Au stade Urunani, Vital’O Football Club a renoué avec son verbe de conquérant.
Mené, bousculé, puis maître absolu, le club Mauve et Blanc s’est imposé 2-1 face à Ngozi City, dans un scénario digne des grandes tragédies grecques.
UN PREMIER ACTE MUET
Rideau levé sur un silence. 0-0 à la pause.
Pendant 45 minutes, les deux armées se sont observées, sondées, respectées.
Aucun but, mais déjà le fracas des ambitions qui s’entrechoquaient dans l’arène d’Urunani.
LA FUREUR DE LA REPRISE
La reprise embrasa la rencontre.
Ngozi City, opportuniste, décocha le premier trait : 1-0. Un coup de poignard précoce.
Mais Vital’O n’est pas de ceux qui baissent la tête. Sans plus tarder, la réponse fut cinglante. Égalisation immédiate. 1-1. Le stade exulta, le doute changea de camp.
LA MAINSISE MAUVE ET BLANCHE
Et c’est là que les Mauves et Blancs prirent possession des lieux.
Ils posèrent enfin le pied sur le cuir, dictèrent la cadence, étouffèrent l’adversaire par la maîtrise.
Domination féconde, non stérile. Car à force de buriner le roc, ils finirent par trouver la faille : 2-1. Le score en resta là.
SAÏDO, LE MAESTRO INTEMPOREL
Et au centre de cette symphonie, un chef d’orchestre : Saïdo Ntibazonkiza.
À 39 ans, le capitaine emblématique dirigeait les débats de main de maître.
C’est lui qui insufflait le tempo, lui dont les deux éclairs décisifs ont embrasé la seconde période.
Meneur de jeu irréprochable, lucidité insolente, technique toujours ciselée.
L’âge n’a rien ôté à sa grandeur. Il l’a bonifiée.
PLUS QU’UNE VICTOIRE, UN RAPPEL
Ce soir à Buganda, Vital’O Football Club n’a pas seulement gagné trois points.
Il a rappelé qui il est.
GARDER LA MESURE : LE MARATHON NE FAIT QUE COMMENCER
Pourtant, il serait périlleux de céder aux sirènes du triomphalisme précoce.
Cette victoire, aussi éclatante soit-elle, n’est que le deuxième jalon d’un périple qui s’annonce long et tortueux.
Le championnat est encore à ses prémices. Nous n’en sommes qu’à la deuxième journée, soit deux rencontres disputées sur les 30 qui attendent chaque prétendant.
Rien n’est joué, rien n’est acquis. L’ivresse d’un soir ne saurait masquer l’exigence d’un marathon.
LE POIDS D’UN NOM, L’EXIGENCE D’UNE LÉGENDE
Car Vital’O n’est pas un club comme les autres.
Par son nom qui résonne, par son histoire chamarrée de titres, par son palmarès national et international,
par le prestige qui l’enveloppe et par la ferveur de ses innombrables supporters disséminés aux quatre coins du pays,
le club Mauve et Blanc porte un fardeau et un honneur : celui de l’excellence.
Il n’a pas droit à l’erreur, ni au relâchement, ni à la suffisance.
L’HEURE DE LA CONSTANCE
À Vital’O désormais de transformer cet élan en constance, cette étincelle en brasier.
Il lui appartient de tisser, journée après journée, un championnat empreint de rigueur, de succès et de grandeur.
Le peuple mauve attend. L’histoire regarde. Et le géant vient seulement de se réveiller.
Patrick Sota
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