Dans cette zone endémique du paludisme, MSF, en partenariat avec le ministère de la Santé publique, a initié en 2025 une approche innovante de triple protection destinée à plus de 17 900 enfants afin de réduire les risques de morbi-mortalité causés par le paludisme dans les districts sanitaires de Cibitoke et Ndava.
Le district sanitaire de Cibitoke est le premier bénéficiaire du programme dont l’objectif est de diminuer drastiquement l’incidence chez les jeunes enfants grâce à la combinaison de ces trois approches.
Pour y parvenir, les équipes MSF appuient vingt centres de santé de ces deux districts sanitaires dans la mise en œuvre de l’approche. Chaque enfant d’entre 6 et 18 mois bénéficie de quatre doses du vaccin antipaludique RTS.
Lors de la première vaccination, une moustiquaire imprégnée est remise à la famille. En complément, les enfants âgés de 9 à 24 mois reçoivent également une protection supplémentaire à travers l’administration des comprimés de Sulfadoxine-pyriméthamine, une approche appelée « Chimioprophylaxie pérenne » (CPP).
À ce jour, les résultats sont encourageants dans plusieurs structures de santé de ces districts. Au centre de santé de Rukana, la baisse des cas de paludisme est particulièrement remarquable.
Omer Itangishaka, infirmier à ce centre, affirme que les résultats des tests de diagnostic rapide (TDR) témoignent d’une amélioration notable de la situation sanitaire au sein de la population. « Avant, sur quinze TDR réalisés chez les femmes enceintes et les enfants, une dizaine sortait positive au paludisme. Aujourd’hui, tu peux trouver 2 sur les 15. La maladie a fortement reculé. Il y a eu un véritable changement. Autrefois, le service de pédiatrie était constamment saturé à cause du grand nombre de malades, surtout des enfants. Maintenant, la situation s’est nettement améliorée », a-t-il déclaré avec satisfaction.
Il souligne également un changement de comportement chez les parents. Désormais, ils sont plus engagés dans la prévention. « Avant l’introduction de cette triple protection, certains parents affirment que leurs enfants pouvaient tomber malades jusqu’à dix reprises en seulement six mois. Aujourd’hui, ils viennent volontairement pour faire vacciner leurs enfants ».
De 4 000 à 1 500 patients par mois en 2025
Pour le médecin-chef du district sanitaire de Cibitoke, Émile Ruzocimana, la stratégie de triple prévention contre le paludisme a permis de réduire sensiblement les cas enregistrés dans la région. « En 2025, nous enregistrions environ 4 000 patients de paludisme par mois. Aujourd’hui, nous sommes descendus à près de 1 500 ».
M. Ruzocimana a indiqué que son district figure parmi les districts pilotes ayant introduit le vaccin contre le paludisme grâce au soutien de l’organisation.
Il affirme aussi que des avancées importantes ont été enregistrées dans la prise en charge des patients notamment à travers la restructuration des services d’urgence et de pédiatrie, la gratuité des soins pour les enfants de moins de 15 ans ainsi que la disponibilité des médecins et des médicaments au niveau de l’hôpital de district de Cibitoke.
Dans les villages, des agents de santé communautaire ont été formés par MSF pour détecter rapidement les signes de paludisme, réaliser des tests de diagnostic rapide et administrer un traitement en cas de résultat positif. Les médecins, les infirmiers, les hygiénistes et les techniciens de promotion de la santé ont été appuyés grâce au support de l’organisation.
Des parents soulagés
Bernardine Nshimirimana, mère de Liévine Iteriteka âgée de moins de deux ans, rencontrée au centre de santé de Rukana, confie qu’avant l’introduction de cette approche, son enfant tombait fréquemment malade. « Avant, elle avait déjà souffert du paludisme mainte fois. Elle avait souvent une forte fièvre, des douleurs au ventre et des maux de tête ».
Selon elle, la situation a complètement changé après la vaccination et les traitements préventifs. « C’est comme un miracle. Mon enfant n’a plus attrapé le paludisme. Cela fait maintenant une année entière qu’elle est épargnée de cette maladie », se réjouit-elle tout en affirmant que cette amélioration a également réduit les dépenses de santé de la famille.
La même situation s’observe au centre de santé Rugombo. Alima Nzotungishatse, mère de sept enfants et porteuse d’un autre bébé, en témoigne avec fierté. Selon elle, un mois ne pouvait pas se passer sans qu’un de ses enfants tombe malade du paludisme. « C’était un vrai cauchemar. Les dépenses étaient insupportables ». Elle assure désormais que sa famille et elle se portent à merveille.
Les districts sanitaires de Cibitoke et Ndava ont célébré la journée contre le paludisme le 13 mai 2026, sous le thème national : « Kurandurana n’imizi indwara ya malaria, ubu birashoboka, tuyihagurukire ! ». Cela s’est déroulé à l’École technique de Rugombo, où des élèves membres des clubs scolaires issus de quatre établissements des districts sanitaires de Cibitoke et Ndava ont participé à une compétition axée sur la prévention du paludisme. À travers des prestations variées, poème, chants, sketches et danses, ils ont sensibilisé le public en présence des autorités administratives, sanitaires et scolaires de la localité.
« Ensemble on peut lutter contre et vaincre le paludisme »

Dans son allocution, le coordinateur du projet paludisme de MSF à Cibitoke, Ousmane Dakao Maidaji a promis la poursuite de l’appui dans la lutte contre le paludisme à tous les niveaux. « Ensemble on peut lutter contre et vaincre le paludisme », a-t-il déclaré avant de remercier le district sanitaire de Cibitoke pour son étroite collaboration.
Pour rappel, le paludisme demeure depuis plusieurs années, la principale cause d’hospitalisation et de mortalité chez les enfants en bas âge et les femmes enceintes. D’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 1 800 décès liés au paludisme ont été enregistré en 2022 au Burundi, principalement chez les enfants de moins de 5 ans.
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