#JeSuisIWACU

« Noël symbolise la tendresse et l'espérance »

JOUR 54

14/12/2019 La Rédaction Commentaires fermés sur JOUR 54. « Noël symbolise la tendresse et l’espérance »
#JeSuisIWACU

Par Marie Nzigamye

Marie Nzigamye

Vivre en prison c’est perdre sa liberté
C’est perdre ses repères et ses passions
C’est ne plus sentir les odeurs auxquelles on est habitué.
C’est ne plus entendre « ses »bruits
C’est s’habituer à un autre monde
C’est vivre dans la peur, l’angoisse.
C’est côtoyer des inconnus qui ont pour la majorité les mêmes interrogations que vous
Tout cela est encore plus terrible lorsqu’on se retrouve là par injustice
Ce matin-là, vous vous êtes réveillés dans des murmures, des rumeurs de ce qui se passerait à Mabayi. « des attaques »
Au lieu de propager ces rumeurs, vous avez voulu aller vérifier les faits.
Vous avez voulu donner à vos lecteurs des faits vérifiés
C’est un signe de maturité et de professionnalisme
Certains ont choisi de vous prendre pour des perturbateurs de la « sécurité nationale. »
Une faute grave utilisée depuis la nuit des temps pour frapper des innocents.
Une faute que certains utilisent pour se faire bien voir
Pourtant, aucun article n’est sorti. Personne ne peut même dire que vous étiez avec ou contre
lui.

Pour vous encourager, je préfère emprunter les paroles d’un jeune homme qui a écrit un petit
poème en prison. Vous vous comprendrez, c’est sûr.

DEBOUT (Par David dans le journal l’Envolée, 2001)

Être derrière les barreaux,
mais être debout

Être dans une cage,
mais être debout

Être victime des brimades,
mais être debout

Être victime des restrictions,
mais être debout

Être dans un monde de non-droit,
mais être debout

Être dans ce broyeur

mais être debout

Être constamment sous pression,
mais être debout

Être à son procès,
mais être debout

Être enfin libre
et être debout plus que jamais.

Debout vous l’êtes et nous sommes nombreux à vos côtés.

Nous sommes dans la période des fêtes et votre mal-être risque de se faire ressentir encore plus.
Mais restez optimistes.
Noël symbolise la tendresse et l’espérance.
Le jour de l’an symbolise l’espoir d’un monde meilleur.
Le plus beau cadeau pour vous quatre est un retour dans vos familles, auprès de vos amis et de vos collègues.

J’espère un retour en arrière de vos accusateurs. Ils ont la possibilité de reconnaître leur erreur.
Pour eux c’est facile. Pour vous cela va vous rendre vos vies.

Marie Nzigamye.

Le mardi 22 octobre, vers midi, une équipe du journal Iwacu dépêchée pour couvrir des affrontements dans la région de Bubanza est arrêtée. Christine Kamikazi, Agnès Ndirubusa, Térence Mpozenzi, Egide Harerimana et leur chauffeur Adolphe Masabarakiza voient leur matériel et leurs téléphones portables saisis. Ils passeront une première nuit au cachot, jusqu'au samedi 26 octobre. Jusqu'alors, aucune charge n'était retenue contre eux. Mais le couperet est tombé : "complicité d'atteinte à la sécurité de l'Etat". Depuis l'arrestation de notre équipe, plusieurs organisations internationales ont réclamé leur libération. Ces quatre journalistes et leur chauffeur n'ont rien fait de plus que remplir leur mission d'informer. Des lecteurs et amis d'Iwacu ont lancé une pétition, réclamant également leur libération. Suite à une décision de la Cour d'appel de Bubanza, notre chauffeur Adolphe a retrouvé sa liberté. Ces événements nous rappellent une autre période sombre d'Iwacu, celle de la disparition de Jean Bigirimana, dont vous pouvez suivre ici le déroulement du dossier, qui a, lui aussi, profondément affecté notre rédaction.

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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