Editorial

130 kilomètres pour rien

02/08/2019 Léandre Sikuyavuga Commentaires fermés sur 130 kilomètres pour rien

L’article 9 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples du 28 juin 1981 énonce : «Toute personne a droit à l’information ». A son article 31, la Constitution de la République du Burundi stipule : « La liberté d’expression est garantie. L’Etat respecte la liberté de religion, de pensée, de conscience et d’opinion. » La nouvelle loi sur la presse stipule dans son article 45 que « Lle journaliste exerce son métier en toute indépendance et en toute responsabilité sur l’ensemble du territoire national du Burundi. » Dans ce même article, il est précisé que ‘’ dans l’exercice de son métier, il a le libre accès aux sources d’information et peut enquêter et commenter librement sur les faits de la vie publique’’.

Théoriquement, ces articles devraient faciliter le travail des journalistes . « La théorie nous montre le but à atteindre, la pratique nous montre le terrain à parcourir », disait Eugène Marbeau.
Ce qui vient d’arriver à nos journalistes reporters est l’antipode de toutes ces théories. Un administrateur, celui de Nyarusange, qui promet une entrevue. A l’arrivée des journalistes, il fait volte-face. Avec suffisance, il leur lance :« Je ne connais pas ce journal. J’ignore ses publications et son mode de travail». Les détenteurs de l’information doivent donc savoir la «nature» de l’organe de presse avant de l’autoriser à y accéder ? « Waste of time and money », diront les Anglophones. Les journalistes venaient de parcourir plus de 130 kilomètres, pour recueillir la version de l’administration de la commune Nyarusange qui aurait imposé un couvre-feu à partir de 20 h. D’ailleurs, sur la colline Gasenyi, sept personnes auraient déjà été arrêtées. Iwacu a toujours le souci d’informer les citoyens avec exactitude, au nom de l’intérêt public. L’exigence d’équilibrer l’information, n’en déplaise à nos détracteurs.

Sur la colline Kizi, commune Gasorwe, nos reporters vont vivre un autre calvaire. Là, deux maisons des membres du parti au pouvoir ont été brûlées et les membres du CNL seraient pointés du doigt. En menant une enquête, ils se retrouvent entourés des policiers accompagnés d’une vingtaine de jeunes hommes hostiles. Ils sont menacés, subissent un interrogatoire, leurs documents confisqués. Pire un député, représentant du peuple, au lieu de compatir énormément avec ce qui est arrivé à nos journalistes, semble les menacer…

Informer n’est pas un délit. La mission d’Iwacu n’est pas de plaire ou déplaire..C’est du devoir des autorités de permettre aux journalistes d’exercer librement leur travail.
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Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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