Notre journaliste Jean Bigirimana porté disparu depuis 3689 jours. Nous ne l'oublions pas.

LIGUE 1 : QUAND LE BRASSARD DE NICE ÉCHUT À L’ENFANT DU BURUNDI

Il est des soirs où le football cesse d’être un simple jeu pour devenir allégorie. Il est des nuls qui n’effacent rien, et des brassards qui valent tous les trophées. Dimanche, aux confins du Morbihan, l’OGC Nice a inauguré son exercice en Ligue 1 par une stérilité obstinée : 0-0 face à Lorient. Un score pâle. Mais dans la pénombre de ce résultat, une lumière a jailli pour le Burundi.

L’étoffe d’un roc : 90 minutes de granit
Dans l’axe de la défense niçoise, Yussuf Ndayishimiye, pièce maîtresse des Hirondelles , a tenu.
Tenu comme les remparts tiennent aux assauts. Impavide, chirurgical dans l’anticipation, souverain dans le duel. De la première à la dernière seconde, l’enfant du Burundi a incarné la constance, cette vertu cardinale des géants.

Chaque interception fut un serment. Chaque relance, une promesse.

À la 80ᵉ minute, l’Histoire a chuchoté
Alors que la rencontre s’étiolait, Jonathan Clauss, capitaine et vigie des Aiglons, a regagné le banc.
Et dans un geste d’une gravité presque sacramentelle, il a ceint le bras de Yussuf Ndayishimiye du brassard niçois.

En cet instant fugace et éternel, le Burundi a gouverné Nice.
L’enfant du Burundi, debout au centre du pré, a porté l’autorité d’un club centenaire, sous les feux de la Ligue 1. Le brassard n’était plus un simple tissu : c’était une couronne d’exigence, de responsabilité, de fierté.

Un aigle sans serres
Mais que la gloire individuelle n’occulte pas le malaise collectif.
Nice souffre d’une disette. D’une stérilité qui la ronge depuis la pré-saison. Privés de finisseurs, les Aiglons tournent, construisent, dominent par éclats… et achoppent devant le dernier geste. Contre Lorient, comme hier en amical, le réalisme a fait défaut. L’ogre a la stature, mais il lui manque les crocs.

Épilogue : Le Burundi dans le regard de la France
Au-delà des trois points égarés, retenons cette image :
Celle d’un Burundais, impassible, le brassard à l’épaule, dirigeant la phalange niçoise.
Celle d’un drapeau invisible mais présent, hissé par le seul magnétisme de l’exemple.

Bravo Yussuf Ndayishimiye.
Ce soir, tu n’as pas seulement dirigé onze hommes.
Tu as porté le Burundi dans le regard du monde.

Par Patrick Sota

Forum des lecteurs d'Iwacu

0 commentaires
Aucun commentaire pour le moment.

Charte des utilisateurs des forums d'Iwacu

Merci de prendre connaissance de nos règles d’usage avant de publier un commentaire.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Tout propos incitant à la haine, à la violence ou à la discrimination est strictement interdit.

Iwacu se réserve le droit de supprimer tout commentaire non conforme à la charte.

Ajouter un commentaire

MENU