Culture

Au coin du feu avec Térence Mushano

18/04/2020 Alain Majesté Barenga Commentaires fermés sur Au coin du feu avec Térence Mushano
Au coin du feu avec Térence Mushano

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Térence Mushano.

Votre qualité principale ?

La défense de l’intérêt général.Bref, je suis un fervent militant de la justice.

Votre défaut principal ?

La faiblesse de tout humain : je ne suis pas parfait.

La qualité que vous préférez chez les autres ?

Un esprit altruiste.

Le défaut que vous ne supportez chez les autres ?

Le crime de sang, l’exclusion, le détournement de la chose publique, la corruption…. Aussi, je n’apprécie guère les gens égoïstes.

La femme que vous admirez de plus ?

Mon épouse, la mère de mes cinq enfants.

L’homme que vous admirez le plus ?

Pr Venant Bamboneyeho. Un homme, vertueux de par sa droiture, son honnêteté intellectuelle et son intégrité morale. Des qualités qui, dans une certaine mesure, font de lui un modèle en tant qu’artisan de la paix, de la justice et de la promotion des droits de l’Homme.

Votre plus beau souvenir ?

Ma rencontre avec Mgr Joachim Ruhuna, l’ex- Archevêque de Gitega et son ancien Vicaire général aussi son condisciple de classe, Mgr Juvenal Kadogo.

Votre plus triste souvenir ?

Tous les crimes de sang répétitifs qui ont jalonné l’histoire de notre pays. Plus grave, le génocide des Tutsi, mais aussi le sang de leurs voisins et frères Hutu innocents, versés injustement.

Quel serait votre plus grand malheur ?

Voir tous ces crimes de sang restés impunis.

Le plus haut fait de l’histoire ?

L’accession du Burundi à l’indépendance.

La plus belle date de l’Histoire burundaise ?

Le 1er juillet 1962 , le jour de l’indépendance . Une date à marquer d’une pierre blanche. Personnellement, un événement fédérateur. Unis, les Burundais ont vu qu’ils peuvent accomplir de grandes choses.

La plus terrible date de l’histoire ?

Le 21 octobre 1993, je n’oublierai pas aussi le 29 avril 1972.

Le métier que vous aimeriez faire ?

J’aurais bien aimé exercer en tant qu’avocat-conseil . Défendre les opprimés, ceux qui n’ont pas accès à la justice.

Votre passe-temps préféré ?

La lecture. Les livres en rapport avec les droits de l’Homme, le syndicalisme. C’est mon péché mignon.

Votre lieu préféré au Burundi ?

Bujumbura . A partir de ses montagnes qui la surplombent, c’est agréable de contempler la beauté de la ville, le lac Tanganyika.

Le pays où vous aimeriez vivre ?

Mon pays natal. Par-dessus tout, j’aimerais parcourir tous les villages que comptent les 18 provinces du Burundi, ses collines, etc.

Le voyage que vous aimeriez faire?

J’aimerais visiter l’Israël, voir le Yad Vashem : le mémorial de la Shoah( « plus jamais ça » israélien, le Never Again ou CIRIMOSO, Ryarabaye Ntirikabe, Ntirigasubire!)

Votre rêve de Bonheur ?

Voir un Burundi apaisé.

Votre plat préféré ?

Le repas traditionnel, les Intete, les « sans huile »

Votre chanson préférée ?

Notre hymne national, Burundi Bwacu, suivi par le Credo.

Quelle radio écoutez-vous ?

Par ordre de grandeur décroissante, la BBC, la RFI, INZAMBA et HUMURA

Avez-vous une devise ?

Amour des autres, militer pour la justice et le combat pour la Paix.

Votre souvenir du 1er juin 1993 ?

Une journée mouvementée. La victoire du Frodebu, à la surprise de tout le monde.

Votre définition de l’indépendance ?

C’est lorsque les fils du pays sont en mesure de choisir les axes politiques, socio-économiques, etc. Pour le développement de leurs pays.

Votre définition de la démocratie ?

C’est lorsque le résultat de la majorité des idées, les bons projets de société prévalent sur la majorité politique ou la majorité ethnique.

Votre définition de la justice ?

Une justice équitable, en mesure de départager les personnes en conflit. Dans cet ordre, il ya la justice ordinaire pour juger les délits, la justice internationale pour juger les crimes de génocide, le crime contre l’humanité et les crimes de guerre.

Si vous étiez ministre de la Culture, quelles seraient vos deux premières mesures ?

-Veiller au strict respect des moeurs, bien qu’une touche de modernité importe.
-Valoriser les objets culturels tels qu’Ingoma, Inanga, Ikembe, Umuduri, les chansons pastorales…Un vrai retour aux sources !

Croyez-vous à la bonté humaine ?

Absolument. Cependant, je trouve que ce n’est plus le cas. Parce que le peu de gens qui le sont finissent corrompus par les mauvais.

Pensez-vous à la mort ?

La mort est inévitable. Elle nous prend tous ceux qu’on aime. Le mal, c’est une mort atroce, un meurtre, un assassinat…

Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direz-vous ?

Pardon, pour toutes les fois où je n’ai pas agi selon ta volonté.

Propos recueillis par Alain Majesté Barenga

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Bio-express

Natif de la colline Mashunzi, commune Bisoro, province Mwaro, M. Mushano est né le 04/08/1960. Cadre à la SOBUGEA depuis le 18/06/1994, Terence est connu pour être un fervent activiste de la reconnaissance du génocide des Tutsi. Actuellement vice- président et porte- parole de l’AC -Genocide Cirimoso. Il est aussi membre de la ligue Sonera et vice-président du collectif des associations des victimes(CARAVI). Syndicaliste invétéré, il est le leader syndical à la Sobugea. Il fut également représentant du personnel au conseil d’administration de la Sobugea. Comme étude, M. Mushano est détenteur d’un diplôme A1 (Institut Supérieur de Commerce : option commerce 1992-1993). Une carrière qu’il a embrassée après avoir renoncé à la prêtrise. Après ses études secondaires (athénée de Bujumbura 1979-1984), il a fait deux ans de philosophie au Grand Séminaire Saint Curé D’ARS de Bujumbura. Marié, il est père de cinq enfants.

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