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Les Lions sont tombés à Intwari, et c’est le cœur de ses nombreux supporters qui a saigné

Il y a des défaites qui s'écrivent au tableau d'affichage. Et il y en a d'autres qui s'inscrivent au fer rouge dans la chair de tout un peuple. Ce 04 octobre 2026, au Stade Intwari, ce ne sont pas onze hommes qui se sont effondrés. C'est une dynastie. C'est soixante-neuf ans d'un mythe vêtu de mauve qui, soudain, a vacillé sous une pluie de cinq gifles. 5-0. Le score est brutal. Inconcevable. Presque impudique pour ceux qui portent ce mauve et blanc depuis 1957

Le communiqué officiel, signé de la main d’Arsène Lupin Bucuti , ne cherche pas la parade. Il implore le pardon. Il parle d’incompréhension totale, de douleur partagée, de ce mal viscéral qui étreint le staff comme les gradins. Et il a raison. On a mal vu les Lions comme ça. Hagards. Égarés. Orphelins de leur rugissement.

II. L’héritage : plus qu’un club, une lignée
On ne mesure pas la grandeur d’un Lion à la férocité de son attaque un jour de chasse abondante. On la mesure à la noblesse déchirante avec laquelle il se relève, la gueule en sang, après avoir été terrassé.

Vital’O n’est pas un score de quatre-vingt-dix minutes. Penser cela serait une hérésie, une offense à l’histoire. Vital’O n’est pas une équipe, c’est une lignée. C’est le maillot trop grand que ton père t’a offert quand tu avais sept ans. C’est l’odeur âcre de la poussière d’Intwari un dimanche à quinze heures. C’est soixante-neuf ans d’amour ininterrompu, de 1957 à nos jours. C’est ce frisson qui te laboure l’échine quand tout un stade scande un seul nom. C’est une romance intergénérationnelle.

III. L’épreuve : l’amour véritable sous l’averse
Aujourd’hui, les Lions sont à terre. Lourdement. Pitoyablement. Ils ne mendient pas des sifflets. Ils ouvrent grand les bras à leurs fans. Ils ont besoin d’eux maintenant, beaucoup plus que lorsqu’ils paradent victorieux.

Car, il est vulgairement facile d’aimer quand on gagne. L’amour véritable, le seul qui vaille, c’est celui qui demeure quand il pleut des cordes. Quand le ciel s’écroule en 5-0. Le vrai fan ne déserte pas sous l’averse. Il reste. Il tient le parapluie. Il aide à rebâtir la tanière, pierre par pierre. Dur labeur oblige.

IV. Le serment : les légendes ne meurent jamais
Que l’on se comprenne : cette débâcle abyssale n’est que la première cicatrice de cette saison. Elle n’est point un arrêt de mort. Elle est un rappel cinglant que le football, dans sa cruauté magnifique et souveraine, ne tolère aucune suffisance.

Alors, les supporters sèchent leurs larmes. Ils bandent leurs plaies. Il relèvent leurs joueurs, non avec des invectives, mais avec la ferveur inconditionnelle de ceux qui savent que les légendes ne meurent jamais. Elles ploient. Elles saignent. Puis elles reviennent, plus féroces que jamais.

La saison est encore longue, vertigineusement longue. La tête reste haute. Et le cri, lui, demeure immortel.

Vital’O refuse de mourir !

 

Patrick Sota

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