Le feu togolais, puis ce coup de tonnerre
Le début fut un orage. Pas de round d’observation. Les Éperviers sont sortis de leur aire en piqué.
Dès la 5e minute, Koudossou Henri s’échappe à droite. Un débordement magnifique, un centre qui fend l’air, mais trop fuyant. Personne au bout. Trois minutes plus tard, Komlavi Arnaud remet ça. Centre fort, rasant, dans le dos de la défense burundaise. Encore une fois, le vide.
On se dit alors que ce Togo-là manque d’un renard des surfaces. Denkey et Zuberu se cherchent, se marchent un peu dessus. Ça ne combine pas. Et puis, la solution est venue. Il ne pouvait en être autrement. Le pressing était haut !
Karim Dermane . Le garçon de Troyes en France. On le connait pour son sens de la conservation, c’est lui qui fait remonter le bloc. Mais il a dans le pied une autre vérité. Une frappe.
Le Burundi est acculé, regroupé très bas. Le ballon traîne à vingt-cinq mètres. Dermane ne réfléchit pas. Il arme. Une frappe au ras du sol, lourde, rageuse, qui rase l’herbe et vient mourir dans les filets. 17e minute. 1-0. Tout Kégué explose. C’est mérité. Temps fort payé !
Le sursaut des Hirondelles
On a cru que tout allait s’effondrer. Mais non. C’est après ce but que les Hirondelles ont commencé à redevenir elles-mêmes.
Le Togo baisse un peu le pied, grisé par son avance. Et Yussuf et les siens prennent le jeu à leur compte. A la 34e, enfin, l’éclair. Girumugisha Jean-Claude se met sur son pied gauche et déclenche une frappe croisée, soudaine, vicieuse. Elle prenait le chemin du but. Mais en face, il y avait ce diable de Malcolm Barcola . Une main ferme, un réflexe de chat. L’égalisation est » volée ! »
Juste avant la pause, le Togo aurait même pu tuer le match. Komlavi se présente seul face à Jonathan Nahimana. Face à face. Le Stade de Kégué retient son souffle. Jonathan effleure le cuir du bout des doigts. Corner. Les Hirondelles rentrent aux vestiaires menées d’un but, mais toujours vivantes.
Des burundais plus entreprenants en deuxième mi-temps
Au retour, ce sont les burundais qui mettent le pied sur l’accélérateur. On sent qu’ils n’ont plus le choix. Et à la 51e, le coeur de tout un peuple s’arrête. Mokono Elie Eldhino . Il arme, il frappe. Barcola est battu, archi battu. Le ballon s’écrase sur la barre transversale. Le métal qui résonne comme une injustice.
Barcola encore. Toujours lui. A la 68e, Girumugisha remet ça. Une enroulée magnifique qui filait en pleine lucarne. Le portier togolais s’envole et sort une parade qui vaut un but. Quel arrêt réflexe !
Le Togo n’aura qu’une vraie occasion en seconde période, à la 78e, par Samsindin Ouro à bout portant, mais Jonathan veille.
Les dernières minutes sont une bataille. Nos Hirondelles se jettent, bec et ongles, pour arracher ce point qui aurait eu le goût d’une victoire. Le pressing est fou, désespéré, beau. Mais la finition, hélas, reste lacunaire. Pas moyen de trouver le chemin des filets.
Épilogue
Alors oui, c’est une défaite. 1-0 à Kégué. Une mauvaise entame, il ne faut pas se mentir.
Mais que personne ne baisse les bras. Ce n’est pas une fin. C’est une entame âpre, comme le sont toutes les luttes qui valent la peine.
Mardi, le 29 septembre, il faudra escalader une montagne dont les versants sont abrupts. L’altitude épuisante. L’Algérie . Un mastodonte. Une terreur. Au Stade Intwari. Ce sera hyper difficile, une mission ardue, presque impossible.
Mais avec son public, avec ce peuple qui ne sait pas renoncer, une Hirondelle ne meurt jamais au premier orage. Elle se jette dans la bataille. Jusqu’au bout.
Patrick Sota
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