Le football burundais s’est tu.
Non pas le fracas des stades, mais ce silence grave, celui qui suit la chute d’un chêne.
Thierry Nimubona n’est plus.
L’homme aux vestiaires traversés, aux bancs de touche usés par la passion, vient de tirer sa révérence. Olympic Star, Les Guêpiers du Lac, Vital’O, Buja City, Delta Star, Flambeau de l’Est… et jusque de l’autre côté de la frontière, à Mukura Victor Sports. Il n’a pas entraîné des clubs. Il a élevé des destins.
Figure tutélaire de nos pelouses cabossées, il avait cette manie des grands : parler peu, regarder beaucoup. Et dans ce regard, il voyait le talent caché du joueur qui passait inaperçu. Il taillait dans le brut, polissait les élans, redressait les égarés. Chaque équipe qu’il a effleurée en est ressortie plus droite.
Au-delà du technicien, il y avait le père. Le papa de Jospin Nshimirimana, ce milieu d’Inter Star qui court aujourd’hui avec une part de son héritage dans les crampons. Un héritage de rigueur, de discrétion, de feu intérieur.
Thierry s’en va sans tambour. Sans date d’adieu encore fixée. Comme il a vécu : dans la pudeur du travail bien fait.
Le championnat perd un de ses artisans. Le Burundi perd un éducateur. Nous perdons un nom qu’on murmurait avec respect dans les gradins.
La rédaction d’Iwacu compatit à la douleur de sa famille, de ses proches et de l’ensemble de la communauté sportive burundaise en ces moments d’immense affliction.
Repose en paix, Coach.
Patrick Sota
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