Les consommateurs font observer que le prix d’un tas de poissons Ndagala est passé de 5 000 à 10 000 FBu au moment où un tas de poisson Mukeke l’a été de 20 000 à 50 000 FBu. En outre, 1kg de poisson Ndagala sec est passé de 80 000 à 150 000 FBu. Les gros poissons tels que le Sangala, le Kuhe et l’Inonzi sont directement acheminés à Bujumbura où ils sont vendus dans de grands hôtels.
Les consommateurs à faibles revenus disent qu’il devient dès lors difficile de consommer du poisson ces derniers temps. Aujourd’hui, ils se rabattent sur le poisson en provenance de la Tanzanie pêché dans le lac Victoria dont la qualité est de loin inférieure à celle du poisson pêché dans le lac Tanganyika.
Ils demandent au gouvernement d’encourager l’importation du poisson car le poisson pêché dans le lac Tanganyika n’est plus suffisant.
Les commerçants des poissons font savoir que cette hausse des prix est une conséquence de la loi de l’offre et de la demande, la quantité de poissons pris aujourd’hui étant insuffisante au moment où ceux qui les sollicitent sont nombreux.
Une autre raison serait la mauvaise appréciation du goût du poisson actuel en provenance des pays voisins dont la République unie de Tanzanie et la République démocratique du Congo alors qu’il y a quelques temps, le poisson importé était très consommé au Burundi.
Plusieurs explications à la faible quantité pêchée
Certains pêcheurs indiquent que la prise des poissons est insuffisante à cause de plusieurs facteurs dont un grand froid dans les eaux du lac Tanganyika qui s’observe au début de la saison sèche. Ce qui fait que les poissons quittent la surface pour aller se cacher contre le froid en profondeur.
Par ailleurs, les techniques de pêche utilisées sont rudimentaires. Elles ne permettent donc pas de pêcher assez de poissons ces jour-ci.
Ils évoquent une autre raison liée à la pollution du lac Tanganyika qui s’amplifie et impacte la reproduction des poissons car les zones où ils se reproduisent, à savoir les rives, sont polluées par des déchets versés dans des rivières qui se jettent dans le lac.
Les ordures ménagères, les bouteilles en plastique, la jacinthe d’eau et les différents déchets finissent leur parcours près des zones de reproduction des poissons qui finissent par fuir ces endroits.
Les techniques de pêche utilisées au Burundi ne permettent pas non plus une bonne prise de poisson, d’où la nécessité de les moderniser pour pouvoir améliorer la situation selon certains pêcheurs.
Le lac Tanganyika abrite une grande diversité de poissons qui n’ont pas encore été pêchés à cause toujours des techniques de pêche qui restent malheureusement rudimentaires au Burundi, estiment-ils.
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