La création d’emplois pour les jeunes figure parmi les principaux défis auxquels sont confrontées les communes. Pour encourager les autorités communales à investir dans des projets susceptibles de générer des emplois en fonction des opportunités locales, une conférence-débat a été animée dans la commune Gitega, en province de Gitega.
Organisée par une synergie de dix-huit médias, en collaboration avec l’ONG Benevolencija et avec l’appui de l’Union européenne, cette rencontre avait pour thème : « Planification des projets communaux créateurs d’emplois pour les jeunes ». Elle s’inscrit dans le cadre d’un projet visant à renforcer les médias afin de mieux informer les citoyens et de contribuer à des choix électoraux éclairés.
À Kiganda, l’entrepreneuriat comme alternative
Pour Diane Irakoze, administratrice de la commune Kiganda, la question du chômage commence progressivement à trouver des réponses. Elle estime que les mentalités évoluent et que de plus en plus de personnes comprennent qu’elles peuvent créer leurs propres emplois à travers différentes activités.
« Les gens commencent à comprendre que la pauvreté dépend aussi de l’état d’esprit », explique-t-elle. Selon elle, même certaines personnes ayant terminé leurs études choisissent aujourd’hui de ne plus attendre un emploi dans la Fonction publique. Elles préfèrent se lancer dans leurs propres activités et cherchent ainsi à améliorer leurs conditions de vie.
Les jeunes s’intéressent également davantage à l’entrepreneuriat. Ils créent leurs propres activités et tentent de construire progressivement leur autonomie économique.
La commune accompagne cette dynamique à travers des séances de sensibilisation et un appui dans l’élaboration des projets. Des organisations interviennent également auprès des porteurs de projets, notamment pour les aider à accéder à des financements à travers, entre autres, le PAEJ.
Agriculture, élevage et transformation
Selon Melchiade Ciza, administrateur de la commune Buganda, plusieurs projets sont en cours dans sa commune. L’agriculture et l’élevage constituent les principales activités économiques. Mais, d’autres initiatives sont également en développement.
« Les investisseurs sont les bienvenus dans notre commune. Nous n’allons pas attendre uniquement les financements provenant du budget. Nous sommes sur le terrain et nous avons déjà commencé à mettre en œuvre certains projets. Lorsque les financements arriveront, ils nous trouveront déjà en pleine réalisation des travaux. »
La construction d’un centre artisanal constitue le premier projet en cours de préparation. « Il devrait permettre de créer des emplois durables au profit des personnes qui n’en ont pas. Les jeunes qui ont terminé l’école et qui n’ont pas de boulot vont être engagés et avoir un emploi durable. »
Les femmes et les jeunes filles participent également à ces activités. Elles contribuent ainsi aux initiatives locales de développement.
Des projets qui doivent répondre aux besoins locaux

Malgré ces initiatives, certains observateurs estiment que les projets communaux ne répondent pas toujours suffisamment aux besoins des populations.
Arthémon Muntunutwiwe, secrétaire de l’Olucome trouve que la commune peut malheureusement élaborer des projets sans avoir préalablement réalisé une étude approfondie des besoins de la population et des potentialités du milieu. Une situation qui, selon lui, limite la capacité de ces projets à créer des emplois durables.
Selon lui, les communes disposent pourtant d’autres possibilités pour créer des emplois durables. Il cite notamment la réalisation d’infrastructures à caractère économique comme les hôtels.
« Un tel investissement pourrait permettre de créer des emplois pour les jeunes, générer des recettes fiscales pour l’Office burundais des recettes (OBR) et procurer des revenus à la commune. Le développement des communes pourrait ainsi contribuer à réduire le chômage au niveau local. »
Cette préoccupation est également exprimée par des jeunes de la commune Gitega ayant terminé leurs études mais qui ne disposent pas d’un emploi stable. Malgré les activités qu’ils entreprennent pour subvenir à leurs besoins, ils restent confrontés à la précarité.
Ils estiment que les projets durables capables de créer un nombre important d’emplois restent insuffisants dans la commune. Ils souhaitent être davantage consultés sur les projets initiés par les autorités communales et être informés de leur mise en œuvre.
Réaction
Fortuné Bigirindavyi : « Cet argent est destiné aux communes et doit être versé par tranches tous les trois mois selon un calendrier établi »
Le directeur général du Fonds national chargé de la promotion des communes (Fonic) fait savoir que les 944 milliards de BIF sont destinés aux communes et doivent être versés en plusieurs tranches, tous les trois mois, selon un calendrier établi. « Il est prévu quatre tranches. Toutefois, la première tranche n’a pas encore été débloquée. » Selon cette source, cette situation s’explique notamment par les tâches préparatoires qui devaient être réalisées au début du processus, notamment la désignation des responsables.
Il rassure que le retard dans le décaissement de cette première tranche ne signifie pas que les fonds ne seront pas versés. Les activités initialement prévues pour cette tranche pourront être réalisées au cours de la deuxième tranche sans que cela perturbe le calendrier global des activités.
« L’argent n’est pas directement attribué par le Fonic. Il est d’abord prévu dans les plans de travail et budgets annuels (PTBA) des différents départements communaux. Par exemple, le département de la Justice peut inscrire dans son PTBA la construction d’un tribunal de grande instance à un endroit donné. De même, le secteur de la Santé peut prévoir la construction ou la réhabilitation d’un centre de santé. »
Avant de débloquer les fonds, le projet doit d’abord être évalué et minutieusement étudié afin de s’assurer de sa pertinence et de sa faisabilité. « Il faut notamment vérifier que le projet est réel, bien défini et que les ressources demandées correspondent aux activités prévues. L’utilisation des fonds doit donc rester conforme à la destination initialement prévue. »
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