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La star burundaise Kidumu indigné par les violences perpétrées contre ses concitoyens à Nairobi

Après plusieurs cas rapportés de rackets et de brutalités dirigés contre les vendeurs ambulants burundais et d’autres exerçant de petits métiers dans la capitale kényane, le musicien burundais vivant au Kenya, Jean-Pierre Nimbona alias Kidumu, en tournée au Canada, se dit attristé par ces violences. Il y aurait déjà des morts.

« Les nouvelles qui me parviennent de Nairobi ne sont pas bonnes du tout. Qu’ont fait les Burundais et les Rwandais pour être traités de la sorte ? », s’insurge cette star burundaise établie au Kenya.

Il se demande si exercer de petits métiers est un crime. Il appelle l’ambassade du Burundi au Kenya à veiller à ce qu’aucun Burundais ne soit maltraité : « Pourriez-vous au moins défendre nos concitoyens, afin qu’ils puissent rentrer chez eux dans la paix et la dignité ».

Au moment où certains Burundais en situation irrégulière affluent vers l’ambassade du Burundi à Nairobi pour être en sécurité, ce musicien se dit prêt à contribuer pour leur rapatriement : « Je possède un minibus de 11 places et je suis prêt à le mettre à la disposition de quiconque pour ramener des gens chez eux ».

Il formule même une prière : « Ô Dieu, si je suis vraiment Ton serviteur, si j’ai aidé mon prochain avec mes moyens limités tout en acceptant les moqueries, aujourd’hui je Te demande une faveur ! Rends au Burundi sa gloire perdue ; je n’ai pas peur de le dire, je sais que cela peut me coûter la vie, mais qu’il en soit ainsi ».

Cette star appelle les Burundais à ne pas être tenté par la réciprocité en représailles : « Il ne faut pas toucher aux Kenyans vivant au Burundi. Ne commettez pas d’actes répréhensibles simplement parce que d’autres vous ont fait du mal. La vengeance n’est pas une solution. Il faut que la sécurité des Kenyans vivant au Burundi soit assurée. C’est une affaire politique à résoudre par des voies politiques. Même la Tanzanie ne doit pas s’en prendre aux Kenyans, laissons cette situation se régler par des voies appropriées », a-t-il appelé.

Signalons que le gouvernement kenyan s’inscrit en faux contre toute violence perpétrée contre les irréguliers et surtout les Burundais vivant dans ce pays. Selon le porte-parole du président kenyan, Charles Owino, le message du chef de l’Etat William Samoei Ruto livré le 2 septembre a été mal interprété.

Selon lui, ’’l’essentiel de son allocution était de permettre à certains étrangers vivant dans notre pays à régulariser leur situation afin qu’ils puissent bénéficier de tous ce que la loi leur accorde’’. « Le Kenya est un pays ouvert à tous mais qui tient au respect de la loi et qui est prêt à accueillir des citoyens de la Communauté est africaine ».

« Il y aurait déjà eu des morts » selon l’ONLCT

Le gouvernement kenyan a annoncé ce mardi 8 septembre que tous les Burundais en situation irrégulière exerçant de petits métiers au Kenya ont un délai de 3 mois pour régulariser leur situation auprès de leur ambassade.

Après ces 90 jours, la réglementation en rapport avec l’octroi de permis de travail sera strictement appliquée. « Cela leur permettra de vivre au Kenya de manière légale sans accrocs avec les forces de l’ordre », a tenu à préciser le porte-parole du président kenyan.

Selon l’association ONLCT, l’Observatoire national pour la lutte contre la criminalité transnationale, depuis les propos tenus le 18 juin 2026 par la députée kenyane Beatrice Elachi, élue dans la circonscription de Dagoretti Nord, incriminant les Burundais, leur situation s’est empirée.

Selon cet observatoire, plus de 70 ressortissants burundais seraient déjà tués, d’autres évalués à 234 auraient été arrêtés et détenus dans différents cachots. Cette députée s’en est prise aux Burundais, déclarant qu’ils prenaient des emplois dus aux Kenyans et qu’il fallait par conséquent les chasser.

Plusieurs personnalités kenyanes dont des musiciens commencent s’insurger et à s’inscrire en faux contre ces violences contre des ressortissants burundais irréguliers basés au Kenya exerçant de petits métiers pour survivre.

Bien-Aimé : « Que l’Afrique soit une terre d’accueil pour les Africains »

C’est l’exemple de la star kenyane, Bien-Aimé Baraza, un ancien du groupe Sauti Sol : « Aujourd’hui, c’est un Burundais au Kenya ; demain, ce sera un Kényan ailleurs. Une attaque contre une communauté est une menace pour la dignité de nous tous. Que l’Afrique soit une terre d’accueil pour tous les Africains ».

Lors des violences post-électorales en Tanzanie, ce musicien n’a pas hésité à multiplier des appels à la paix notamment à travers son tube rappelant une chanson culte du célèbre musicien burundais, Canjo Hamisi, Umugabo w’ukuri.

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