Cette tournée avait pour objectif de permettre aux autorités administratives et aux acteurs locaux de mieux comprendre les ambitions du projet ainsi que les différentes réalisations déjà engagées dans le cadre du développement numérique du pays.
Le PAFEN vise principalement à accroître l’accès à Internet haut débit, particulièrement dans les zones mal desservies, tout en renforçant la capacité du gouvernement à gérer efficacement ses ressources et à offrir des services publics numériques. Le projet s’articule autour de quatre composantes majeures : l’accès et l’inclusion numériques, les facilitateurs de la prestation des services publics numériques, la coordination institutionnelle et la gestion du projet, ainsi qu’une composante de réponse d’urgence.
Au cours des échanges, le coordonnateur du projet, Bienvenu Irakoze, est revenu sur plusieurs réalisations déjà enregistrées après trois années de mise en œuvre. Parmi les actions phares figure le partenariat entre le PAFEN et l’Office burundais des recettes (OBR). Ce contrat concerne la mise en place d’une plateforme de collecte des taxes et impôts, ainsi que le développement d’autres modules liés au fonctionnement de l’institution, notamment dans les domaines des recettes, de la matriculation et d’autres services administratifs.
Le coordonnateur a également cité le lancement de BurundiPay, une plateforme de la Banque de la République du Burundi financée par le PAFEN et destinée à faciliter les transactions financières électroniques mobiles. Selon les responsables du projet, cette initiative représente une avancée importante dans la digitalisation des services financiers et dans l’inclusion numérique des populations.
Dans le secteur des télécommunications, le projet a déjà signé deux contrats majeurs avec les sociétés Onatel et Lumitel afin de renforcer la connectivité rurale. Ces contrats concernent les lots 1, 2 et 3 du programme et visent à connecter environ 178 nouvelles communes au réseau Internet 4G en milieu rural. Plus de 800 000 Burundais devraient bénéficier de cette nouvelle couverture Internet.
Les infrastructures prévues ne profiteront pas uniquement aux particuliers. Des écoles, des hôpitaux et d’autres services publics situés dans les zones rurales bénéficieront également de l’accès à Internet haut débit. « c’est aussi un contrat qui aura un impact positif pour le développement socio-économique du Burundi ». a expliqué Bienvenu Irakoze
Le PAFEN intervient également dans le secteur universitaire à travers l’appui au réseau BERNET, qui connecte quatorze universités du pays à Internet haut débit. D’autres activités sont également en cours, notamment la mise en place de centres informatiques universitaires ainsi que l’élaboration de plusieurs stratégies liées à la cybersécurité, à la protection des données et aux politiques numériques nationales.
Le projet soutient aussi l’Initiative Masse Critique de Professionnels (IMCP), un programme destiné à renforcer les compétences nationales dans la gestion des projets. « Vous savez qu’au niveau national, il y avait un souci d’obtention des compétences au niveau de la gestion des projets, où on trouvait qu’il y avait des experts qui bougeaient d’un projet à un autre. Maintenant, on est en train de former les jeunes. Les jeunes ressortissants des universités, les jeunes chercheurs d’emploi, on les forme dans des compétences nécessaires pour la gestion des projets. » a expliqué le coordonnateur du projet Bienvenu Irakoze.
Il a précisé que le programme est actuellement à sa troisième cohorte. « On est à la troisième cohorte, on va lancer la troisième cohorte. Chaque cohorte, on forme entre 100 à 140 jeunes sur des compétences liées à la gestion des projets ».

Une couverture Internet à plus de 80 % du territoire burundais
À travers ces différentes initiatives, le gouvernement et ses partenaires ambitionnent de porter la couverture Internet à plus de 80 % du territoire burundais. Cet objectif est considéré comme un levier essentiel pour accélérer le développement socio-économique du pays et améliorer l’accès des citoyens aux services publics numériques.
La rencontre de Bujumbura a également permis aux participants d’exprimer leurs attentes et leurs préoccupations concernant la modernisation des services publics et l’accès au numérique. Plusieurs intervenants ont souligné les difficultés persistantes liées à l’absence de connexion Internet dans certaines localités du pays. D’autres ont évoqué les problèmes d’alimentation électrique des antennes de télécommunication, souvent aggravés par le manque de carburant pour les groupes électrogènes.
Les participants ont aussi plaidé pour la distribution d’ordinateurs afin de favoriser l’inclusion numérique et développer davantage l’usage des technologies dans les services publics et les établissements scolaires. Certains ont insisté sur l’importance de promouvoir l’égalité de genre dans les activités du projet ainsi que sur la nécessité d’encourager l’utilisation de la main-d’œuvre locale dans la mise en œuvre des infrastructures et services financés par le PAFEN.
Face à ces préoccupations, les responsables du projet ont apporté plusieurs éclaircissements et assurances. Ils ont expliqué que le projet entend poursuivre progressivement l’extension des infrastructures numériques tout en tenant compte des défis énergétiques et logistiques rencontrés dans certaines régions. Ils ont également rappelé que l’objectif du PAFEN est de garantir un accès équitable aux services numériques et de renforcer les capacités locales afin que la transformation numérique bénéficie à l’ensemble de la population burundaise.
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