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Cancer du col de l’utérus : La vaccination comme protection essentielle

Le mercredi 29 avril 2026, la Première dame du Burundi a officiellement lancé une campagne nationale de vaccination contre le cancer du col de l’utérus, l’un des cancers les plus fréquents chez les femmes dans le pays. La campagne cible les jeunes filles âgées de 9 à 14 ans. C’était sous le thème « Ensemble, protégeons nos filles contre le cancer du col de l’utérus »

A partir de Kibimba dans la commune Gitega, Angeline Ndayishimiye a indiqué que la vaccination arrive à point nommé, car elle constitue une réponse aux besoins des femmes burundaises. Elle a souligné que ce vaccin était attendu depuis longtemps, étant donné que chaque année, le nombre de femmes atteintes de cette maladie augmente. Elle a également rappelé que ce type de cancer est mortel, douloureux et touche particulièrement les femmes en âge actif. Selon elle, les familles sont fortement affectées par les coûts liés aux soins. Ce qui impacte négativement leur économie et le développement du pays.

La Première dame a profité de l’occasion pour démentir fermement les rumeurs selon lesquelles le vaccin aurait des effets néfastes sur les jeunes filles et qu’il viserait à diminuer le taux de natalité dans le pays. Elle a fait observer que l’arrivée de nouveaux vaccins s’accompagne souvent de rumeurs sans fondement, généralement propagées par des personnes qui ne disposent pas de compétences médicales rappelant au passage que le vaccin a été validé par l’Organisation mondiale de la santé.

Mme Ndayishimiye a plutôt encouragé toutes les filles à se faire vacciner puisque la dose a de nombreux bénéfices dans la prévention de la maladie. Elle a en outre demandé à la population de faire confiance aux experts de la santé ainsi qu’aux institutions habilitées.

Une maladie très répandue

De son côté, Dr. Oscar Ntihabose, directeur général chargé de la prévention des maladies et de la promotion de la santé au ministère de la Santé publique, a informé que les statistiques montrent que le cancer du col de l’utérus est très répandu au Burundi. Il a précisé que chaque année, environ 1 457 femmes sont diagnostiquées positives et 1 081 en meurent. Il a également mentionné que 4,65 % des femmes dépistées présentent des signes de la maladie avant de souligner sa gravité et son impact important sur la vie humaine.

Un cancer pouvant débuter dès le jeune âge

Selon Dr Axel Vedast Katembo, gynécologue à Tanganyika Hospital, le cancer du col de l’utérus est essentiellement causé par une infection persistante au papillomavirus humain (HPV), transmis principalement lors des rapports sexuels.

Il fait savoir que certains types de HPV dits à haut risque sont capables d’entraîner des modifications des cellules du col de l’utérus qui, si elles ne sont pas détectées et traitées à temps, peuvent évoluer progressivement vers un cancer. Il précise toutefois que la majorité des infections disparaissent naturellement tandis que seules celles qui persistent peuvent conduire à des lésions précancéreuses.

Par ailleurs le développement de ce cancer est un processus lent qui s’étend sur plusieurs années après l’infection. Il commence généralement par des lésions précancéreuses, dont seules les formes de haut grade peuvent évoluer en cancer sur une période d’environ 15 à 20 ans si aucun traitement n’est administré. Enfin, il souligne que ce type de cancer apparaît le plus souvent chez les femmes âgées de 30 ans et plus même si l’infection peut survenir dès l’adolescence.

La vaccination, un des piliers central

Selon Dr. Katembo, la vaccination contre le HPV constitue l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir le cancer du col de l’utérus. Elle est principalement recommandée chez les jeunes filles avant le début de leur vie sexuelle, généralement avant l’âge de 15 ans, car elle offre une meilleure protection lorsqu’elle est administrée avant toute exposition au virus. Selon les données disponibles, le vaccin pourrait permettre d’éviter jusqu’à 80 % des cas de la maladie. Il s’agit donc d’une stratégie de prévention primaire essentielle et considérée comme un élément clé dans la lutte mondiale contre la maladie.

Au-delà de la vaccination, d’autres formes de prévention viennent compléter la lutte contre le cancer du col de l’utérus. Ainsi, la prévention secondaire repose sur le dépistage de masse qui permet d’identifier précocement les lésions précancéreuses afin de les traiter à temps avant qu’elles n’évoluent. Enfin, la prévention tertiaire concerne la prise en charge des cas déjà confirmés, réalisée dans des structures spécialisées de traitement du cancer afin de limiter les complications et améliorer la qualité de vie des patientes.

Plusieurs partenaires sexuels augmentent le risque

Dr Axel Vedast Katembo « La vaccination contre le HPV constitue l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir le cancer du col de l’utérus »

Pour Dr. Katembo, le col de l’utérus étant la principale porte d’entrée du virus responsable de ce cancer, les facteurs liés à la vie sexuelle jouent un rôle important. En effet, le HPV, à l’origine de ce cancer se transmet par voie sexuelle. Ainsi, avoir plusieurs partenaires sexuels, ou un partenaire ayant lui-même plusieurs partenaires, augmente le risque d’infection.

Il ajoute que le début précoce des rapports sexuels, avant 20 ans, constitue un facteur de risque, car le col de l’utérus est encore en développement et donc plus vulnérable. Bien plus, les grossesses multiples peuvent également augmenter le risque en raison des modifications répétées du col qui favorisent la persistance du virus.

En outre, l’infection par le VIH affaiblit le système immunitaire. Ce qui empêche l’organisme d’éliminer efficacement le HPV et augmente ainsi le risque d’évolution vers un cancer. De même, les antécédents familiaux de cancers gynécologiques peuvent constituer un facteur de prédisposition.

Il souligne que, lorsqu’il est détecté tôt, au stade de lésions précancéreuses, ce cancer peut être traité efficacement.

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