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Intwari, le jour où la charité revêtit l’or du stade

Ce samedi 20 juin 2026, le Stade Intwari dévêtit son armure de béton pour revêtir la soie d’un songe. Il devint cathédrale. Cathédrale éphémère où la charité, en chasuble de lumière, officia. À l’initiative de deux apôtres du ballon rond, Yussuf Ndayishimiye et Saïdo Ntibazonkiza, l’enceinte s’emplit d’un frisson sacré. Chaque clameur du public tombait comme une offrande, chaque passe tissait la trame d’une communion.

L’allure de la fête s’ennoblit encore par la présence des sommités du football burundais. Le Général de Brigade de Police Alexandre Muyenge, Président de la Fédération de Football du Burundi , y tenait la place d’un patriarche bienveillant. À ses côtés, Arcade Nimubona, premier vice-président , veillait tel un grand prêtre du jeu. Présidents de clubs, membres du Comité Exécutif, invités d’exception : tous formaient un parterre de dignité, témoin qu’au-delà du spectacle, c’était l’âme du pays qui se rassemblait.

Puis vint l’instant suspendu. Le coup d’envoi. Deux mains, deux symboles, une seule intention. Celle du Général de Brigade de Police Muyenge, gardien de l’ordre et de l’unité, et celle de Largie Ramazani , enfant prodigue revenu de Valence CF avec des étoiles plein les crampons. Le cuir roula, et avec lui roula l’histoire : un pont de soie jeté entre l’Ibérique et les collines de Bujumbura, entre la gloire qui rayonne et les racines qui nourrissent.

Et le jeu s’éleva. Ô que le jeu fut beau ! Les gestes se firent poèmes, les feintes, madrigaux. Les crampons mordaient la pelouse comme des plumes sur parchemin, et chaque but était un vers qui s’achevait dans le frisson des filets. Au terme de cette joute magnifique, la Team Yussuf s’adjugea la victoire, 2 buts à 1. Score de papier. Car la véritable conquête, ce jour-là, fut celle des cœurs.

Car Intwari vit l’impossible : ses constellations réunies. Les astres qui brillent sous les cieux d’Europe, et les soleils du championnat national, redescendus un temps de leur firmament de vacances. Pour 90 minutes d’éternité, ils ne firent plus qu’un seul astre, unique et ardent : le Burundi. Et le peuple, aux lèvres entrouvertes, comprit que le plus beau trophée ne se soulève pas. Il se partage.

Et quand tomba la nuit sur Intwari en liesse,
Le Burundi comprit que son or était sa jeunesse.

Patrick Sota

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