Car, le football, à l’instar de l’existence, répugne aux trajectoires rectilignes. Il s’écrit par chapitres, et le plus exaltant reste à consigner.
Le diptyque du destin. Novembre 2026
Novembre sera le mois de la braise et de l’embrasement. Une double confrontation face à la Zambie, rivale directe, qui nous précède d’une courte encolure au classement.
Deux joutes, en un aller-retour échevelé en l’espace d’une semaine. Six points mis en balance. Six points d’une valeur inestimable. Il ne s’agit plus d’une simple et double confrontation, mais d’une double ordalie, d’une double finale. C’est là, face aux Chipolopolos, que les Hirondelles devront révéler l’étoffe des grands, convoquer ce surcroît d’âme et cette rigueur disciplinaire qui firent leur grandeur contre l’Algérie.
Quatre points, au minimum, seront impératifs pour revenir à hauteur et renverser la table. Dans le meilleur des cas, engranger six points pour prendre de sérieuses options pour la qualification.
Les épousailles d’Intwari
S’ensuivra une trêve de quelques lunes. Le temps de la décantation, de la maturation, de l’élévation.
Puis le destin nous reconduira au bercail. Pour le compte de la cinquième journée, le Burundi retrouvera son sanctuaire, sa clameur, son peuple. Intwari, incandescent, accueillera le Togo pour la manche retour. Nul n’a oublié la meurtrissure de Lomé, cette entame manquée qui laissa les barundi exsangues. L’heure de la réparation aura sonné. Devant leurs collines millénaires, au son de leurs tambours sacrés, la victoire ne sera point une alternative, mais un impératif catégorique, une exigence viscérale.
L’Odyssée finale
Enfin, l’ultime épopée. La sixième et dernière journée. Un périple vers l’antre de l’ogre. Alger, dans son immensité, accueillera le Burundi. L’Algérie, peut-être déjà parée de sa qualification, ou encore en quête de son hégémonie.
Les Hirondelles s’y rendront en pèlerines conquérantes, sans rien à perdre. À l’image de ce jour de 1992 où, au Stade Prince Louis Rwagasore devenu Intwari, les hommes de Baudouin Ribakare, avec une formation B, façonnée dans la discipline et sublimée par l’abnégation, terrassèrent le Ghana, épouvantail du continent.
Le couperet du règlement est d’une limpidité implacable : seuls les deux premiers de chaque groupe obtiendront leur sésame pour la terre promise. Elle est à portée de nos regards. La CAN 2027. Elle se jouera aux portes du Burundi, chez les ougandais, tanzaniens, et kényans. Une CAN de l’Est qui palpite au rythme d’Ingoma . Le sacré tambour royal.
Pour s’y convier, le Burundi ne saurait plus s’adonner aux arguties comptables. Il lui faudra s’ériger en ce qu’il fut l’espace d’une mi-temps face à l’Algérie : intrépide, insolent, inébranlable.
Quatre journées nous séparent du songe. Quatre marches vers l’éternité.
Patrick Sota
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