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Sécurité

UA : «Il est urgent d’aller au dialogue»

26-06-2016

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA appelle la classe politique burundaise à s’engager pour un dialogue inclusif. C’est la seule voie pour trouver une solution à la crise actuelle, a indiqué une délégation de cet organe à l’issue de sa visite au Burundi ce samedi 25 juin.

L’ambassadeur Lazare Makayat Safouesse, chef de la délégation du CPS de l’UA (au milieu) lors d’une conférence de presse

L’ambassadeur Lazare Makayat Safouesse, chef de la délégation du CPS de l’UA (au milieu) lors d’une conférence de presse

«Il y a un sentiment d’urgence : aller au dialogue», a martelé l’ambassadeur Lazare Makayat Safouesse, le chef de cette délégation. Évidemment, fait-il remarquer, on ne fait pas le dialogue avec ses amis.

Ce qu’il faut, a-t-il souhaité, c’est un dialogue sur base d’un compromis des uns et des autres. De toutes les composantes de la société burundaise rencontrées, explique ce diplomate, il y a un sentiment d’urgence pour ce dialogue.

D’après lui, c’est un sentiment de ras-le-bol parce que ce sont des crises répétées depuis de décennies. «Il faut agir vite, se mettre ensemble et dialoguer afin de trouver un compromis, un élément de consensus à l’issue de notre mission d’information et d’évaluation», a-t-il insisté.

Cet émissaire reconnaît que sa délégation n’a pa pu rencontrer les membres de la CNDI (Commission nationale de dialogue inter-burundais). Selon lui, le gouverrnement est dans son droit de mettre en place un mécanisme interne pour favoriser un dialogue au niveau local.

Pour ce diplomate, ce processus suffisamment avancé prend fin dans 4 mois. «Nous avons d’un côté la dimension nationale de ce dialogue, une initiative du gouvernement d’amener la paix. Mais il y a le dialogue régional. C’est un outil de sortie de crise. Le dialogue interne peut alimenter le dialogue régional», a-t-il indiqué.

Et de préciser que le CPS de l’UA n’a pas le rôle de médiateur encore moins de facilitateur. «Nous ne pouvons pas vous dire si les autres (Cnared) vont participer ou pas, cela est une tâche de la médiation.» Le prochain cycle des négociations, a-t-il noté, c’est dans un mois. «Nous verrons à ce moment ce qu’a été la nature des entretiens que le facilitateur Mkapa a pu avoir avec les uns et les autres».

La situation est préoccupante, il y a urgence à agir

Selon l’ambassadeur Lazare Makayat Safouesse, les données recueillies par cette délégation du CPS de l’UA auprès du Système des Nations Unies sont alarmantes. Le Burundi compte 257 mille réfugiés dans les pays voisins, 54% de déplacés sont des femmes, 35% sont des jeunes de moins de 25 ans et il y a 4 millions de personnes en situation de besoin alimentaire.

«La situation est sérieuse et il y a une dimension régionale au conflit parce qu’il y a des pays affectés par l’afflux massif des réfugiés sur leur territoire. Et c’est cela le sentiment d’urgence à agir», a-t-il fait savoir.

Le déploiement des observateurs de l’UA toujours en suspens

D’après ce diplomate, il y a des avancées positives comme la question du déploiement des experts militaires et des observateurs des droits de l’Homme. «Il a été acquis le 26 février lors de la visite de la délégation de haut niveau que le nombre d’experts militaires devraient être porté à 100 sur les 35 déjà présents et celui des observateurs en matière des droits de l’Homme à 100 également. C’est un pas positif fait par le gouvernement dans ce sens».

Et d’apporter un bémol : «Mais ce déploiement doit faire objet d’un accord entre l’UA et le Burundi. C’est un pays souverain, on ne peut pas entrer au Burundi sans le consentement des autorités légalement élues comme cela se fait dans tous les pays du monde».

L’ambassadeur Lazare Makayat Safouesse a indiqué qu’il faut pour cela un ”protocole d’accord à négocier et à signer”. «Et c’est ce qui se fait actuellement entre l’UA et Bujumbura par l’intermédiaire du ministre des Relation extérieures. Il a affirmé qu’il ne reste que des détails. Les négociations se poursuivent. Il n’y a pas de divergences fondamentales sur la question. L’Afrique doit régler elle-même ses problèmes», a-t-il assuré.

Il avoue que les circonstances actuelles ne permettent pas un déploiement d’une force d’interposition comme la Maprobu annoncée auparavant. «Il faut se référer à l’évaluation du gouvernement. Il a fait des efforts significatifs. Mais il y a des efforts supplémentaires à faire. On n’est plus dans cette phase-là de la Maprobu avec 5.000 hommes. Il y a changement de circonstances et il faut réajuster notre approche», a-t-il reconnu.

Il y a des arriérées pour toutes les troupes en Somalie

Ce diplomate s’est exprimé sur la question des arriérées des troupes de l’UA déployées en Somalie. Il affirme que « c’est une situation qui ne concerne pas que les militaires burundais ». «Même les autres troupes sont soumises à la même situation. L’UE qui est le principal contributeur financier a retiré une partie significative, presque 20% du budget consacré aux opérations de maintien de la paix. Ceci explique cela».

L’ambassadeur Lazare Makayat Safouesse affirme que cette question d’amenuisement des ressources financières destinées aux opérations de maintien de la paix en Somalie a été soumise au Conseil de Sécurité de l’Onu, lors d’une réunion conjointe avec le Conseil de Paix et de Sécurité de l’UA. «Tout le reste n’est que pure spéculation au vu de la crise de confiance prévalant au Burundi», a-t-tranquillisé.

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