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Gouvernance environnementale : La déclaration de Yaoundé place la science et la finance climatique au cœur de l’action parlementaire

Yaoundé (Cameroun) – 24 septembre 2026 — Réunis au Palais de Verre de l’Assemblée nationale du Cameroun du 22 au 24 septembre 2026, les parlementaires d’Afrique centrale, accompagnés de représentants gouvernementaux, de chercheurs et d’organisations internationales, ont adopté à l’unanimité la Déclaration finale de Yaoundé. Cette rencontre de haut niveau marque un tournant stratégique pour la préservation des forêts du Bassin du Congo et l'accès équitable aux financements climatiques mondiaux.

Mettre les données scientifiques au cœur de la loi

Face au constat d’une fragmentation des cadres juridiques nationaux et de l’accès encore trop limité de la région aux fonds climatiques internationaux, les élus entendent baser leurs décisions sur des données probantes. La Déclaration prévoit notamment :

  • L’institutionnalisation des données scientifiques dans le processus législatif, le vote des budgets et le contrôle de l’action gouvernementale.
  • L’instauration d’un tableau de bord parlementaire climat-forêts-biodiversité et l’organisation d’auditions annuelles des chercheurs avant l’examen des lois de finances.
  • Un partenariat structuré REPAR-COMIFAC-OFAC s’appuyant sur des points focaux et un protocole régulier de transmission d’analyses adaptées aux besoins des commissions parlementaires.

Débloquer la finance climatique et créer le CBFFF

Face aux contraintes d’accès aux fonds environnementaux mondialisés (complexité des procédures, manque de projets bancables, déficit de capacités techniques), les parlementaires s’engagent à stimuler les investissements :

  • Soutien à la création du Congo Basin Forest Finance Facility (CBFFF) pour financer le Plan de convergence 2026-2035 de la COMIFAC et soutenir les politiques climatiques nationales.
  • Mise en place d’un dispositif régional d’aide à la préparation de projets bancables et d’accréditation des institutions nationales et régionales.
  • Exigence de transparence via un rapport annuel des gouvernements sur les financements climatiques mobilisés et leur utilisation effective.

Protection des communautés et harmonisation juridique

La Déclaration insiste fermement sur la justice sociale et les droits humains :

  • Inclusion des communautés locales et des peuples autochtones, avec la garantie d’un partage équitable et transparent des bénéfices générés par les crédits carbone et les services écosystémiques.
  • Harmonisation des législations sur le climat et le carbone dans l’ensemble des États de la sous-région.
  • Alliance interparlementaire globale entre les trois grands bassins forestiers tropicaux mondiaux (Bassin du Congo, Amazonie, Asie-Sud-Est) pour porter des positions communes lors des négociations internationales.

À l’issue des travaux, les participants ont également salué le vernissage de la publication de référence « L’État des Forêts d’Afrique Centrale 2025 » et ont appelé à mobiliser l’ensemble des acteurs pour la préparation de l’édition 2027.

Alors que le Bassin du Congo s’impose désormais comme le premier poumon vert de la planète, la communauté scientifique internationale et régionale formule un plaidoyer fort : les données scientifiques doivent guider les choix stratégiques des gouvernements d’Afrique centrale et des bailleurs internationaux pour préserver cet écosystème vital.

Le rapport met en lumière l’urgence d’aligner les choix d’aménagement du territoire, d’extraction des ressources et de développement économique sur les données scientifiques factuelles. Face aux pressions croissantes telles que, l’expansion agricole, les projets miniers et l’urbanisation, la coordination intersectorielle s’impose comme un impératif stratégique pour éviter une dégradation irréversible.

« Protéger le Bassin du Congo ne peut plus se limiter à des engagements déclaratifs. Les gouvernements et la communauté internationale doivent s’appuyer sur des données probantes pour équilibrer la conservation de la biodiversité et le développement socio-économique des populations locales », soulignent les auteurs du rapport.

Par ailleurs, le document dresse un bilan rigoureux de la mise en œuvre des grands accords internationaux (CCNUCC, CDB, CNULD) et identifie plusieurs défis majeurs :

  1. Insuffisance de la finance climat : Malgré le rôle critique du bassin du Congo dans la régulation du climat mondial, les flux financiers internationaux attribués à la région restent très inférieurs aux besoins réels et disproportionnés par rapport à d’autres bassins forestiers.
  2. Gouvernance et traçabilité : Le rapport appelle à un renforcement de la transparence, à l’application stricte des réglementations forestières et au soutien effectif des droits des communautés locales et des peuples autochtones.
  3. Valorisation des services écosystémiques : Il est urgent d’établir des mécanismes de financement durables et transparents, notamment via des marchés carbone intègres, pour rémunérer équitablement les services rendus par ces forêts à l’humanité.

Un appel aux partenaires mondiaux

Les parlementaires ont également adressé un appel aux bailleurs de fonds, banques de développement et institutions multilatérales. Ils demandent un assouplissement des procédures, une augmentation des financements concessionnels et l’alignement des appuis internationaux sur les priorités stratégiques régionales de l’Afrique centrale.

 

Le Réseau des Parlementaires sur la Gestion Durable des Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (REPAR) a été chargé, en lien avec la COMIFAC et l’OFAC, d’assurer le suivi rigoureux de cette feuille de route stratégique pour l’avenir écologique de la planète.

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