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Matériel scolaire : La flambée des prix met les parents à rude épreuve

À la veille de la rentrée scolaire 2026-2027, les prix du matériel scolaire connaissent une hausse significative sur les marchés. Cahiers, stylos, sacs à dos, uniformes et autres fournitures indispensables sont jugés de plus en plus coûteux par certains parents. Ils appellent les commerçants à éviter toute sorte de spéculation.

Comparativement à l’année dernière, les prix des fournitures scolaires ont fortement augmenté. « Cela va être difficile à gérer pour nous qui avons plusieurs élèves à équiper. Le prix des livres scolaires a également augmenté. On ne peut pas éviter de les acheter puisqu’ils sont obligatoires pour chaque élève », affirme Jean Minani, rencontré près de la galerie Plaza, au centre-ville de Bujumbura.

Il indique également qu’actuellement, certains vendeurs profitent de l’incendie de la galerie « Le Parisien » pour augmenter les prix. Plusieurs parents s’y rendaient pour acheter les cahiers à des prix d’approvisionnement.

Le cahier de 100 pages de bonne qualité, de la marque Buja-Ville, est désormais vendu à un prix variant entre 4 000 et 4 500 BIF, selon le lieu de vente, contre 3 000 BIF l’année dernière. À la librairie Saint-Paul, le même cahier est vendu à 6 000 BIF.

Le cahier de 60 pages de la marque Rukoko coûte actuellement 3 500 BIF, contre 2 000 BIF l’année précédente. Le prix du registre a augmenté de 17 000 à 20 000 BIF. La montée concerne également les uniformes scolaires. Pour un enfant de la première année, un uniforme coûte actuellement environ 30 000 BIF contre 18 000 BIF l’année dernière.

« L’incendie nous a fauchés »

Marthe Kwizera, habitante de la zone Musaga, est une mère de cinq enfants qui tenait un stand de vente de matériel scolaire dans les caves de la galerie Le Parisien. Elle témoigne n’avoir pu sauver aucun cahier lors de l’incendie alors que son stand en contenait plusieurs dizaines. Aujourd’hui, elle indique qu’elle sera obligée de se tourner vers d’autres points de vente pour acheter les fournitures scolaires nécessaires à ses enfants.

« Personne ne pensait que nos marchandises partiraient un jour en fumée. C’est pourquoi je n’avais pas pensé à mettre de côté les cahiers destinés à mes enfants. Je leur avais dit qu’ils les auraient quelques jours avant la rentrée scolaire. Mais, les accidents ne préviennent pas. Je me suis retrouvée sans aucune marchandise. »

Jean-Bosco Hatungimana témoigne n’avoir acheté que la moitié des fournitures scolaires nécessaires pour ses enfants à la suite de l’incendie des galeries Ndayizamba et Le Parisien. Père de six élèves à équiper pour cette rentrée scolaire, il indique qu’il avait l’habitude de se rendre dans les caves de ces galeries pour acheter les fournitures en gros, à des prix plus abordables.

« Cela me permettait de réduire les dépenses car, acheter directement en gros revient moins cher. Mais, cette année, avec l’incendie, la situation est devenue très difficile. Jusqu’à présent, je n’ai pu acheter qu’environ la moitié des fournitures nécessaires pour mes enfants. Les prix ont fortement augmenté et mon budget ne me permet pas de tout acheter en une seule fois auprès des commerçants détaillants. Je suis donc obligé d’attendre et de chercher d’autres moyens pour pouvoir compléter le reste avant la rentrée. »

Face à cette situation, les parents appellent les commerçants à faire preuve de responsabilité et à éviter d’exagérer les prix des fournitures scolaires, considérées comme des produits indispensables pour chaque élève, quel que soit le niveau de revenu de sa famille. Ils demandent également au gouvernement de prendre des mesures afin de venir en aide aux familles à faibles revenus et leur permettre d’équiper leurs enfants. La rentrée scolaire pourra alors se passer dans de meilleures conditions.

Une augmentation du prix d’approvisionnement

Interrogés sur la hausse des prix des fournitures scolaires, certains commerçants expliquent que celle-ci est principalement liée à l’augmentation des prix d’approvisionnement. Ils affirment qu’ils ne peuvent pas vendre à perte et qu’ils doivent intégrer, dans leurs prix de vente, les différentes dépenses engagées dans leurs activités.

« On ne peut pas vendre en perdant. Il faut ajouter une marge bénéficiaire ainsi que toutes les dépenses que nous avons engagées. À titre d’exemple, nous avons payé 150 000 BIF pour avoir une place dans le centre-ville. Toutes ces dépenses doivent être comptabilisées afin que nous puissions, nous aussi, réaliser des bénéfices », expliquent-ils. Selon ces vendeurs, la hausse des prix ne dépend donc pas uniquement de leur volonté, mais également des charges auxquelles ils sont confrontés.

Un contexte favorable à la spéculation

Jean-Noël Nkurunziza : « Le gouvernement doit prendre des mesures pour rendre le matériel scolaire accessible à tous, à des prix abordables »

Jean-Noël Nkurunziza, porte-parole de l’Association burundaise des consommateurs (Abuco) indique que, durant la période des préparatifs de la rentrée scolaire, une affluence accrue de produits scolaires est toujours observée sur les marchés. « Cette période constitue une opportunité même pour ceux qui ne sont pas des commerçants professionnels. »

Selon lui, cette situation favorise également la spéculation sur les prix. « Les prix sont rehaussés de telle manière que les parents se retrouvent au bout de leurs moyens. »

Dans ses recommandations, M. Nkurunziza appelle les véritables commerçants à éviter toute spéculation sur une marchandise aussi saisonnière et sensible que le matériel scolaire.

« Les véritables commerçants de matériel scolaire devraient tout faire pour protéger leur marché, car il n’y a pas de concurrence saine dans la situation actuelle où des commerçants occasionnels se lancent dans ce secteur. »

Il appelle enfin le gouvernement à prendre des mesures afin de rendre le matériel scolaire accessible à tous, à des prix abordables, étant donné qu’il s’agit de produits indispensables, quel que soit le niveau de revenu des consommateurs.

« Les commerçants de matériel scolaire pourraient, par exemple, bénéficier de certains avantages afin de limiter la hausse des prix. Les établissements scolaires pourraient également acheter ce matériel en gros et le distribuer aux élèves à des prix plus abordables. »

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