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Au Coin du feu avec Pacelli Ndikumana

07/11/2020 Antoine Kaburahe Commentaires fermés sur Au Coin du feu avec Pacelli Ndikumana
Au Coin du feu avec Pacelli Ndikumana

Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Pacelli Ndikumana.

Votre qualité principale ?

Il est très difficile de connaître sa qualité principale, mais je crois que ma première qualité est la persévérance et l’optimisme.

Votre défaut principal ?

L’impatience, probablement.

La qualité que vous préférez chez les autres

L’honnêteté et l’empathie.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

L’égocentrisme et le mensonge.

La femme que vous admirez le plus et pourquoi ?

D’abord j’admire ma mère, Marguerite Nshamaje, qui m’a inculqué les vertus d’Ubuntu, d’amour de notre patrie, du respect de l’être humain et du bien commun.

En deuxième lieu, la femme que j’admire le plus est probablement Rosa Parks qui, en 1955, refusa de céder sa place dans un bus dans lequel les Blancs avaient le privilège de s’asseoir. Les Noirs devaient céder leurs places. Le courage et la détermination qu’elle a démontrés ce jour-là ont été le catalyseur du vaste mouvement des droits civils aux USA. Son acte de refus a changé la vie de millions de Noirs américains.

L’homme que vous admirez le plus ?

Nelson Mandela est la personne que j’admire le plus surtout pour avoir accepté en tant qu’Avocat de se consacrer à la lutte contre l’Apartheid. Ce qui est extraordinaire chez Mandela ce n’est pas le nombre d’années qu’il a passé en prison, mais surtout sa capacité de négocier seul les Accords de paix pendant qu’il était en résidence surveillée sans entretenir une rancune, mais en acceptant de pardonner et de ne pas s’accrocher au pouvoir en limitant son mandat à une période de quatre années.

Je suis persuadé qu’il a démontré ces qualités parce qu’il appartenait à une famille royale dans laquelle les vertus humaines et sociales sont ancrées dans la culture. C’est aussi le cas pour Seretse Khama du Botswana, premier président du Botswana, qui a jeté les bases du développement de son pays et qui était le chef de la tribu des Bamangwato.

Qui aimeriez-vous être ?

Mon premier rêve était de devenir Pilote, mais vers l’âge de 14 ans je voulais devenir avocat.

Votre plus beau souvenir ?

C’est de m’être rendu à l’Université de Lubumbashi après mon passage à l’Université du Burundi au cours d’une période très difficile durant l’année académique 1987-1988. Malgré toutes les difficultés d’adaptation dans un nouveau milieu, je me suis retrouvé très soulagé d’être un étudiant déchargé de toute responsabilité politique, de mandat représentatif des étudiants. C’est durant mon séjour à « L’shi » que je me suis rendu compte combien ces responsabilités avaient tellement pesé sur mon psychique. J’ai passé mes meilleurs moments d’étudiant durant cette période.

Votre plus triste souvenir ?

Mon plus triste souvenir a été mon séjour de plus d’une année d’octobre 1998 à novembre 1999 à la prison centrale de Mpimba et les conditions d’humiliation que vous fait subir l’administration pénitentiaire.

Quel serait votre plus grand malheur ?

Etant de nature optimiste, je ne pense jamais à cette question.

Selon vous, le plus haut fait de l’histoire burundaise ?

Les élections transparentes et libres du 18 septembre 1961 sous la supervision des Nations Unies à l’issue desquelles le Parti Uprona remporte une victoire écrasante contre le Front Commun.

La plus belle date de l’histoire burundaise ?

Le 1e juillet 1962 jour de l’Indépendance du pays. Mais je serai aussi enclin à admettre que le 1er novembre 1976 a été une date importante dans l’histoire burundaise.

La plus terrible et pourquoi ?

La plus terrible demeure, à mon humble avis, la tentative de coup d’Etat du 18-19 octobre 1965 contre le Mwami Mwambutsa simultanément suivie par la tentative d’assassinat du Premier Ministre Biha et les massacres de populations civiles tutsi à Busangana, suivi malheureusement de massacres de populations civiles hutu par l’armée. La mauvaise gestion de cette première crise politique qui n’a pas permis d’individualiser et de nommer les coupables et de les traduire devant des juridictions civiles en leur accordant le bénéfice de toutes les protections de droit auront les conséquences dévastatrices suivantes : cette première tentative des membres de l’aile « Monrovia » du Parti Uprona et d’autres partis « extrémistes » de conquérir le pouvoir politique par la force suivi d’un début de massacres à caractère ethnique va cristalliser les consciences et les peurs ethniques parce que les coupables n’ont pas été individualisés. C’est cette tentative et l’expérience du Rwanda qui vont déclencher une course effrénée vers la conquête du pouvoir entre les « extrémistes » Hutu et Tutsi et déclencher le phénomène de globalisation ethnique.

Le métier que vous auriez aimé faire ?

J’ai toujours voulu exercer la profession d’avocat.

Votre passe-temps préféré ?

Mon passe-temps préféré demeure la lecture.

Votre lieu préféré au Burundi ?

Je n’ai plus visité le Burundi depuis mon évasion de prison en novembre 1999, il y a 21 ans, et je ne peux me hasarder à donner un lieu préféré. Mais je reste très attaché à Bujumbura et au lac Tanganyika que j’ai déjà traversé de Mpulungu à Bujumbura.

Le pays où vous aimeriez vivre et pourquoi ?

J’aime beaucoup le Royaume-Uni et l’idéal serait de passer 6-9 mois au RU et 3 mois au Burundi.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

J’aimerais visiter les vestiges du royaume des Incas au Pérou et les vestiges des royaumes anciens de Chine.

Votre rêve de bonheur, c’est quoi ?

Mon rêve de bonheur est d’avoir le sentiment que mon passage sur terre aura servi à améliorer les conditions humaines de mes semblables. Comme disent les Anglais, “you have to leave a legacy to have a fulfilled life.”

Votre plat préféré ?

Mon plat préféré est le poisson du lac Tanganyika (Mukeke) grillé avec du riz et des légumes frais du Burundi.

Votre lecture préférée, l’écrivain que vous aimez ?

Je n’ai plus beaucoup de temps libre pour lire ces dernières années. Mais j’ai toujours préféré lire des ouvrages d’auteurs africains engagés dans le processus de décolonisation mentale et sur les thèmes du racisme. Mes auteurs préférés sont Chinua Achebe, Nadine Gordimer et la jeune Chimanda Ngozi Adichie.

Votre musique préférée et pourquoi ?

J’aime plusieurs genres de musique, mais j’ai une profonde admiration pour les musiques de film d’Ennio Morricone. C’est le meilleur compositeur de tous les temps. Sa musique me plonge dans une introspection spirituelle et émotionnelle.

Avez-vous une devise ?

Ma devise est simple : Never give up ! Ne perds jamais ton courage. « La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute »

Votre souvenir du 1er juin 1993 ? Vous étiez où ?

J’étais à Bujumbura et je travaillais comme Conseiller juridique chez Intercontact-Services. Quand j’ai appris les résultats des élections, j’ai eu une douche froide. Je ne souhaitais pas que Buyoya gagne les élections, mais il constituait le moindre mal tellement on avait le sentiment que le processus électoral avait été ethnisé à outrance.

Votre définition de l’indépendance ?

L’indépendance ne se limite pas à une indépendance politique si elle n’est pas complétée par une indépendance économique et culturelle. Les Burundais et l’Afrique doivent s’engager d’abord dans un processus d’introspection culturelle pour reconquérir leur indépendance spirituelle, culturelle et philosophique. La perte de notre identité spirituelle, philosophique et culturelle sont les plus grosses pertes que l’Afrique et le Burundi ont endurées et notre indépendance politique n’a pas pu résoudre le problème de notre soumission à la culture occidentale.

Votre définition de la démocratie ?

La démocratie est un système de gestion politique qui doit garantir l’alternance au pouvoir tout en préservant un système de contrôle permanent du pouvoir exécutif par le Parlement et en garantissant une indépendance totale du système judiciaire.

Il faut arriver à un système où le président de la République n’exerce plus seul tous les pouvoirs militaire, exécutif, parlementaire et judiciaire, mais dans lequel ses pouvoirs sont dilués au maximum afin qu’il exerce les pouvoirs exécutif et militaire d’une manière collégiale avec tous les membres du gouvernement. C’est d’ailleurs profondément ancré dans notre culture : « Kuja inama n’ingingo ».
Nous devrons choisir entre un régime monarchique constitutionnel ou un régime républicain où le président n’aura plus que des pouvoirs honorifiques et le Premier ministre/Chancelier exercera le pouvoir exécutif collégialement avec les membres du Gouvernement.

Il faudrait aussi instaurer un système de responsabilité civile (in-solidum) des parlementaires pour toutes les questions relatives à la gestion du budget de l’Etat.

Enfin, nous devrons davantage décentraliser les provinces/régions en leur accordant une autonomie administrative, politique, judiciaire et parlementaire. Cette décentralisation favoriserait la compétition positive entre les régions/provinces et ainsi leur développement.

Vous avez été politiquement engagé au Burundi, dites-nous brièvement comment et quel était le sens de votre combat.

Je me suis engagé très jeune à l’âge de 15 ans dans le mouvement JRR dont le nom avait été changé en UJRB au Collège du Saint-Esprit. Ce cadre de réflexion et de débat m’a donné l’opportunité de discuter et de débattre sur des questions politiques, sociales et économiques.

J’ai poursuivi ces activités à l’Université du Burundi où j’ai assumé le mandat de 1er Secrétaire du Comité Directeur de la JRR et Président du Comité de Coordination de l’ASSER en 1987.

Lorsque je rentre de la RDC en février 1993, je suis immédiatement recruté chez Intercontact-Services comme Conseiller juridique.
Depuis mon retour au Burundi début 1993, j’ai pris mes distances avec la politique en raison de la neutralité que m’imposaient mes obligations professionnelles. Mais j’ai été par contre très actif au sein de la société civile. Nous avions alors créé, entre autres avec Monseigneur Jean-Louis Nahimana, le « Mouvement SOS Intolérance » en octobre 1993 qui était un cadre dans lequel nous souhaitions canaliser les énergies des jeunes afin de favoriser une compréhension mutuelle entre les jeunes d’ethnie différentes.

En 1995, j’ai créé avec Térence Nahimana « Le Club Convergence » qui se voulait être un cadre de débat afin que les intellectuels Hutu et Tutsi aient une même lecture des évènements qui avaient jalonné notre passé commun. Nous invitions les anciens leaders afin d’animer des conférences.

En 1996, j’ai participé à la rédaction du Mémorandum de la SOJEDEM. La SOJEDEM avait exigé que des poursuites soient engagées contre les auteurs, co-auteurs et complices de l’assassinat du Président Ndadaye et de tous les autres dignitaires du régime, mais aussi que des poursuites soient engagées contre les mêmes auteurs des massacres systématiques qui avaient eu lieu sur toute l’étendue du pays.

Mon combat au sein de la société civile a toujours été pour l’intérêt de la nation burundaise. Malheureusement, lorsque Buyoya revient en septembre 1996, il va considérer la SOJEDEM comme étant son ennemi numéro un parce que nous lui avions soumis des conditions qu’il ne pouvait remplir.

C’est en raison de mes positions publiques et des dossiers que je défendais en tant qu’avocat à partir de 1997, que le régime de Buyoya va me considérer comme un ennemi public et concocter un plan machiavélique de rébellion tutsi dans lequel ils m’ont impliqué pour m’arrêter, m’inculper et me juger par contumace de l’infraction d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat en février 2000. Je serai condamné à 15 ans de servitude pénale.

Aujourd’hui l’ancien Président Buyoya a été accusé et condamné. Vous êtes avocat, s’il vous demandait de le défendre vous accepteriez, alors que sous son régime vous avez été en prison ?

Oui, j’accepterais de le défendre volontiers et je lui ai déjà exprimé mon sentiment et ma disponibilité à lui offrir mes services sur son compte Twitter. Vous savez, malgré tous les faux-coups d’Etat, les fausses rebellions, les organisations fictives d’évasion de prison dont les auteurs ont été assassinés, je lui ai pardonné le mal qu’il m’a causé parce que le Burundi ne pourra s’en sortir sans cet élan de pardon. La culture burundaise a tendance à encourager la responsabilité in-solidum de tous les membres de la famille élargie de l’auteur allégué du crime. Avec le début des crimes politiques en 1965, les régimes politiques ont eu tendance à même incriminer tout un groupe ethnique alors que toute infraction doit demeurer individuelle. Ce qui a favorisé cette culture de l’impunité demeure le manque de Justice.

Au-delà du pardon personnel que je lui accorde, je suis profondément attaché à l’idée d’une justice comme moyen de résolution des conflits dans toute société. L’auto-amnistie provisoire, la prescription de l’action publique ou l’autorité de la chose jugée (lorsque la chose jugée a été rendue pendant que l’inculpé assumait les fonctions de président de la République) ne peuvent constituer des motifs valables pour se soustraire à des poursuites judiciaires.

Vous avez connu la prison, qu’est-ce que cet épisode a fait dans votre vie ?

La prison est un lieu d’apprentissage de la vie. Un Père Jésuite nous avait dit que personne ne peut jurer qu’il n’ira jamais en prison, mais que la meilleure attitude est d’y entrer la tête haute et d’en sortir encore plus fort et la tête plus haute, mais aussi le cou raide par la pratique du sport régulier afin de maintenir un mental de fer. La prison vous enseigne beaucoup sur vous-même, sur votre capacité à endurer les humiliations et privations, vos véritables amis et les faux-amis. J’y ai rencontré plusieurs victimes du système qui souffraient dans l’anonymat le plus total.

Vous êtes toujours marqué ?

Non, je ne suis plus marqué par cet épisode de ma vie. Il ne faudrait pas que des passages comme celui de la prison vous marquent négativement. Il y a toujours des aspects positifs qu’il faut tirer de ces expériences. Par exemple, mon emprisonnement a été le catalyseur de mon évasion de prison et le départ de ma famille du Burundi pour demander asile dans un pays étranger.

Votre définition de la justice ?

La justice doit être un système et une structure qui protège l’intégrité physique de la personne humaine, qui contribue à maintenir la paix sociale et favorise l’intégrité et le développement des patrimoines des sociétés et des individus afin de favoriser/encourager l’apport des investisseurs étrangers.

Si vous étiez nommé ministre de la Justice du Burundi, quelles seraient vos 3 principales mesures ?

La première mesure serait d’instaurer une institution nouvelle qui n’existe pas dans les pays de tradition juridique française : c’est l’institution du « Coroner » dans toutes les provinces du pays en vue de promouvoir la dignité humaine et enquêter sur toutes les causes de décès de chaque être humain en dehors du milieu hospitalier, mais sur le territoire national. Tous les décès devront être certifiés par le Coroner qui est obligé par la loi d’effectuer toutes les autopsies nécessaires pour déterminer avec précision les causes du décès de chaque personne. Ici au Royaume-Uni, la moyenne des délais pour obtenir un certificat de décès est de 15 jours.

La deuxième mesure serait de mettre sur pied une législation qui privatiserait la profession de l’huissier de Justice afin de garantir une exécution rapide, efficace des jugements des cours et tribunaux. Le drame au Burundi, du moins à l’époque où j’exerçais, est que non seulement les Jugements civils et commerciaux sont souvent mal rendus, mais même après être rendus il y a très peu qui sont exécutés.
Ce système pourrait contribuer à améliorer notre système d’exécution des jugements et contribuerait à favoriser les investisseurs étrangers. Cette privatisation pourrait générer plus 1500 emplois de Lauréat de l’université dans le secteur privé.

La troisième mesure serait de mettre sur pied immédiatement une Ecole Supérieure de la Magistrature afin de renforcer les capacités intellectuelles et juridiques de nos magistrats, Avocats et autres auxiliaires de Justice. Le droit est en constante évolution surtout à l’heure des technologies de l’internet que les Juges, les magistrats et les auxiliaires de Justice doivent constamment se former.

Croyez-vous à la bonté humaine ?

Oui, je crois à la bonté humaine, mais je ne suis pas naïf, il y a des personnes qui, pour divers motifs, ont des comportements qui s’écartent de la norme.

Pensez-vous à la mort ?

Non, je ne pense pas souvent à la mort.

Si vous comparaissez devant Dieu, que lui direz-vous ?

Je lui demanderais pardon pour les faits et gestes négatifs ou les paroles prononcées qui auraient pu causer du tort à mon prochain.

Propos recueillis par Antoine Kaburahe

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Bio express

Pacelli Ndikumana est né à Bujumbura en décembre 1964 et une année et demie plus tard ses parents se rendent en Belgique pour y suivre leurs études universitaires pour enfin revenir au Burundi en 1971. Il fréquente l’école primaire Stella Matutina jusqu’en 1976, année où il entre au Collège du Saint-Esprit pour terminer en 1984. Il commence ses études universitaires en 1984 et quitte la Faculté de Droit en 1988 en 1e Licence pour poursuivre ses études universitaires à l’Université de Lubumbashi en RDC où il obtient, en 1992, sa Licence en Droit, spécialité en Droit Economique et Social. De retour au Burundi en début 1993, Pacelli exercera successivement les fonctions de Conseiller juridique chez Intercontact-Services jusqu’à la fin 1994 et de Directeur-Adjoint de la banque offshore African Bank of Commerce jusqu’au début février 1997, date où il est mis fin à ses services sur pression exercée par le Président Pierre Buyoya sur le propriétaire de la Banque. En septembre 1997, il sera admis à exercer comme Avocat au sein du Barreau du Burundi jusqu’à la date du 2 octobre 1998, date à laquelle il sera subitement arrêté et mis en prison. Après 13 mois d’incarcération arbitraire et non fondée à la prison de Mpimba, Pacelli s’évade et parvient à rejoindre son épouse et son fils à Kampala en Uganda. De là, il parvient à obtenir les documents nécessaires pour se rendre au Royaume-Uni en décembre 1999 avec son fils et introduit une demande d’asile politique. Arrivé au Royaume-Uni, il effectue une année de post-graduat en droit anglo-saxon en 2001 et commence à travailler dans le Cabinet BPE Solicitors à Cheltenham pendant trois années jusqu’en 2005. Il effectue ensuite des cours professionnels et de spécialisation en droit des institutions financières, Règlementation et Application (FIRE) qui lui ont permis de s’installer à Londres comme Avocat-Suppléant pour les plus grands Cabinets d’Avocats Britannique et Américains. Il a également développé une expertise dans les domaines du droit à la protection des données personnelles et du droit à la vie privée. Parallèlement à sa vie professionnelle, Pacelli s’est beaucoup investi dans la Société civile burundaise au sein de la diaspora burundaise du Royaume-Uni et d’Europe. Il vient d’obtenir l’agrément de l’ONG « Nshamaje M. Foundation », dont les objectifs sont de protéger et soutenir tous les demandeurs d’asile au Royaume-Uni et les Burundais réfugiés en Afrique.

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