L’atelier a été organisé le 30 septembre 2026 en collaboration avec le ministère en charge de l’intérieur, sur financement de l’Union européenne. Devant les participants, Dieudonné Ntanago, Directeur Pays de NIMD a déclaré que la gouvernance, et la participation inclusive et le leadership des décideurs politiques déterminent le succès de toute politique publique, sans oublier la stabilité démocratique et économique. « Nombreuses analyses politiques et sociales réalisées au Burundi font état d’un fossé persistant entre les leaders et les communautés d’origine, ce qui alimente les défis observés en matière de gouvernance inclusive, de participation citoyenne et de cohésion sociale ».
Il explique que ce fossé se matérialise par une faible communication, un déficit de confiance et une redevabilité limitée. Il souligne que dans un contexte post-conflit et de consolidation de la paix, le rapprochement durable entre les leaders et les communautés d’origine constitue un lien stratégique pour renforcer la citoyenneté responsable, prévenir les conflits, améliorer la gouvernance locale et promouvoir le développement communautaire inclusif.
Renforcer un rapprochement structuré
L’organisation NIMD à travers le projet AHEAD (Action for a Holistic Electoral Approach for Democracy) veut renforcer ce rapprochement structuré, durable et responsable entre les leaders et leurs communautés d’origine. Le fossé entre les élus ou les personnes nommées s’observe particulièrement dans des périodes hors élections. « Pendant les périodes électorales, il y a beaucoup de personnes qui courent au niveau des collines/quartiers pour collecter des voix auprès des électeurs. Une fois les voix collectées, il se manifeste un certain recul ».
En vue de rompre avec cet écart dans la commune Ntahangwa, NIMD a convié à l’atelier notamment les députés élus dans cette circonscription, les responsables de différentes structures au niveau des collines ou quartiers, des zones jusqu’au niveau communal. « L’objectif était de ramener ces personnalités à une réflexion profonde par rapport à leurs activités. Il faut voir si leurs réalisations répondent réellement aux besoins prioritaires de la population ».
Parmi les défis liés à une gouvernance inclusive et redevable ainsi qu’à la participation citoyenne, le Directeur Pays évoque en premier lieu la nouvelle délimitation de la commune devenue désormais plus vaste, englobant plusieurs collines et zones qui lui ont été rattachées dans le cadre de la nouvelle organisation administrative. Il précise toutefois que cette situation ne concerne pas que Ntahangwa, mais s’inscrit dans le cadre de la réforme de l’organisation administrative et territoriale à l’échelle nationale.
Et Ntanago de s’interroger : « Maintenant que nous avons une commune élargie qui englobe les milieux urbain et rural, est-ce que les élus et les représentants des différentes composantes de cette commune partagent réellement une vision commune face aux préoccupations de la population, et plus particulièrement celles des groupes vulnérables ? »
L’idée est aussi de voir par exemple si les plans communaux de développement communautaire (PCDC) répondent aux préoccupations de la population. Pour Dieudonné Ntanago, toutes les stratégies doivent être prises pour au moins ajuster au niveau des plans de travail et des budgets annuels (PTBA) et revenir en arrière demander aux différents groupes sociaux, économiques, les groupes vulnérables, les jeunes, les femmes, les personnes vivant avec un handicap, les Batwa, etc, et se rassurer que leurs besoins sont inclus dans ce que la communauté est en train de faire pour cette année. Et de rassurer encore : « A partir de cet atelier, certains problèmes seront réglés demain ou après-demain ».
La Commune de Ntahangwa a été choisie pour cette activité, non seulement suite à une requête officielle du conseil communal, mais également parce qu’il s’agit d’une commune qui a de bonnes œuvres et intention pour améliorer la situation socioéconomique de ses administrés.
Il a par ailleurs informé que les mêmes interventions sont en train d’être menées dans d’autres communes par NIMD, à travers les partenaires de mise en œuvre en l’occurrence l’institution de l’Ombudsman, l’Association des Communes du Burundi (ACO Burundi) et l’Observatoire de l’Action Gouvernementale (OAG).
La présidente du Conseil Communal de Ntahangwa, Madame Annonciate Harerimana confirme de son côté l’impérieuse nécessité de telles initiatives. Pour elle, la nouvelle structuration administrative a fait que la commune s’étende vers l’ancienne commune de Mutimbuzi, une partie d’Isale et une autre encore de l’ancienne commune Ntahangwa de l’ancienne mairie de Bujumbura. Elle explique que l’enjeu est cette fois d’initier une gouvernance centrée sur un leadership de proximité entre les élus et la population électrice issue d’horizons différents.
Tout leader doit rendre compte
Dans son exposé, elle a affirmé que la législation burundaise actuelle confère au conseil communal la responsabilité d’orienter, de superviser et de contrôler toutes les activités de la commune. Annonciate Harerimana précise qu’une gouvernance locale effective se fonde sur trois principes essentiels : « Servir la population, rendre compte et favoriser le dialogue entre différents acteurs ».
Rendre compte, c’est aussi le mot sur lequel est revenu le conférencier du jour, l’Abbé Dieudonné Niyibizi quand il parle de responsabilités-clés qui doivent caractériser tout leader dans une communauté. Le leader doit rendre compte de ses actes et accepter le contrôle, être intègre, respecter la loi et la constitution. Il doit aussi écouter la population, tenir ses engagements, placer l’intérêt général avant l’intérêt personnel ou partisan, accepter l’alternance et le verdict des urnes. Pour lui encore, être leader est un honneur, une dignité qu’il faut préserver en rendant un service digne à la population.
Le directeur chargé des processus électoraux, Monsieur Célestin Nsabimana qui a officiellement ouvert et clôturé les travaux de l’atelier au nom du ministère ayant l’intérieur dans ses attributions, a affirmé que la rencontre s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la vision Burundi, pays émergent en 2040 et Pays développé en 2060. Selon lui, l’atteinte de ces ambitions repose sur une gouvernance de proximité efficace, un leadership responsable, une participation citoyenne active et une redevabilité. « Le développement que nous visons commence au niveau local, à travers des communautés engagées et des leaders proches de leurs bases », dit-il.
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