commerçant.

Dans l’entre temps, malgré l’interdiction d’accéder au marché en proie aux flammes, un commerçant est parvenu à s’approcher de son stand déjà ravagé par l’incendie. Alors que les forces de l’ordre tentaient de l’empêcher de se précipiter dans le brasier, il s’est soudainement effondré, sous les yeux des témoins, raconte une personne présente sur les lieux.

Selon ce témoin, le commerçant a été rapidement évacué vers un hôpital, où il a succombé peu après. Plusieurs témoignages à Ngozi convergent à dire que le feu a continué à se propager pendant plusieurs heures. D’après eux, près de 80 % du marché a été touché et détruit. « Seul le bloc à étages a été relativement épargné », précisent-ils.

L’arrivée d’un camion anti-incendie venu de Muyinga n’a pas permis d’inverser la situation. Selon plusieurs témoins, le véhicule devait parcourir plusieurs kilomètres pour aller s’approvisionner en eau dans la rivière Nkaka. « À chaque retour, une nouvelle partie du marché brûlait déjà », raconte un commerçant. « On avait presque l’impression que l’eau alimentait le feu.  Au fur et à mesure qu’on y pulvérisait de l’eau, les flammes progressaient vite. » Selon eux, le feu a continué jusque dans la journée suivante.

Et l’enquête ?

« Le gouverneur a promis une évaluation des pertes, mais aucune enquête n’a été annoncée. Les autres autorités qui se sont exprimées n’en ont pas parlé non plus », regrette un commerçant ayant requis l’anonymat. Il rappelle que les commerçants avaient été informés d’une éventuelle visite du président de la République. Avant même ce déplacement, celui-ci avait publié un message de compassion sur son compte X. Pour les sinistrés, ces marques de solidarité sont importantes.

Interrogés, les commerçants sinistrés du marché de Ngozi lancent un appel pressant aux autorités et aux partenaires au développement pour exiger une enquête sur cet incendie et d’autres catastrophes du genre qui se sont déjà produits dans le pays. Ils réclament un appui matériel qui leur permettrait de relancer rapidement leurs activités et de subvenir de nouveau aux besoins de leurs familles. « Même si de nombreuses questions demeurent sans réponse, nous demandons au gouvernement ainsi qu’aux autres organisations de nous venir en aide. Il y va non seulement de notre survie, de celle de nos familles, mais aussi de l’économie du pays tout entier », plaide l’un d’entre eux, encore sous le choc.

Quid des pertes enregistrées ? Là, il avoue qu’elles sont incalculables et que ce n’est même pas nécessaire d’y revenir. « Il faut m’éviter ce genre de questions si vous ne voulez pas que je pique un AVC », nous-a-t-il prévenu.

Malgré l’interdiction, les commerçants reconstruisent

Après les travaux de développement communautaire du samedi 11 juillet, l’administrateur de la commune Ngozi a signalé aux commerçants que malgré le drame, ils peuvent reconstruire leurs stands. A son tour, le chef de la zone Ngozi, Majaliwa Manariyo, a lancé un appel d’effectuer les travaux de développement communautaire pour débarrasser le marché des gravats. De nombreux commerçants ont commencé à reconstruire eux-mêmes leurs kiosques.

Face à cette initiative, un second communiqué leur a interdit toute activité sur le site et les invité à attendre la permission d’une équipe viendra de Bujumbura. Une décision largement ignorée. « Nous voulons évacuer notre détresse », explique un commerçant joint par téléphone.  Selon lui, rester sans rien faire ne ferait qu’aggraver leur souffrance. Il évoque également une autre inquiétude : des rumeurs selon lesquelles d’autres commerçants pourraient occuper les emplacements libérés par l’incendie circulent. Même lors de la visite des autorités, les marteaux, les postes à souder et les tôles continuaient de résonner entre les ruines. « Les autorités étaient venues constater les dégâts, mais nous, nous continuions déjà à préparer nos nouveaux stands. »


Réactions

Léonce Ngendakumana : « Des propos offensant le citoyen, le commerçant »

Pour Léonce Ngendakumana, ancien président de l’Assemblée nationale, au Burundi, les incendies des marchés remontent de très loin. Ils constituent une énorme perte pour le pays et pour la population. « Un non averti croirait même en un programme national soigneusement préparé et organisé. » Les marchés sont des infrastructures économiques et sociales ainsi qu’une source importante des moyens financiers pour l’Etat. « A ce titre, le rôle de l’Etat est crucial pour les protéger par tous les moyens. »

Réagissant sur les propos du président de l’Assemblée nationale, Daniel-Gélase Ndabirabe, il souligne que comme tout autre lieu public, la protection des marchés revient obligatoirement et impérativement à l’Etat burundais.

« L’ achats des camions anti-incendie ou tout autre engin pour la protection des marchés doivent figurer dans le budget général de l’Etat. Le rôle du commerçant est de payer les impôts et taxes pour financer cela. »

D’après lui, les propos du député Ndabirabe peuvent être considérés comme des propos offensant le citoyen, le commerçant. « La faute lourde commise l’a été non pas par le citoyen ou le commerçant, mais bel et bien par le gouvernement qui élabore les programmes et les budgets ainsi que par le Parlement qui les approuve et contrôle l’action gouvernementale. La faute revient à ceux-là et non au citoyen. »

Pour M. Ngendakumana, le Parlement devrait convoquer le Premier ministre pour qu’il puisse s’exprimer sur un programme clair et précis de protection des marchés.

Abdoul Kassim : « C’est du pur cynisme »

« L’Etat a l’obligation constitutionnelle de protéger les populations et leurs biens. Les marchés étant des lieux publics d’intérêt commun, il est impératif que les pouvoirs publics y mettent une attention particulière », réagit le président du parti UPD- Zigamibanga.

Pour lui, ces feux criminels ou accidentels devraient servir de leçons aux commerçants et aux pouvoirs publics. Cela devrait amener chacun, en ce qui le concerne, à plus de vigilance qu’il en est aujourd’hui.  En tout cas, ces pertes ne favorisent pas l’émergence économique du pays.  « Accuser les commerçants de Ngozi d’avoir failli en ne s’achetant pas de camions anti-incendie est du pur cynisme. »

En effet, justifie-t-il, la sécurité est du domaine de l’État qui forme et encadre, à travers tout le pays, les unités des sapeurs-pompiers non seulement prêtes à intervenir à tout endroit où une catastrophe se déclare mais aussi et surtout à prévenir ce genre de catastrophes.  « Le président de l’Assemblée nationale aurait dû plutôt compatir avec les victimes, au besoin même verser les larmes du crocodile comme on le dit au lieu d’enfoncer le clou dans la plaie. »

Pour lui, en cas de sinistre, on doit d’abord procéder à des enquêtes afin d’établir les causes, de déterminer les responsabilités de chacun et de réfléchir à des solutions à court, à moyen et à long termes. Ce politicien estime qu’il faut aussi penser à soulager les victimes en combinant la part des assurances et d’autres interventions de soutien à travers le budget de l’État notamment celui alloué à l’appui aux bonnes initiatives.

Olivier Nkurunziza : « La protection des citoyens et de leurs biens relève d’abord de la responsabilité de l’État. »

« Chaque incendie doit faire l’objet d’une enquête sérieuse, indépendante et transparente afin de déterminer les causes exactes et de prévenir de nouveaux drames. Il y a eu beaucoup d’incendies des marchés, mais on n’a pas encore communiqué les causes », analyse le président de l’Uprona.  Pour lui, il est également indispensable de tirer les leçons de ces événements pour renforcer les dispositifs de prévention et de sécurité dans tous les marchés du pays.  « La protection des citoyens et de leurs biens relève d’abord de la responsabilité de l’État. Celui-ci doit mettre en place une politique efficace de prévention des incendies, équiper les services de protection civile, former les sapeurs-pompiers professionnels, installer des points d’eau et des systèmes d’alerte ainsi que des dispositifs de lutte contre les incendies dans les marchés. »

Il ajoute qu’il revient également à l’Etat de veiller au respect des normes de sécurité lors de la construction et de l’exploitation des marchés ainsi que de sensibiliser les commerçants aux bonnes pratiques de prévention. « C’est cela qui manque. On construit d’une façon anarchique alors que le gouvernement a le rôle exactement de prévenir tous ces incendies. »

Pour ce député de l’EALA, l’acquisition des camions anti-incendie, leur entretien, le recrutement et la formation des sapeurs- pompiers ainsi que l’organisation de secours relèvent principalement des missions de l’État.

Il trouve que les déclarations du président de l’Assemblée nationale sont inappropriées. Dans de telles circonstances, le député Nkurunziza souligne que les responsables publics doivent avant tout exprimer leur solidarité envers les victimes et leur apporter des réponses concrètes. « Les déclarations des autorités doivent rassembler, rassurer et proposer des solutions. Il est également légitime d’encourager les commerçants à renforcer leurs mesures de prévention et à envisager une couverture d’assurances, mais cela ne saurait exonérer l’État de ses responsabilités en matière de protection civile et de sécurité publique. »

D’après lui, le plus préoccupant n’est pas d’aller accuser les commerçants.  « Les élus et les autorités devraient apporter un soutien moral et matériel, s’engager à diligenter une enquête, à renforcer les capacités de la protection civile et à mettre en œuvre un plan national de sécurisation des marchés. »

Gabriel Rufyiri : « Que les autorités assument pleinement leurs responsabilités ! »

Le président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (Olucome) appelle les autorités à assumer pleinement leurs responsabilités en matière de prévention et de gestion des catastrophes.

Selon lui, la prévention des incendies et la mise en place des moyens d’intervention adaptés relèvent des missions régaliennes de l’État. « Elles ne peuvent pas être transférées aux citoyens. »

Depuis l’incendie du marché central de Bujumbura en 2013, il déplore l’absence de réactions concrètes des pouvoirs publics et le manque d’enquêtes indépendantes.  « Ces incendies sont souvent nocturnes ou surviennent à l’aube. Ce qui suscite des soupçons au sein de la population selon lesquels ils seraient d’origine criminelle. »

Rufyiri estime également que ces drames n’ont pas conduit à des mesures de prévention efficaces. « C’est regrettable que de nombreux marchés soient encore construits sans respecter les normes de sécurité, sans accès adaptés pour les camions anti-incendie et sans extincteurs. »

A l’Etat, l’Olucome demande notamment la création d’un comité national indépendant chargé de la prévention des catastrophes, l’acquisition de véhicules anti-incendie pour toutes les communes, l’obligation d’assurer les marchés ainsi que la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes des catastrophes.

Faustin Ndikumana : « Il y a une anguille sous roche »

Pour le directeur national de l’ONG Parcem (Parole et action pour le réveil des consciences et l’évolution des mentalités), la répétition de ces incendies ne peut plus être considérée comme un simple hasard. «Si on analyse la fréquence des incendies qui ravagent les marchés dans notre pays, on constate vraiment qu’il y a anguille sous roche ».  Il souligne que ces catastrophes ont de lourdes conséquences sur l’économie nationale, les recettes fiscales de l’État et les moyens de subsistance de nombreuses familles. « On ne comprend pas pourquoi le gouvernement ne fait pas d’enquêtes minutieuses pour établir les causes profondes et prendre les mesures conséquentes.»

Ndikumana s’interroge également sur l’absence d’une intervention rapide de la part des services de secours lors de ces sinistres. « L’État devrait investir davantage dans les moyens de lutte contre les incendies. »

Il s’oppose aussi aux propos du président de l’Assemblée nationale selon lesquels les commerçants devraient se procurer eux-mêmes des camions anti-incendie. «C’est une mission par excellence du gouvernement ».

Au-delà de l’urgence, il plaide pour une stratégie nationale de prévention. « Celle-ci devrait comprendre des inspections régulières des marchés, le renforcement des capacités des services de protection, la sensibilisation des commerçants à l’assurance ainsi que la mise en place des mécanismes transparents pour protéger les anciens propriétaires des stands lors de la reconstruction des marchés détruits. »

Mgr Martin Blaise Nyaboho : « Il faut renforcer de manière significative les sapeurs-pompiers »

La Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH) exprime sa solidarité envers les victimes de l’incendie qui a récemment ravagé le marché de Ngozi.  Dans un communiqué de presse signé par son président, Mgr Martin Blaise Nyaboho, elle fait part de sa profonde compassion aux sinistrés et à leurs familles.

Après une descente sur le terrain le 13 juillet, la commission souligne que plus de 40 % du marché a été détruit. Ce qui a plongé de nombreuses familles dans une situation de grande précarité.

« La CNIDH déplore par ailleurs l’insuffisance de moyens déployés pour combattre ce type de sinistres qui frappent trop souvent les lieux vitaux de l’économie populaire. »

Tout en appelant le gouvernement à apporter une assistance rapide aux sinistrés et à accélérer la réhabilitation du marché, elle invite les commerçants à souscrire à des assurances et à se doter d’équipements de prévention contre les incendies.

Afin de prévenir les catastrophes, elle recommande notamment de « renforcer de manière significative les capacités techniques, opérationnelles et financières des services de sapeurs-pompiers sur l’ensemble du territoire national. »

Il faut aussi rendre l’assurance obligatoire pour les activités commerciales non ambulantes, mener des enquêtes approfondies sur ces incendies et créer un fonds national d’assistance aux victimes des sinistres.

Cinq cas d’incendie déjà en 2026

- Le 26 janvier 2026 : Pendant la nuit, le site commercial des planches et meubles situé près du marché City Market dit Chez Sion a été ravagé par des flammes. Il n’y a pas eu d’enquêtes sur les causes. - Le 7 avril 2026 : Incendie du marché de Kinama, en commune Ntahangwa, province de Bujumbura. Il n’y a pas eu non plus d’enquêtes. - Le 29 mai 2026 : en début de soirée, autour de 18 h, le marché de Cibitoke en commune Cibitoke dans la province de Bujumbura a été ravagé par le feu. Aucune enquête n’a encore une fois eu lieu pour déterminer les causes et établir les responsabilités. - Dans la nuit du 21 au 22 juin 2026, le marché des planches et meubles de Jabe, en commune Mukaza dans la province de Bujumbura est parti aussi en fumée. - Le 9 juillet 2026 : pour la troisième fois en quelques années, une partie importante du marché central de Ngozi, province de Butanyerera a été ravagé par le feu. On attend toujours des enquêtes pour en connaître les causes et établir les responsabilités.

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