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Sécurité

La « Passion » d’Esdras Ndikumana

La tentative de prendre des photos, juste après l’attentat meurtrier de ce dimanche 2 août contre le Lieutenant-Général Adolphe Nshimirimana, a failli coûter la vie au correspondant de RFI et de l’AFP. Embarqué pour le SNR, il est roué de coups pendant 2h.

Esdras Ndikumana sur son lit d’hôpital.

Esdras Ndikumana sur son lit d’hôpital.

Le journaliste est aujourd’hui sous le choc, sa voix tremble, il marche à peine, il titube. Il garde le lit. Le moral de ce reporter passionné est au plus bas. Son annulaire de la main gauche est fracturé, il vient d’ailleurs de subir une opération chirurgicale. Son œil droit est sérieusement touché. «J’ai des douleurs un peu partout»

Son calvaire commence quelques minutes après son arrivée sur les lieux du drame. Il raconte «Il est presque 9 heures et demie, je parviens à me frayer un passage jusqu’à la Gare du Nord. Ma carte de presse bien estampillée ’’RFI’’ me permet de franchir, non sans difficultés, deux barrages faits de policiers et d’agents du SNR en civil.»

Selon Esdras Ndikumana, il y a trop de monde, les gens sont nerveux, il y a de l’électricité dans l’air. Tout est mélangé, un véritable ’’melting pot’’ fait de militaires, de civiles, de policiers, d’agents des services secrets gouvernementaux, de jeunes Imbonerakure, des députés, des ténors du parti au pouvoir, des hauts dignitaires et les badauds.

La situation est tendue. « Pas d’images ! », vocifère un homme que je ne parviens pas à identifier. Probablement quelqu’un du SNR. Il opte pour la sagesse mais le journaliste a « quelques démangeaisons. »

L’heure est grave. « Quand je vois mes confrères de la RTNB filmer, moi aussi je me mets vite à prendre des images. » Quelques flashes il est sommé d’arrêter, d’effacer même les quelques photos prises. Il proteste et explique qu’il faut un même traitement pour tous les journalistes présents. «Mais plusieurs personnes ameutées par les discussions, me traitent à l’unisson d’’’ennemi de la nation’’ ».

Sidéré, il leur rétorque qu’il n’est qu’un simple journaliste tout en appelant à témoins les hauts dignitaires présents, dont Willy Nyamitwe, le conseiller principal du président chargé de la communication.

Les gens littéralement très remontés contre lui ne veulent même pas écouter ses explications. «Tu n’as rien à dire, vous venez de tuer Adolphe», accusent-ils. Il leur dit que c’est de l’amalgame. « Ils me retirent sans ménagement mon matériel et là je réalise que c’est fini. »

La descente aux enfers commence

C’est l’arrestation, il appelle Willy à la rescousse. Il est à 5 mètres de lui. Il le tranquillise et lui dit que c’est deux fois rien : «Ils vont te poser quelques questions, c’est tout.» Mais il insiste et lui dit que les choses risquent de mal tourner.

Le type qui s’acharne contre lui fait des navettes entre les grosses pointures du SNR sur place. Il cherche leur aval. Il finit par avoir le feu vert puisqu’il l’embarque.

Au départ, il l’invite à prendre place dans la cabine d’un pick up ’’affrété’’ pour lui mais change d’avis avec ses complices. Ils désignent du doigt l’arrière du véhicule au milieu de deux rangées de policiers.

Pendant le trajet, ils l’obligent à se mettre à plat ventre, face contre terre. Des coups de pieds et probablement de crosses pleuvent. Un autre pick up suit à distance. Quand il débarque au SNR, tout tremblant et transis de peur, il aperçoit six personnes dont une femme en survêtement qui se font tabasser, les hommes ont leurs pantalons baissés. « Je n’en crois pas mes yeux. Et je ne sais pas ce qui m’attend.»

Quand ces ’’tortionnaires’’ le voient, ils viennent tous en renfort et se ruent sur lui. Pour commencer, il reçoit 15 coups de bâtons, bien comptés, aussi musclés que méchants. « Ils me répètent à chaque coup que je suis un ’’ennemi de la nation’’». Ils finissent par lui demander d’enlever son pantalon et ses chaussures pour plus d’impact et de souffrance.

Ils répètent alors la bastonnade avec divers objets contondants après avoir confisqué son porte-monnaie, sa montre, sa chaînette en or. J’ai l’impression qu’ils m’arrachent la peau. « C’est quand ils décident de me prendre mon alliance que la situation se complique. Je leur dis qu’ils peuvent tout prendre sauf mon alliance. »

Là, ils redoublent d’ardeur: les coups de bâtons, de gifles, de pieds et de genoux pleuvent. Son dos, ses jambes, ses côtes, la plante des pieds, tous reçoivent leur lot. L’un d’eux lui frappe à plusieurs reprises sur la main et lui casse le doigt pour s’emparer de cette bague.

Ces tortionnaires ne s’arrêteront que quand le chargé de la documentation intérieure le convoque, sous un arbre. Je me suis traîné jusqu’à lui et tout ce qu’il trouvera à me dire c’est ’’Pole !’’ (Un terme de réconfort signifiant ’’je compatis mais je suis désolé’’) «Tu pouvais même y passer ! Tu peux rentrer. Si je dresse un procès verbal, tu risques de rester, à toi de choisir», lui lance-t-il avec ironie.

Entre temps sa femme l’attendait dehors avec ses cachets pour calmer son hypertension. «A un certain moment, j’ai cru que son cœur allait lâcher.»

Avec soupir, il lâche : «Une chose est sûre, l’ordre de m’arrêter est venu des officiers présents sur les lieux de l’attentat. Il n’y avait plus grand’chose à voir, il n’y avait que du sang par terre, sur le siège du pick up du Général. La dépouille était déjà évacuée.»

Long silence. Esdras Ndikumana se tord de douleur. «De l’emprisonnement des journalistes, c’est aujourd’hui le passage à tabac, nous pouvons maintenant deviner la suite.»

  32   Vos commentaires
  1. ÇA NE VA ETRE FACILE POUR LES JOURNALISTES
    Juste un extrait du livre du « droit de guerre » publié par le Pentagone. extrait : // Les journalistes sont des civils et doivent pouvoir couvrir un conflit en étant identifiés et protégés comme tels, sauf dans certaines circonstances », précise le manuel du Pentagone. Et c’est là que le bât blesse. Le reporter peut devenir un « combattant illégal » s’il n’a pas les autorisations requises des autorités compétentes par exemple, ou s’il communique des informations qui peuvent faire évoluer un conflit. // lire la suite sur ce lien
    http://www.rfi.fr/ameriques/20150812-pentagone-douteux-amalgame-journalistes-espions-reporters-guerre

    • J’ai oublié l’essentiel : Bonne guérison Esdras. Que Dieu te protège. C’est un métier pas facile.

  2. Manif

    Que celui qui serait content que le jour de sa mort(surtout violente) on photographie sa dépouille mortelle pour l’afficher sur le web lève la main.

  3. Pierre

    Chers compatriotes,
    Luttons pour que la torture soit bannie de nos services de sécurité. Que le correspondant de RFI et de l’AFP soit partisant, que ses reportages déplaisent parcequ’Ils ne reflètent pas la réalité sur le terrain, celà en aucun cas ne peux justifier la violence. On pouvait seulement le convoquer et lui faire une mise en garde. Ou comme Il dérangeait tant, lui retirer son accréditation. Construisons une démocratie qui respecte la dignité de l’homme.

  4. Marie Claire

    Je ne suis pas journaliste mais en lisant cet article je suis trop choquee!! Les agents du SNR devraient avoir honte de leur maniere de travailler!!La liberte d’expression et le droit d’informer sont les droits fondamentaux!! Courage mr Esdras Ndikumana.

  5. Karundi, ico nokubwira coco, ni uko ari RFI ari na BBC bose bakora kimwe. Ni abanyamwuga babushitse harimwo n’umurundi mwene wacu Esdras NDIKUMANA yazize ubusazi no kubura ubwenge kwa twebwe abarundi. rero aho uvuga ngo BBC niyo ikora neza gusumvya RFI, ugiye aho hakurya mu Rwanda, ukabababaza bokubwira ko BBC ariyo ikora nabi kw’isi yose kubara documentaire bakoze yitwa « Rwandan untold story ». Reka kwihenda rero, ukuri kwama ari ukuri. Mbega woduha akarorero k’inkuru Esdras yatanze kuri RFI yoba atari iy’ukuri? canke woba uri mubakora ivyo Esdras akorako inkuru, mukaba mubabazwa n’uko avuga ivyo bibi mukora. Menya neza ko n’aho woreka kuvuga ukuro kwo kuzogera igihe kwivuge, kandi uzomaramara.

  6. Inanzoza

    Ewe Nyamitwe uzobazwa vyinshi.

    • Ewe nawe Inanzoza,bazohere kuri Buyoya, Bikomagu n’abandi mbere yuko bashikira Nyamitwe kuko nabo bakoze ibibi vyinshi.
      Mbe ko uraba uruhande rumwe kandi hari abatanguye ako kabi kose gakwegana mu Burundi, impunité yahawe icicaro mu gihugu niyo
      ikwega ako kabi kose.
      Reka kubona ikibi kuruhande rumwe gusa.

  7. Venant

    Monsieur Abbas, j’aurais franchement souhaité que vous utilisiez un p minuscule dans le titre de votre article pour le mot Passion. Et pour cause, si notre compatriote Esdras Ndikumana a encaissé 15 coups de bâton de la part des bourreaux du SNR, en comparaison, Notre Seigneur Jésus-Christ en a reçu 5.480 selon la révélation que lui-même a faite à Sainte Brigitte. Ne parlons pas de son agonie au jardin de Géthsémani et sur la croix, de la couronne d’épines, du portement de la croix et de la crucifixion.

    Je profite de cette occasion pour inviter l’une ou l’autre personne intéressée par les prières d’intercession des saints à consulter sur internet les promesses que Notre Seigneur Jésus-Christ a promises à ceux qui réciteront les 15 oraisons et les sept pater (Notre Père) de Sainte Brigitte.

  8. Hello, everybody. There is still a long way to go in Burundi until we reach democracy.

  9. kamana

    Wawundi ati : »République bananière » Hahahaha

  10. abdoul

    Remarquez qu’aucun journaliste d’IWACU n’a jamais été inquiété!
    Et pourtant les autres médias ont des problèmes, certains de sérieux problèmes!
    Est-ce un hasard? Est-ce que parce que les journalistes d’Iwacu n’écrivent pas la vérité?
    Est-ce parce qu’ils savent mieux se cacher que les autres?
    Est-ce parce qu’ils écrivent uniquement ce qui plaît au pouvoir?
    Ou alors est-ce parce que c’est un journal écrit ?

    Personnellement j’ai une piste, un semblant de réponse. Evidemment chacun en a la sienne.
    Mais la mienne est que ce journal traite les informations de façon professionnelle,même si rarement il dérape.
    S’il s’était engagé dans un combat contre x ou y au lieu d’informer comme certains l’ont fait, il n’est pas
    évident qu’il aurait survécu aux derniers événements.

    Bravo à Antoine!

    • Tu trouves donc normal qu’on torture (et non inquiéter comme tu dis) les journailistes qui ne sont pas aussi professionnels ou partisans?

      • abdoul

        Est-ce que j’ai dit que torturer quelqu’un(journaliste ou pas) est normal?Non non et non.
        J’ai seulement constaté qu’IWACU survit (pour notre bonheur à tous) au milieu du désastre.
        Et j’ai seulement essayé de tenter une réponse! Pardon si j’ai été un peu hors-sujet.

  11. Jean-Pierre Ayuhu

    Ego c’est triste de voir cet homme dans cet état. Je lui souhaite un bon rétablissement.
    Mais revenons en arrière et sans état d’âme, et nous questionner… Quand on imagine le choc provoqué par l’attentat contre Gnl Nshimirimana, y-a-t-il vraiment de la place aux bousculades pour prendre des photos? Et puis il y a quelque choses d’indécent. C’est de compatir pour un blessé et non pour un mort du moins sa famille! De quelle société sommes-nous? Encore une fois, deux Burundi, celui des gentils journalistes, manifestants (parfois armés), de la société etc… et celui des méchants, celui de Nkurunziza, son gouvernement et l’ensemble des hommes et femmes qui se reconnaissent en son gouvernement. Bonjour les dégâts si ce genre de lecture ne change pas.
    Un média sert de relais aux putschistes qui veulent démolir les institutions et quand ce média est détruit pour l’empêcher de nuire , c’est la violation des droit de l’homme, de la liberté de la liberté de la presse!
    Nyangoma traite notre brave armée de génocidaire et quand la justice le poursuit, il devient exilé politique!
    Un jeune homme est brulé vif, c’est un Imbonerakure, donc quelqu’un pour qui la mort se justifie!

    Nous allons trop loin!

    Portez-vous bien tous

    • Cher Jean Pierre,
       » y-a-t-il vraiment de la place aux bousculades pour prendre des photos? » Ici en occident, les journalistes sont les premiers sur les lieux lors d’événements semblables. Ils ne sont ni arrêtés, ni torturés.
      « Un média sert de relais aux putschistes » les putchistes rentrent les armes ‘a la main dans les studios, c’est le propre des coups d’état, que ce soit au Burundi ou ailleurs. L’état, censé les protéger, est paralysé à ce moment. Ou ils obeissent ou ils se font tuer.

      • Sina

        Mr Rugamba , avant d’écrire n’importe quoi, il faut d’abord et avant tout vous informer.
        Quant il y a un acte de terreur, que l’on soit journaliste ou pas, en Occident ou en Orient, il faut suivre les instructions données par les services de sécurité. Surtout en ce qui concerne ce qu’il faut faire ou ne pas faire « at a crime scene »! Si Esdras avait suivi les directives données et qu’on l’avait même touché du petit doigt, la conversation serait autre. Utiliser le terme torture dans ce conteste est aussi une exagération. Allez demander à ceux qui ont séjourné à Guantánamo Bay ou du moins lisez ce qu’ils ont eu à subir pour vous faire une idée de la vraie torture made in USA (plus Occident que ça vous n’en trouverai jamais, à moins que Hawaii ne devienne un jour un État indépendant).
        Pour son malheur, Mr Esdras Ndikumana a cru que le fait d’être un correspondant de RFI lui garantissai une certaine immunité diplomatique ou quelque chose de ce genre mais ses interlocuteurs n’étaient apparemment pas au courant.
        Vous pouvez avoir votre opinion sur le pouvoir en place au Burundi, mais essayez au moins d’être impartial sur les faits. Visitez RFI aujourd’hui et vous y trouverez un article intéressant sur le comportement du journaliste en temps de paix et en temps de guerre (ce que les USA en pensent du moins).

        • Jean-Pierre Ayuhu

          Merci Sina pour avoir si bien répondu à notre ami Rugamba qui vit en Occident.. Et je dois dire qu’en Occident ( j’ai fais mes études là bas!) on ne fait pas et on ne dit pas n’importe quoi. Ailleurs et en Occident, il y a des limites, de la déontologie dans toute action et surtout quand il s’agit des faits qui peuvent mettre en danger l’intgrité aussi bien psychique que physique des populations. Or, des radios ouvrent leurs micros aux putchistes. Que voulez-vous. Ont-elles été forcé pour le faire? En tout cas les concernés/les lésés ne se sont jamais prononcé. Et puis, petit à petit on se rend compte que la société civile se rend complice, inconsciemment ou pas de la dégradation de notre société . Ainsi, je lis que la Ligue Burundaise des droits de l’homme pense que «S’il faut désarmer, il faut commencer par un désarmement des esprits. Il y a des motifs qui ont poussé cette population à s’armer. Il faut trouver une solution à ce problème.», s’agissant des armes détenues par les contestataires. N’est-ce pas un encouragement indirect à s’armer?

        • Menard

          Est ce que le Burundi est en guerre?
          Vous semblez regretter que les methodes de torture de Guantamo Bay ne sont pas encore maitrisees par vos agents du SNR. Demander un recyclage, apparemment vous apprenez vite, et meme des fois, vous inventez.
          Au fait, ce qui choque le plus, c’est que des gens apparemment instruits trouvent des pretextes pour justifier un acte barbare parce qu’il est fait par des hors la loi pourvu qu’ils soient de son camp!
          Du reste, je deplore sincerement la mort du General Adolphe NSHIMIRIMANA, je l’ai cotoye un petit instant, il n’etait pas si mechant que ca!

          • Sina

            La guerre contre le pouvoir en place au Burundi a été annoncé par au moins deux (2) Généraux, présentement en rébellion. A moins que vous ne pensiez que les dits généraux sont des comédiens. S’ils le sont, ils ont choisi le mauvais moment pour leur blague car les esprits sont déjà assez en ébullition au Burundi pour le moment.
            Pour votre information, je ne soutient aucun camp au Burundi et je ne crois pas que ce soit une idée pour une personne dite instruite de soutenir un camp ou l’autre dans la situation qui prévaut présentement dans notre pays. Il faut chercher surtout à unir les deux camps pour trouver des solutions économiques aux problèmes du Burundi, car parler de politique, avec certains Burundais, serait une insulte à cette science. La politique est un art et la majorité de nos politiciens ne sont que des apprentis sorciers.
            Quant au cas de Mr. Esdras Ndikumana, j’ai voulu seulement vous faire comprendre que dans une situation comme celle prévalante au Burundi ces derniers jours et, surtout au moment de l’assassinat du chef de la sécurité présidentielle, toute personne soucieuse de sa sécurité personnelle aurait dû agir avec précaution. Le dit document Américain n’a été utilisé que comme référence pour expliquer que ces situations sont légion dans les zones de conflit. Et surtout pour montrer aux gens qui mettent toujours en avant les examples de l’Occident, qu’il y a parfois l’autre côté de la médaille qu’ils oublient de mentionner. Soyons fiers d’être Burundais et essayons de corriger nos erreurs nous-mêmes car personne ne viendra jamais corriger nos erreurs et rétablir la paix dans notre pays. Abarundi tudakundanye, ntimugire ngo hari abandi bazoza ku dukundanisha. Et puis pour le cas de Feu Adolfe Nshimirimana, je ne l’avais jamais croisé mais je peux vous garantir que personne ne naît méchant. Je ne suis pas Dieu pour juger, mais je peux avoir mon opinion personnelle. Mais je préfère faire des commentaires sur des faits que sur mes émotions personnelles pour le moment.

    • L'histoire est en marche

      A votre avis ceux qui ont torturé cruellement Esdras seront-ils inquiétés par la justice? Chacun peut se faire une idée. C’est le grand mal de ce pays, ceux qui n’ont pas la même vision que Nkurunziza sont des ennemis de la nation. Evidemment, celui qui les met hors d’état de nuire va plutôt être considéré comme un héros et ne répondra jamais pour ses crimes. Vous faites un mélange des genres, s’interroger sur la qualité du travail produit par les médias est tout à fait légitime mais ici il est question d’un journaliste dûment accrédité qui a été arrêté et torturé sauvagement uniquement pour avoir exercé son métier. Il a été arrêté en présence de plusieurs officiels dont le propre conseiller en communication de Nkurunziza qui lui avait assuré que rien de lui arriverait. Mais nous le savons bien, ce crime répugnant ne sera jamais puni tant que le pouvoir en place sera là car les gens comme Esdras sont des gens à abattre, ce sont des ennemis de la nation. Cependant, tous ces bourreaux devraient faire attention, le jour de la justice n’est peut être plus aussi lointain qu’on le croit.

  12. Karundi

    Inzira y’umusaraba kweli.
    Mais laissez-moi vous ouvrir mon coeur et vous dire que je trouve qu’Esdras n’est pas équilibré dans ses reportages. Il est juste ce que la BBC n’est pas. Bamwumviriza BBC mwumve ingene bakora inkuru ata parti pris.

    • @ Karundi
      A supposer que vous ayez raison, est-ce une raison de le tabasser ??
      C’ est toute la problematique de la gestion de notre pays: nos dirigeants veulent qu’ on leur disent ce qui leur plait, sous d’ autres cieux, Nyamitwe ( à qui le journaliste a fait appel) serait poursuivi pour « non assistance d’ une personne en danger »

    • Nsabira Louise

      @ Karundi: Ou bien les reportages d’Esdras ntizikuryohera?

    • Il est question ici, cher ami, d’un service d’état devenu une machine à torturer de simples journalistes ou citoyens. A peine émue, vous voulez lancer le débat sur un équilibrisme de ses écrits? C’est la manière dont les hauts responsables ont fait subir des tortures à un journaliste dont il faut parler. Sans oublier les jeunes qui sont arrêtés chaque jour à la frontiere et qui disparaissent au sein des memes services secrets. Ses écrits, on en parlera après qu’il est meme le droit d’écrire en toute tranquilité et lorsque les gens auront le droit élémentaire de fuir leur pays.

    • Athanase Karayenga Athanase Karayenga

      Cher Karundi,

      Vous avez tout à fait le droit d’estimer que les reportages de M.Esdras Ndikumana pour RFI et l’AFP ne vous plaisent pas. C’est votre liberté et votre droit de consommateur de l’information qu’il produit.

      Néanmoins, si ses employeurs, si ces deux médias de renom international, continuent à lui faire confiance, c’est qu’ils reconnaissent la qualité professionnelle exceptionnelle de son travail. Nous sommes aussi des millions d’auditeurs de RFI, en Afrique et dans le monde, a apprécier son professionnalisme et ses qualités journalistiques.

      Par ailleurs, je suis persuadé que vous êtes révolté, indigné et dégoûté, comme beaucoup de journalistes et de citoyens burundais, comme des millions d’auditeurs de RFI et de lecteurs des dépêches de l’AFP dans le monde, par la torture qu’Esdras Ndikumana a subie dans les locaux des services de renseignement du Burundi. La torture constitue un crime contre l’humanité.

      Par ailleurs, comment admettre cette accusation infâme formulée contre Esdras Ndikumana ? Il serait l’ennemi de la nation ?
      Mais de quelle nation parlent les tortionnaires d’Esdras Ndikumana ? Certainement pas de la nation burundaise.

      Il y a dans ce pays meurtri et martyrisé mais fier, digne et debout, des femmes et des hommes de grande valeur morale comme Pierre Claver Mbonimpa. Eux représentent la nation burundaise. Les criminels cruels qui se rendent coupables de crimes imprescriptibles et torturent les victimes de la répression d’Etat, se sont exclus eux-mêmes du champ de l’humanité et de la nation burundaise.

      Il reste à espérer que RFI et l’AFP qui ont protesté officiellement contre la torture infligée à leur employé manifestent aussi leur soutien avec Esdras Ndikumana et le fassent évacuer d’urgence afin qu’il reçoive des soins de santé de qualité à l’étranger et qu’il se repose du traumatisme psychologique qu’il a subi, lui et sa famille.

      Athanase Karayenga

      • Karundi

        Merci à vous tous qui avez réagi à mon commentaire, surtout à Athanase Karayenga. J’ai le sentiment que mon commentaire vous révolte, juste comme les reportages d’Esdras révoltent certains de ses auditeurs et, notamment, probablement, ses tortionnaires. Qu’il soit apprécié de RFI ou AFP ne le protège pas de « payer » pour ses partis pris lors des différents reportages. Erega ico umuntu akora nico kimukora.

        Vous risquer de me taxer de sadique, MAIS, entre-nous, était-il le seul reporter dépêché sur les lieux? Pourquoi lui? Je me dit que c’est parce qu’il est « mordant » dans ses papiers. Est-ce que les journalistes ont besoin de déplaire ou plaire qui que ce soit pour être pro? Je vous invite à comparer les reportage d’RFI à ceux de la BBC, la différence est TRES énorme. La BBC ne me plaît ou ne me déplaît jamais. Elle m’informe juste, point et trait. Pourquoi RFI doit me déplaire, pour plaire à je ne sais?

        Au lieu de pleurer sa situation, faites-vous violence pour l’inviter, lui et son RFI, à un examen de conscience. Pourquoi toujours les reporter d’RFI et pas les autres. Avant hier, c’était Jean Hélène, hier c’était deux autres reporters dont je ne me rappelle plus les noms (en tout cas une femme et un homme), aujourd’hui c’est Esdras.
        Mais les collègues de la BBC travaillent dans la tranquillité, et sur le même terrain, POURQUOI????
        Ayez le courage de vous poser cette bonne question.

        Mais la torture pour l’aider à changer est une mauvaise idée, ils sont pires que lui ces tortionnaires.

        • Yussuf

          Mr Karundi,

          Donc vous expliquez la torture de Mr Esdras au vu et au su de tout le monde comme une représaille contre ses reportages biaisés?

      • kwizera

        Bien dit athanase,pour dd le ridicule ne tue pas,ils seraient tous morts de honte et de remord

        • Rumuri

          @ M. Aybu Jean-Pierre
          M. Ayubu, si ma mémoire est bonne (et j’ignore si vous étiez encore en Occident), il me semble que la RPA a tendu ses micros au CNDD lorsqu’il était encore dans le maquis. Le saviez-vous ?

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