Les dés sont jetés, les échéances approchent. 2027, c’est dans quelques mois — autant prendre position, se ranger (ou se faire ranger). Certains politiciens commencent à montrer leurs vraies couleurs.
Hier encore, ils étaient les premiers à élever la voix, à faire le buzz sur les réseaux sociaux, à s’indigner et dénoncer les « irrégularités avérées » relevées lors des derniers scrutins. Ils sont aujourd’hui sagement rangés derrière le parti majoritaire.
Et il y en a d’autres, perdus des radars depuis un moment, qui ont resurgi ou ressuscité à la faveur du communiqué des vingt partis politiques saluant la dernière rencontre du Président avec les partenaires électoraux.
Ces mêmes politiciens n’hésitaient pas à monter aux créneaux pour contester le processus, aujourd’hui ils sont devenus très compréhensifs. Lors d’une rencontre organisée par la CENI, certains avaient été vus, outrés, claquer ostensiblement la porte.
Aujourd’hui, tout cela appartient au passé. Il ne reste que ces images de politiciens en mode salamalec, soumis, rangés. Ils vont jusqu’à « anticiper leurs vives félicitations à l’endroit du futur gagnant des élections de 2027 ».
C’est comme dans cette chanson de Jacques Dutronc, indémodable, L’Opportuniste.
« … Je suis opportuniste. Il y en a qui contestent, qui revendiquent et qui protestent, moi je ne fais qu’un seul geste : je retourne ma veste… toujours du bon côté… »
« … Je l’ai tellement retournée qu’elle craque de tous côtés. À la prochaine révolution, je retourne mon pantalon ».
Pour la petite histoire, un souvenir. Quand un certain lieutenant Gaston — aujourd’hui honnête citoyen — avait tenté de renverser le major Pierre Buyoya, après avoir investi les studios de la RTNB et diffusé l’unique message de son putsch avant que les émetteurs ne soient débranchés, un homme politique, fin lecteur des « signes du temps », s’apprêtait à déposer un communiqué afin de « féliciter le nouveau régime ». Un classique.
Mais le destin en décida autrement. En chemin, arrivé au niveau de l’actuel siège de la Bancobu, il fut reconnu par des militaires loyalistes dépêchés pour déloger les mutins. Quand il leur révéla le contenu de son message, ils lui apprirent que les « aventuriers » avaient échoué. Il leur répondit qu’il avait justement rédigé un autre communiqué pour « dénoncer un tel acte ignoble ». C’est cela, le Burundi.
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