Le rideau s’est levé samedi, au Stade Intwari . Et déjà, le ton fut donné. Never Give Up AC, malgré son patronyme qui est une profession de foi, a rendu les armes face à la rigueur de Musongati FC. 0-2. Une défaite sèche, sans fioriture, qui rappelle que la volonté, parfois, ne suffit pas contre l’organisation.
Au même moment, au Stade NPPC , c’est l’orgueil qui parlait. Aigle Noir CS, dans son aire, a fait plier Ngozi City sur le plus infime des écarts : 2-1.
Dans un duel de haute voltige, Aigle Noir CS s’est imposé au terme d’un combat de serres et de griffes.
Mais le véritable séisme a eu lieu au Stade Urunani . Là, Rukinzo FC n’a pas joué, il a châtié. 7-0. Sept. Un chiffre qui n’est plus un score, mais une sentence. Face à lui, Young Star FC n’était plus une équipe, mais une constellation éteinte, balayée par un ouragan bleu et blanc. Ce ne fut pas une victoire, ce fut une démonstration de force tellurique, un rappel brutal que Rukinzo n’est pas venu participer, mais régner.
Sur ce même gazon d’Urunani, quelques heures plus tard, l’atmosphère fut toute autre. Muzinga FC et Olympic Star se sont quittés dos à dos, 1-1. Un partage des points qui a le goût amer de l’inachevé pour les deux camps. Un duel d’équilibristes où nul n’a voulu chuter.
Dimanche, le vent a tourné vers le nord.
A Gatwaro, Kayanza United et Inter Star se sont neutralisés, 1-1. Un face-à-face de sourds où chacun a cru tenir la victoire avant de la voir s’évanouir.
A Urukundo, en revanche, un seul homme, une seule équipe a su forcer le destin. Messager Ngozi, d’un but aussi précieux que solitaire, a fait plier Panthère Noir FC, 1-0. Une victoire d’orfèvre, acquise au forceps, qui prouve que dans ce championnat, le plus petit interstice suffit à faire basculer un empire.
Puis, de nouveau à Urunani, le choc des titans a accouché d’une souris pour Bumamuru. Le géant s’est incliné, 0-1, face à un Flambeau du Centre incandescent. Flambeau est venu, a vu, et a éteint la lumière de Bumamuru. Froidement.
Et enfin, vint l’heure du crépuscule . Le match que tout le pays attendait. A Intwari, l’affiche : Vision FC contre Vital’O FC. Le football moderne contre l’institution sacrée.
Ce qui devait être un sommet fut un naufrage.
Vision n’a pas battu Vital’O, il l’a destitué. 5-0. Cinq buts comme cinq coups de massue sur la tête d’un colosse aux pieds d’argile. Dès les premières minutes, Vital’O a sombré, corps et biens, sous les vagues d’une équipe de Vision habitée, inspirée, impitoyable. Ce n’était plus un match, c’était une leçon d’anatomie : comment démembrer, pièce par pièce, une légende.
Jamais Intwari n’avait paru si silencieux devant un tel fracas.
Au terme de ce cinquième acte, une certitude s’impose : cette Primus Ligue 2026-2027 ne sera pas une simple compétition. Ce sera une épopée . Et cette cinquième journée en restera, à jamais, comme l’un de ses chapitres les plus cruels et les plus beaux.
Patrick Sota
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