Société

1er cycle fondamental : Anglais et swahili supprimés, une réforme « à tâtons »

18/09/2019 Clarisse Shaka Commentaires fermés sur 1er cycle fondamental : Anglais et swahili supprimés, une réforme « à tâtons »
1er cycle fondamental : Anglais et swahili supprimés, une réforme « à tâtons »
Les écoliers de la 1ère et 2e année n’apprendront plus l’anglais et le swahili.

La suppression de l’apprentissage de l’anglais et du swahili en 1ère et 2e année est l’une des réformes pour cette nouvelle année scolaire. Un expert en éducation parle d’une bonne mesure mais « prise par tâtonnement ».

Désormais, les écoliers du premier cycle fondamental (1ère et 2e année) n’apprendront que le kirundi et le français dans leur cursus de langues. C’est le porte-parole du ministère de l’Education, Juma Edouard, qui a annoncé, mercredi 11 septembre, que les langues anglais et swahili sont supprimées.

L’anglais sera dispensé à partir de la 3e année, de l’oral à l’écrit progressivement. Le swahili ne sera appris qu’à partir de la 5e année. Le souci est de réduire les interférences linguistiques qui perturbent la maîtrise de ces langues, affirme Juma Edouard.

L’expert en éducation, Pr Libérat Ntibashirakandi, estime que cette réforme n’est pas mauvaise, « mais elle s’ajoute à d’autres déjà prises par tâtonnement». D’après lui, ces réformes incessantes désorientent les élèves, les enseignants, les parents et tous les acteurs du système éducatif burundais.

« Pourquoi elle est prise au lendemain de la sortie médiatique de la ministre qui a reconnu l’échec de la réforme fondamentale ? C’est encore une mesure populiste pour manipuler la population à la veille des élections de 2020».

Pr Ntibashirakandi estime que cette mesure seule n’apportera rien de plus à la qualité de l’enseignement au Burundi : « Il faut une vision globale de restructuration du système éducatif burundais. »

Quelques propositions de cet expert en éducation: former les enseignants de l’école maternelle, du primaire et du secondaire en nombre suffisant. Revoir le programme des cours et l’adapter aux réalités d’aujourd’hui et aux besoins du pays. Construire assez de classes pour désengorger les écoles. Produire assez de livres et rendre disponible, dans les délais, le matériel didactique. Renforcer l’inspection des écoles. Dépolitiser le système éducatif burundais. Améliorer la gestion administrative et financière des écoles. Encourager les enseignants par une augmentation des salaires, etc.

Urgent : former les enseignants

Quant au syndicaliste et enseignant Emmanuel Mashandari, cette mesure est à encourager. Ce n’est pas facile, souligne-t-il, pour les enfants de la 1ère année, d’apprendre quatre langues à la fois. « Cela doit se faire progressivement ».

Le plus important et urgent, selon lui, c’est de former les enseignants qui dispensent ces langues. Dans les écoles publiques, explique-t-il, les enseignants sont insuffisants. L’anglais et le swahili sont dispensés par des formateurs qui n’en ont aucune notion. « Ils ne font que mentir aux enfants».

Ce syndicaliste estime que cette réforme ne devrait pas toucher les écoles privées qui font une prestation de qualité. Elles ont des enseignants formés et les écoliers privés arrivent en 1ère année avec des notions dans ces langues.

Le président adjoint de l’association des parents, Sévérin Nyamuyenzi, salue cette réforme. Pour lui, les enfants de la 1ère année n’ont pas la capacité d’assimiler plus de trois langues à la fois. « C’est pourquoi plusieurs enfants rentrent avec des échecs dans les langues. Ils les mélangent aussi en parlant».

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