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A Mwaro, plus de 35 millions BIF affectés dans l’agriculture

Telle est l’annonce de l’administrateur de la commune Mwaro lors d’une Tribune d’expression populaire (TEP) organisé en mai dernier dans cette commune par les médias en partenariat avec l’ONG La Benevolencija.

Sous le thème : « La situation de l’agriculture en commune Mwaro », cette TEP a vu la participation de deux panélistes, à savoir Callixte Rwarukundo et Jean- Pierre Nkundwa, respectivement administrateur communal et vice-président du Conseil communal. De l’autre côté, la population était représentée en grande partie par les élèves du Lycée Mwaro.

Dans son mot d’accueil, l’administrateur a indiqué qu’à Mwaro, une grande partie de la population vit de l’agriculture. Il a ajouté que, selon le nouveau découpage administratif, Mwaro est l’une des communes de la province de Gitega. Elle a 67 collines de recensement.

« Quel est l’état des lieux de l’agriculture en commune Mwaro ? », a ouvert alors la série des questions, Eloge Iratunga, élève au Lycée Mwaro. Dorine Cishatse, une autre élève, a voulu savoir le budget affecté dans ce secteur. De son côté, Nicolas Nishemeze a soulevé la question des coopératives Sangwe et leur organisation. Il a voulu savoir comment elles accèdent aux crédits, leur santé financière actuellement, leur suivi, etc.

« Qu’est-ce que l’administration est en train de faire pour sauver les coopératives défaillantes ? Quels sont les critères pour fixer le budget destiné au secteur agricole ? », a enchaîné Gérard Nyandwi, un autre élève.
Janvier Ndayiragije a, à son tour, soulevé la mauvaise pratique de déboisement pour installer des champs agricoles. « Nous voyons des gens détruire d’anciennes plantations d’eucalyptus et d’autres arbres pour cultiver des pommes de terre. Est-ce que cela n’a pas d’incidence sur la préservation de l’environnement ? Qu’est-ce qui est en train d’être fait pour limiter cela ? »

Ces élèves ont aussi cherché à connaître l’étendue de l’espace cultivable en commune Mwaro, le rôle de la jeunesse dans le domaine agricole, etc.

L’agriculture, un secteur clé

D’après Callixte Rwarukundo, la commune Mwaro comprend trois régions naturelles : Kirimiro, Mugamba et Bututsi. Dans chacune, il y a des cultures qui y sont très favorables que d’autres. Mais, il y a des cultures communes pour ces trois parties, à savoir la patate douce, le manioc, la colocase, la banane, le haricot, la pomme de terre, etc. Il signale que les plantes d’exportation cultivées à Mwaro sont principalement le thé qu’on trouve dans la partie Mugamba et le café dans la partie Kirimiro.

En ce qui est du budget, M. Rwarukundo a informé que, globalement, la commune a un budget de 283 687 213 BIF. « Et dans le domaine agricole, on y a affecté 35 253 650 BIF », a-t-il précisé, notant que ce secteur fait entrer dans la caisse communale beaucoup d’argent. « Nous avons déjà eu 22 842 300 BIF. Ce qui prouve que c’est un domaine clé pour la vie de notre commune. »

Pour booster le secteur, il a signalé qu’il y a des moniteurs agricoles sur les collines et un agronome communal. Ces derniers ont le rôle de suivre au quotidien les agriculteurs. « Nous menons par exemple des sensibilisations en appelant les gens à continuer à cultive des cultures vivrières et d’exportation, y compris l’avocat. Nous avons aussi des partenaires dans ce secteur et nous donnons des rapports sur les besoins en fertilisants, en semences, etc. »

M. Rwarukundo a fait savoir que l’administration fournit des informations sur les prévisions pluviométriques afin que les agriculteurs sachent quoi faire. « Nous sensibilisons la population à la bonne gestion de la récolte et comment faire une bonne alimentation. Car, il arrive des cas où des gens ont de la production mais ignorent comment bien manger en utilisant leur propre récolte. »

Quid de la santé des coopératives ?

Les participants à la TEP faits majoritairement par des élèves du Lycée Mwaro

L’administrateur communal a avoué que la santé financière de beaucoup de coopératives collinaires dénommées Sangwe n’est pas satisfaisante. « Je rappelle d’abord que les coopératives Sangwe étaient venues dans le cadre d’améliorer le bien-être de la population. Mais, elles ont rencontré des problèmes de gestion des fonds qui leur avaient été octroyés comme capital. »

D’après lui, certaines ont investi dans l’élevage de porcs mais ces animaux sont morts. D’autres ont mis des moyens dans l’agriculture mais de fortes précipitations ont détruit leurs champs de cultures.

Néanmoins, il a souligné que tout n’est pas noir. Selon lui, certaines coopératives ont pu bien gérer ces fonds et enregistré des progrès. Elles ont notamment investi dans la multiplication des semences. A titre d’exemple, il a donné le cas de la coopérative Sangwe de Gasenyi.

Il a signalé en outre que dans la partie Mugamba, il y a des coopératives qui ont cultivé des pommes de terre et qui ont enregistré des bénéfices. Ces résultats positifs sont reconnus aussi par Jean-Pierre Nkundwa, vice-président du Conseil communal de Mwaro.

A côté des coopératives Sangwe, M. Rwarukundo a mentionné qu’il existe des coopératives des jeunes. « Elles sont sur une bonne lancée. Il y en a qui sont dans l’agriculture, d’autres dans l’élevage ou le commerce. Elles ont reçu des crédits de la part du PAEEJ et l’argent a été bien géré. Il y en a qui peuvent avoir un gain de plus d’un milliard BIF dont les membres se partagent par an. »

Revenant sur le déboisement pour installer des champs agricoles, M. Rwarukundo rassure que cela ne causera pas beaucoup de problèmes. « En effet, après avoir constaté que cela pouvait avoir des effets négatifs, nous avons recommandé que cette question soit bien gérée. Aujourd’hui, nous recommandons que quand on coupe un seul arbre, on en plante cinq autres. Et pour de grandes plantations, tu dois avoir une autorisation de l’OBPE et de la commune. »

Il ajoute qu’on recommande aussi de favoriser des arbres qui cohabitent bien avec les cultures.

En ce qui est de la pratique de l’agriculture durant la saison sèche, il a souligné que sa commune dispose de marais exploitables pendant cette période et qu’on pratique aussi l’irrigation.

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