« Nous avons rapatrié plus de 21 300 personnes aujourd’hui, plus précisément 21 363. Et ce jeudi, un convoi d’à peu près 1100 personnes va partir. Il est fait en grande partie des gens de Busuma mais aussi à peu près 258 personnes du site de transit de Cishemere », a-t-il précisé.
Ainsi, il a indiqué qu’à Busuma, il y a actuellement un peu plus de 33 000 personnes qui ont toujours besoin d’être assistées. « Nous avons justement organisé cette mission avec l’intention d’amener la mission à interagir avec les partenaires ici sur le site, avec les réfugiés premiers concernés, mais aussi avec l’administration locale ».
Selon lui, en termes d’assistance, quelques avancées sont là mais les défis restent nombreux. Il a souligné, par exemple, qu’à peu près 10% de la population n’a pas d’abri. « Et même les abris qui existent, ce sont pour la plupart des abris qui ne sont pas durables. Et avec les alertes El Niño que nous avons, nous devons y prêter une grande attention ».
Il y a aussi, selon lui, un problème d’assainissement dans le site. « C’est un gros problème sur le site. Et avec tous les ravins qui se creusent et qui risquent de s’étendre avec la période des pluies, c’est un gros risque. » Des problèmes de distribution d’eau potable, des toilettes, d’assistance alimentaire, … persistent encore selon M. Chubaka.

Les réfugiés décrivent une situation catastrophique
« L’assistance n’est plus un complément, elle est un besoin ressenti, réel et urgent pour notre survie », a déclaré Pasteur Toussaint Hussein, représentant des réfugiés, en s’adressant aux différentes délégations présentes. `
Et d’égrener une liste des défis auxquels ils font face. « Les tentes sont usées, trouées, détruites par le vent et la pluie. Des familles dorment à ciel ouvert. Les nattes sont déchirées, les ustensiles de cuisine épuisés. Nous n’avons plus rien pour nous couvrir ».
Comme cela ne suffisait pas comme calvaire, des pluies mêlées de vents violents ont détruit une soixantaine de tentes, selon ce représentant des réfugiés. En ce qui est l’eau, hygiène et assainissement, il a signalé que les latrines sont pleines et débordent. « Les routes internes sont dévastées et impraticables. Ce qui bloque l’accès aux secours. Ce qui est un risque majeur d’épidémie de choléra ».
Côté soins de santé, M. Hussein a révélé que les centres de santé n’ont pas d’appareils de dépistage, de laboratoire ou d’échographie. « Les produits et médicaments sont insuffisants. Il n’y a pas d’ambulance pour évacuer les cas urgents, les femmes qui accouchent, les enfants en détresse. Mourir faute de transport est devenu notre peur quotidienne ».
L’aide alimentaire manque aussi cruellement. D’après lui, la ration alimentaire mensuelle et individuelle est largement en dessous de la moyenne. « 38000 francs Burundais par mois et par personne, alors que le prix dans le marché est exorbitant. Pas de bois de chauffage. Le charbon est insuffisant au marché et ce qui est rare est cher. Un enfant ne peut pas étudier, une mère ne peut pas allaiter avec une telle ration. C’est la faim qui s’installe durablement à Busuma ».
Un appel à l’aide
« Busuma n’est pas un camp qui se vide, c’est un camp qui souffre. Nous sommes plus de 30.000 personnes qui avons choisi de croire encore en l’humanité », a-t-il lancé. Selon lui, la visite de ce mercredi a rallumé en eux l’espoir. « Ne nous laissez pas retomber dans l’oubli. L’aide que vous apporterez à travers vos partenaires ne sera pas une dépense, ce sera un investissement pour la vie, pour la stabilité de la région et pour la dignité humaine ».
Il a ainsi souligné que tout le monde ne va pas rentrer au pays. « Mais, tous ont le droit équitable à la dignité. Nous ne demandons pas la charité, nous demandons les moyens de survivre dignement en attendant la paix ».
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