Mardi 26 mai. A l’entrée de Kira Hospital, deux agents de santé sont présents pour accueillir toute personne qui veut pénétrer à l’intérieur de l’hôpital.
La prise de température d’abord, puis quelques questions : tu tousses ? Des problèmes respiratoires ? Ou tout autre signe du Covid-19… Ces agents tiennent parfois à savoir ce que la personne vient faire. Si elle présente un de ces signes ou une température égale ou supérieure à 38, elle n’entre pas, d’après l’un de ces agents de santé. Elle est référée à une autre entrée qui donne accès aux urgences, « pour des examens approfondis ».
Si la personne ne porte pas de masque, une jeune femme de l’entreprise artistique « Kazozah’art » est sur place pour vendre les masques lavables et réutilisables à 2.000 BIF la pièce.
Certaines personnes qui arrivent portent un masque, d’autres se voient contraintes de l’acheter. Surpris par cette obligation, certains se montrent réticents. « Parfois, il y en a qui rebroussent chemin », confie un de ces agents de santé.
Cette mesure a été prise le 18 mai par la direction générale de cet hôpital, pour « la prévention du Covid-19 ainsi que la sécurité physique des patients et de tous ceux qui fréquentent l’hôpital », peut-on lire dans le communiqué.
A l’hôpital Bumerec, c’est le même constat. Mais le respect de cette mesure n’est pas rigoureux. Elle a été prise il y a plus ou moins longtemps, d’après un témoin qui fréquente souvent l’hôpital.
A l’entrée de cet hôpital privé, un agent de sécurité est muni d’un thermoflash. Près de lui se trouve une boîte contenant des masques chirurgicaux « à usage unique ». Une pièce s’achète à 2.000 BIF. Ce gardien exige à quelques personnes de l’acheter. Mais à l’intérieur de l’hôpital, certains ne portent pas de masque.
Les hôpitaux publics moins soucieux
Dans les hôpitaux publics visités, cette mesure n’existe pas. Toute personne entre à l’aise et se dirige où elle veut à l’Hôpital Prince Régent Charles, l’Hôpital Roi Khaled et la Clinique Prince Louis Rwagasore. Presque tous les gens rencontrés à l’intérieur de ces hôpitaux ne portent pas de masque. Sauf le personnel soignant. Mais pas tous.
Contacté, le porte-parole du ministère de la Santé, Jean Bosco Girukwishaka, affirme que cette mesure prise par certains hôpitaux privés n’est pas légale : « Toutes les structures sanitaires doivent se conformer aux consignes du ministère de la Santé. »
Il rappelle que le masque est obligatoire pour trois catégories de personnes : le personnel de santé en exercice, les patients atteints de Covid-19 ainsi que les personnes suspectes ou celles ayant été en contact, pendant la quarantaine, avec les patients atteints du coronavirus. « Tout ce que le ministère demande, c’est de respecter les mesures d’hygiène recommandées par le gouvernement».
Selon un guide de l’OMS intitulé « Conseils au grand public », si l’on est en bonne santé, le masque ne doit être utilisé que si l’on s’occupe d’une personne présumée infectée par le Covid-19. Et le masque n’est efficace que s’il est associé à un lavage des mains fréquent avec une solution hydro alcoolique ou à l’eau et au savon.