Un coup de tonnerre d’entrée
À peine le coup d’envoi digéré, la sentence est tombée.
John Mokone s’arrache sur le côté gauche, lève la tête et délivre un centre en cloche, capricieux, traître. Dans la surface, Kyle Jurgens surgit. Le temps d’un battement de cils, sa reprise de volée fend l’air et vient se loger au fond.
0-1. L’avance infime du match aller se mue déjà en forteresse.
Durban City impose alors sa loi. Le cuir circule, le tempo est sien. À la 10ème, Samkelo Maseko tente une banderille lointaine qui frôle le cadre. Les Citizens règnent.
L’éclair, puis la blessure
Rukinzo finit par relever la tête. À la 18ème, Destin Maniriho décoche une frappe sèche. Frederick Asare répond présent, d’un réflexe de félin, et repousse en corner. Le portier sud-africain veille. Il sera le gardien du temple.
La 36ème minute offre le plus pur joyau du match. Jurgens, mué en orfèvre, glisse une passe en rupture, subtile, ciselée. Maseko la cueille d’une première touche, puis enroule une frappe somptueuse qui va mourir sous la transversale.
0-2. Un but de poète.
Mais la beauté a un prix. Quelques minutes plus tard, Maseko, touché, quitte la pelouse. Alou Doumbia entre, et avec lui l’amertume de voir un artisan s’éteindre avant l’heure.
Une seconde période de siège
Au retour des vestiaires, Rukinzo n’a plus rien à perdre et doit tout tenter. Asare s’emploie encore, claquant au-dessus un ballon lobé. À la 55ème, Maniriho perce le verrou mais bute sur sa propre précipitation. Le but se dérobe.
Les minutes s’étirent. La tension monte. Dans un ultime sursaut, à la 82ème, Maniriho, infatigable bourreau, reçoit un retrait tranchant côté gauche et décoche une frappe rageuse dans la lucarne.
1-2. Un frisson traverse le stade. L’espoir, chancelant, se rallume timidement.
Dans les arrêts de jeu, Lwamba a la balle du 1-3 au bout du pied, seul face au but. Le ciel retient son souffle. La frappe s’envole. Peu importe. Le verdict est déjà écrit.
Le coup de sifflet final scelle le sort de la rencontre : Durban City passe. Propre. Professionnel. Implacable.
Épilogue
Rukinzo quitte la scène.
Durban City, lui, poursuit son périple. Avec cette assurance tranquille des voyageurs qui connaissent le chemin. Et cette foi tenace de ceux qui veulent écrire leur nom un peu plus loin dans la légende de la Coupe de la Confédération.
À Bujumbura, en 32 secondes, tout a commencé. En 45 minutes, tout s’est accompli en défaveur de Rukinzo FC. Le 0-2 à la pause plantait déjà le décor d’une élimination implacable et précoce. Nul ne voyait les burundais remonter la pente escarpée de 0-3 (1-0, 0-2) au cours de la deuxième mi-temps. Il fallait inscrire 4 buts pour inverser la tendance. Et arracher une qualification miraculeuse.
Manifestement, les carottes semblaient déjà râpées.
Patrick Sota
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