La leçon de l’Histoire
D’une voix où perçait à la fois la meurtrissure et la foi, il a balayé d’un revers les oracles de malheur. Pour ce faire, il a convoqué l’Histoire, la grande, celle qui fait taire les ergoteurs.
« Le Paris Saint-Germain en 2025, par où est-il passé pour soulever la coupe aux grandes oreilles ? Par les barrages ! L’Albiceleste d’Argentine en 2022, n’a-t-elle pas chuté d’entrée face à l’Arabie Saoudite, pour finir par étreindre le trophée suprême ? Alors pourquoi n’attendez-vous pas le verdict final pour juger si nous irons à la CAN ou non ? » a martelé Sangwa.
La sentence est tombée, cinglante et lumineuse. Non, une défaite ne saurait être une condamnation à mort. Le chemin vers la gloire n’est jamais une ligne droite, c’est un sentier escarpé, fait de chutes et de résurrections.
Le mépris souverain des critiques
Face aux critiques qui bruissent dans les bistrots et s’enflamment sur les réseaux, Sangwa n’a eu qu’un mot, d’une dignité souveraine :
« Que ceux qui parlent pour détruire poursuivent leurs visées macabres. Ce n’est rien. Qu’on leur confie une équipe, qu’on leur demande de soulever une coupe, et alors nous verrons l’étendue de leur génie. »
Le pacte du Stade Intwari
Puis, le regard tourné vers l’ogre algérien, le technicien s’est fait plus grave, plus chirurgical.
« Le match de demain contre l’Algérie, mes hommes l’ont préparé avec une abnégation totale. Si nous caressons encore le rêve de la CAN 2027, nous ne pouvons pas nous permettre de balbutier notre football comme face au Togo. J’ai montré à mes joueurs le miroir de nos manquements, chaque faille, chaque hésitation, pour que demain nous puissions nous corriger, nous sublimer » a souligné le sélectionneur du Burundi.
Et c’est alors qu’il a invoqué le fantôme tutélaire. Ici même, sur cette pelouse sacrée du Stade Intwari, où l’herbe semble encore se souvenir. En 1992, un certain Ribakare Baudouin et ses frères d’armes y avaient terrassé le Ghana, pourtant annoncé invincible. Sangwa le sait, ce gazon est béni. Il porte en ses entrailles la mémoire des impossibles devenus possibles.
« En football, rien n’est jamais écrit d’avance. Certes, l’Algérie est une armada magnifique, je l’ai admirée à la CAN et à la Coupe du Monde. Mais, nous tenterons de jouer avec nos tripes et notre cœur, car la route vers la CAN 2027 demeure grandement ouverte. »
L’appel à la nation
Enfin, l’homme a déposé les armes du tacticien pour revêtir celles du patriote. Sa dernière phrase n’était pas un propos d’entraîneur, mais une supplication, un appel à l’union sacrée.
« Ce que je demande au peuple burundais, ce n’est pas un exploit, c’est une présence. Venez nombreux, venez faire trembler les travées d’Intwari. Car, si nous allons à cette CAN, la joie ne sera pas la propriété exclusive de Sangwa Patrick. Les quatre points cardinaux du pays vibreront au rythme de ce succès retentissant.
Soyons ensemble . Et alors, tout devient possible. »
Par Patrick Sota
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