Prosper Minani est un jeune homme de 35 ans qui habite le quartier dit « Chinois ». Il raconte qu’il exerce de petites activités génératrices de revenus.
Cependant, ces activités restent insuffisantes pour assurer une véritable survie. « Je peux passer toute une journée dans ces rues et rentrer les mains vides. »
Il souligne également que le chômage touche une grande partie des jeunes, malgré leur volonté de concevoir des projets. Le principal obstacle reste le manque de capital. « Avec un petit capital, je pourrais me lancer dans le commerce ».
A.M., un jeune du même quartier, partage le même constat. Selon lui, les promesses faites par les autorités concernant les projets de développement destinés aux jeunes ne se sont toujours pas concrétisées. Il explique que les jeunes exercent de petites activités en attendant de nouvelles opportunités.
Il fait savoir qu’il n’a pas d’information sur certains programmes destinés à appuyer les jeunes notamment le PAEEJ.
« J’ai déjà entendu parler du PAEEJ. Mais, je n’ai pas assez d’informations à ce sujet. Même si j’avais un projet, je ne saurais pas à quelle porte toquer. »
Il s’agit de la même préoccupation pour Dieudonné Ndayisenga, 30 ans, cordonnier, habitant le même quartier. Pour lui, le développement des jeunes reste encore loin d’être une réalité. « Lors des campagnes électorales, les élus avaient promis d’octroyer des crédits aux jeunes pour qu’ils montent des projets de développement ». Il regrette que seule une poignée en a bénéficié.
Il souligne également que de nombreux cordonniers possèdent un réel potentiel. La plupart ont suivi des formations. Ils se sentent marginalisés faute de moyens matériels adéquats.
« Avec une machine pour poncer les chaussures et de la colle de qualité, nous pourrions fabriquer de très belles chaussures. Cela nous permettrait de gagner suffisamment d’argent pour subvenir à nos besoins. »
Il reconnaît toutefois que les jeunes ayant bénéficié de l’appui du PAEEJ marquent un pas dans le développement. Il appelle ainsi les autorités à élargir ces opportunités à tous les jeunes, sans exclusion, et à concrétiser les promesses faites pendant les élections.
Ils appellent les autorités à leur faciliter l’accès aux crédits pour financer leurs projets. Ils insistent également sur le besoin d’informations claires sur les programmes comme le PAEEJ.
Un accès difficile aux soins de santé
M. Minani dénonce également un accès difficile aux soins dans sa commune. « Je possède une carte d’assistance maladie, mais je ne l’ai jamais utilisée car, elle n’est pas acceptée dans les hôpitaux. »
Il ajoute que les médicaments sont devenus rares dans les structures sanitaires publiques. Ce qui oblige les patients à se tourner vers les pharmacies privées où les prix sont élevés.
A.M. évoque aussi les difficultés liées à l’accès aux médicaments qu’il considère comme un problème majeur qui touche particulièrement les enfants de moins de cinq ans censés pourtant bénéficier de la gratuité des soins.
« Lorsqu’un parent veut faire soigner son enfant, il est obligé d’acheter des médicaments coûteux dans les pharmacies. Dans ces conditions, la gratuité ne sert presque à rien. »
Il demande aux autorités compétentes de garantir la disponibilité des médicaments dans les structures sanitaires publiques afin que les citoyens puissent facilement trouver les médicaments.
Plusieurs défis dans le secteur agricole
De son côté, Renatus Kwizera, un jeune cordonnier de 28 ans, habitant la zone Muramvya épingle les difficultés dans le secteur agricole. Il explique qu’il voulait se lancer dans l’agriculture mais que le manque de moyens financiers constitue un obstacle majeur.

Il dénonce également les difficultés d’accès aux fertilisants. Selon lui, même lorsque les agriculteurs paient à l’avance, les fertilisants arrivent souvent en retard et en quantité insuffisante. Ce qui compromet la production.
« On m’a fait du tort. J’avais commandé trois sacs d’engrais, mais jusqu’à présent, je n’en ai reçu qu’un sac et demi, et en retard. Je viens seulement de semer les haricots et je ne sais même pas si je pourrai récolter quelque chose. »
Il regrette que ces retards perturbent le calendrier agricole et réduisent considérablement la production. Par ailleurs, il déplore que de nombreux jeunes n’ont pas accès à Internet ni aux réseaux sociaux. Ce qui limite leur accès à l’information sur des programmes comme le PAEEJ.
Antoine Rusamba âgé de 35 ans est un habitant de la colline Mubarazi. Il vend des légumes. Il est membre de la coopérative « Kigori Terimbere ». Selon lui, les jeunes de sa localité sont activement engagés dans diverses activités de développement à travers des coopératives.
« Mes amis et moi faisons partie d’une coopérative. Cela nous aide beaucoup. Lorsqu’un membre a une urgence ou un projet à réaliser, il peut demander un crédit. »
Cependant, il fait savoir que les agriculteurs font face à plusieurs difficultés, notamment les inondations dues aux flux de la Mubarazi qui détruisent leurs cultures.
Il évoque également les difficultés d’accès à la Banque d’Investissement pour les Jeunes (Bije) en raison de l’éloignement géographique de son siège.
« Nous savons que cette banque se trouve à Gitega. Mais, il nous est difficile de nous y rendre ».
M. Kwizera demande aux autorités compétentes de garantir l’accès aux fertilisants à temps et en quantité suffisante.
Il les invite aussi d’organiser des campagnes de sensibilisation pour atteindre les jeunes vivant dans des zones reculées ou n’ayant pas fait des études. Ces jeunes pourraient ainsi eux aussi soumettre leurs projets et bénéficier d’un accompagnement.
M. Rusamba quant à lui, appelle à la mise en place de branches locales de la Bije afin de rapprocher les services financiers des jeunes.
Les femmes en première ligne dans le progrès économique

Ces initiatives leur ont permis de lancer de petites activités génératrices de revenus, renforçant ainsi leur autonomie financière comme le témoignent des femmes rencontrées au marché de Muramvya.
Annonciate Niyongere, commerçante âgée de 36 ans et mère de quatre enfants, affirme que sa participation au sein de l’association « Dukorere hamwe » lui a permis d’obtenir un crédit grâce auquel elle s’est lancée dans un petit commerce.
« Pour moi, le développement de la femme dans notre localité a fait un grand pas en avant. À titre d’exemple, j’ai obtenu un crédit de 100 000 BIF au sein de notre association. Grâce à cet appui, j’ai démarré un petit commerce au marché de Muramvya. Les bénéfices que j’en tire aujourd’hui me permettent d’aider mon mari à subvenir à certains besoins de notre famille. »
Sandrine Ndikumana partage la même observation. Selon elle, les activités génératrices de revenus sont aujourd’hui plus accessibles aux femmes et leur permettent de contribuer davantage aux besoins des ménages.
« Grâce aux différentes sensibilisations organisées dans notre commune, nous avons pris la décision de nous lever. Aujourd’hui, les femmes de notre localité travaillent. Seules quelques-unes restent encore en retrait. Mais, la grande majorité s’est déjà engagée ».
Le projet « Merankabandi » à la rescousse des femmes
Sandrine Ndikumana ajoute que le projet « Merankabandi » lui a permis d’obtenir un capital de départ qui contribue à améliorer ses conditions de vie. « J’ai promis à mon mari de l’aider. Actuellement, lorsque je termine mon travail, je rentre avec une certaine somme d’argent qui me permet d’acheter la nourriture pour le repas du soir. Nous faisons aussi des économies ensemble car, nous avons des enfants qui ont besoin de soins de santé et de matériel scolaire. Je constate que nous sommes en train de mieux préparer l’avenir de nos enfants. »
Mmes Niyongere et Ndikumana lancent un appel aux autres femmes, notamment celles des autres communes, à se mobiliser, à intégrer des groupes d’épargne et à s’engager dans des activités productives afin d’améliorer leurs conditions de vie et celles de leurs familles.
« La femme est un pilier du développement et constitue la base du foyer. Elle doit avoir quelque chose à apporter au sein de la famille. Cela contribue à sa dignité et lui permet d’être appréciée et aimée par son époux. Il est important que les femmes comprennent que la gestion du foyer incombe à tous et non à l’homme seul. »
Des boissons très alcoolisées : un frein au développement
Le gaspillage du patrimoine familial, les conflits familiaux, les abandons scolaires ainsi que les maladies liées à la malnutrition figurent parmi les conséquences auxquelles font face certaines familles de la commune Muramvya. Et pour cause, la consommation excessive des boissons fortement alcoolisées.
Certaines femmes de cette localité affirment que leur développement est fortement freiné par cette situation. Leurs maris dilapident une grande partie des ressources familiales en consommant des boissons localement connues sous le nom de « Bangala ».
Claudine Bukuru, mère de sept enfants, témoigne que chaque fois que son mari perçoit de l’argent, il le dépense principalement dans la consommation des boissons alcoolisées. « Mon mari est un maçon. L’argent qu’il gagne est uniquement utilisé pour la boisson “Karibu”. Lorsqu’il rentre la nuit, il perturbe la famille. Il ne laisse pas les enfants tranquilles. Il arrive parfois que je sois battue. Je n’ai pas la parole dans mon propre foyer. », se lamente-t-elle.
Un phénomène à éradiquer
Belyse Kaneza, habitante de la zone Mbuye en commune Muramvya, livre un témoignage poignant sur les obstacles au développement familial liés à la mauvaise gestion des ressources. Selon elle, sa famille aurait pu atteindre un niveau de vie bien plus élevé n’eût été le comportement de son mari.
« C’est un problème récurrent dans certaines familles. Parfois, ce sont les maris qui freinent le développement du foyer même si, dans certains cas, les femmes peuvent aussi en être à l’origine. Pour mon cas, tout le patrimoine familial a été vendu par mon mari. Quand je lui demande pourquoi, il me répond que je n’ai rien apporté et qu’il vend ce qu’il a hérité ».
Aujourd’hui, il ne lui reste qu’un seul champ qu’elle cultive pour subvenir aux besoins de ses enfants. Son mari continue parfois d’en vendre la récolte sans se soucier de leur bien-être. La situation s’est aggravée lorsqu’il a vendu un hectare de terre avant de se remarier dans la zone Bukeye la laissant seule avec cinq enfants.
« Il est parti avec le patrimoine familial que nous avions cherché ensemble. C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision de me relever et de travailler pour subvenir aux besoins de mes enfants ».

Ces femmes appellent l’administration locale à prendre ce problème en main. Selon elles, c’est un problème qui touche toute la commune. Ceux qui consomment les boissons fortement alcoolisées deviennent des fainéants. « Lorsque la population d’une localité se comporte mal ou ne parvient pas à se développer, cela impacte également l’économie communale et même celle du pays. Si les gens ne travaillent pas, la commune n’aura pas les taxes et impôts ».
Pour elles, il s’avère donc urgent que l’administration renforce les sensibilisations afin d’éradiquer la consommation excessive de boissons fortement alcoolisées.
Des jeunes tournés vers le commerce

Le nommé Ndihokubwayo exerce plusieurs activités génératrices de revenus. Il vend des denrées alimentaires, du charbon de bois et propose également des services de transfert d’argent via le mobile money. Une polyvalence qui lui permet de « se débrouiller » et de gagner sa vie dans contexte économique difficile.
Il souligne que son parcours entrepreneurial reste marqué par de nombreux défis. Le principal obstacle demeure le manque de capital. « Je n’ai bénéficié d’aucun soutien financier. J’ai commencé avec mes propres moyens ». Une situation qui freine le développement de ses activités.
Il affirme également ne pas avoir encore bénéficié des programmes de financement destinés aux jeunes, notamment ceux du PAEEJ et de la Banque des jeunes.
Il poursuit toutefois ses efforts avec détermination, convaincu que l’entrepreneuriat reste une alternative viable face au manque d’emplois. Il lance alors un appel aux autorités et aux partenaires d’appuyer les jeunes afin que ces derniers puissent bien évoluer.
Le jeune homme indexe également certains responsables politiques qui « n’accordent pas suffisamment d’attention aux préoccupations de la population. » Il les invite à « se ressaisir » et à s’impliquer davantage dans la recherche de solutions concrètes pour améliorer les conditions de vie des citoyens.
De maigres bénéfices
Abandonnée par son mari depuis trois ans, Nadine Manirakiza s’occupe seule de leurs trois enfants Pour y parvenir, cette mère a ouvert un petit restaurant à proximité du marché local. Malheureusement, son activité est menacée par le manque de capital et l’absence d’accès aux financements.
Faute de fonds propres, Mme Manirakiza s’approvisionne à crédit en denrées alimentaires auprès des fournisseurs qu’elle rembourse uniquement après avoir vendu. Un système qui étouffe toute possibilité de croissance.
« J’avais commencé mais j’ai abandonné à cause de la pauvreté. Je suis allée dans une coopérative d’épargne communautaire pour contracter une dette. J’ai reçu 50 mille BIF. Comme c’est insuffisant, je travaille à perte. Les bénéfices sont maigres. Il arrive souvent que je rentre avec un bénéfice de moins de 10 mille BIF », se désole-t-elle.
Nadine Manirakiza ignore l’existence d’institutions comme la Banque d’Investissement et de Développement pour les femmes (BIDF), ou le Programme d’Autonomisation économique et de l’Emploi des jeunes (PAEEJ).
Son souhait est simple : obtenir un capital de départ pour stabiliser son restaurant, acheter son stock sans dépendre du crédit ainsi qu’assurer l’alimentation et la scolarité de ses enfants.
Un besoin de formations
Tous les jeunes rencontrés expriment également le besoin de formations en gestion d’entreprise, en techniques de vente et en utilisation des nouvelles technologies pour améliorer la compétitivité de leurs activités commerciales. Un soutien accru de la part des autorités locales et des partenaires au développement est également sollicité pour accompagner ces initiatives.
Ils veulent que des élus soient proches du peuple et capables de défendre leurs droits, d’améliorer les infrastructures du marché et de promouvoir l’autonomisation économique des femmes et des jeunes à Muramvya.
Interview avec Joselyne Nsengiyumva: « Les sites touristiques ne sont pas valorisés »

Quels sont les projets de développement déjà réalisés ou en cours d’exécution ?
Nous avons tenu compte des desideratas de la population. Il y a eu des réunions sur chaque colline pour recueillir et rassembler les projets prioritaires que la commune aura à exécuter sur chaque colline.
Parmi les projets exprimés figurent l’eau potable, la construction des écoles et des centres de santé, la construction et la réhabilitation des routes, la réhabilitation des ponts, l’électrification de petits centres semi-urbains.
Ainsi donc, il y a eu adduction d’eau dans les centres tels que Bugarama, Bukeye et Muramvya. On a installé sept robinets publics le long des routes.
Nous comptons électrifier les centres de Rweza et Masango dans la zone Muramvya et le centre Kibogoye.
D’où proviennent les ressources financières pour exécuter tous ces projets ?
Nous utilisons le budget qui nous a été offert par l’Etat. Nous recourons aussi aux taxes et impôts collectés par la commune. Nous avons revu à la hausse ces taxes et impôts. Selon les prévisions pour cette année budgétaire en cours, nous envisageons collecter un montant qui avoisine 1 600 000 000 BIF. Pour le premier semestre, nous avons déjà collecté plus de 500 000 000 BIF.
Quels sont les projets destinés particulièrement aux femmes et aux jeunes ?
Je dirais que tous ces projets ont été élaborés en général pour profiter à toute la population. Mais, des projets spécifiques aux femmes existent notamment l’adduction d’eau qui est bénéfique aux femmes pour leur propreté et l’hygiène. Les centres de santé profitent aussi aux femmes pour leur maternité et les soins pour leurs enfants.
Il y a un projet de construction d’une école de métiers dans le but de lutter contre le chômage des jeunes.
La commune Muramvya regorge de nombreux sites touristiques et historiques. Où en êtes-vous avec leur valorisation ?
Il est vrai que la commune Muramvya possède beaucoup de sites touristiques. Mais, malheureusement, ils ne sont pas mis en valeur. Cela demande des moyens financiers très importants.
Nous avons aussi un problème de guides outillés et formés qui peuvent expliquer et donner l’historique de ces sites. C’est pourquoi les recettes provenant de ces sites restent faibles. Il y a peu de touristes qui fréquentent ces lieux.
Mais, qu’à cela ne tienne. Au niveau du PTBA, nous envisageons former des guides. Aussi, nous sommes en train de chercher un financement auprès de nos partenaires techniques et financiers pour réhabiliter ces sites touristiques.
Où en êtes-vous avec la fabrication des bancs-pupitres ?
L’appel d’offres a été déjà lancé. Ceux qui ont gagné le marché sont en train d’abattre les arbres. Les premières planches sont déjà disponibles et très bientôt, les ménuisiers vont commencer à fabriquer les bancs-pupitres. Dans un premier temps, nous comptons fabriquer et acheter 772 bancs-pupitres au moment où les besoins exprimés s’élèvent à 3 170 bancs-pupitres.
Quid des cas d’abandons scolaires ?
Le taux d’abandons scolaires est élevé. Certains jeunes s’enrôlent dans la police à bas âge. D’autres migrent vers les villes à la recherche du travail. Le mouvement est inquiétant.
Dernièrement, nous avons réuni les intervenants dans le secteur éducatif en vue de sensibiliser les parents pour plus d’encadrement et de suivi de leurs enfants.
Comment se présente le secteur de la santé ?
La commune Muramvya dispose de deux hôpitaux. L’un est implanté ici même au chef-lieu de la commune et l’autre se trouve dans la localité de Giko. Les centres de santé avoisinent une quinzaine. Cependant, le personnel soignant reste insuffisant sans oublier le manque de médicaments. En plus, il y a des zones ou collines qui n’ont pas de centres de santé.
Les patients se lamentent que la Carte d’assistance médicale ne sert à rien. En êtes-vous au courant ?
Nous avons reçu les doléances en rapport avec la problématique liée à la gratuité des soins des enfants et l’accès aux médicaments. Les responsables des structures de soins nous disent qu’il y a des arriérés qui ne sont pas encore payés. D’où il y a un problème d’approvisionnement entraînant souvent des ruptures de stocks en médicaments.
Qu’en est-il de la situation des droits de la femme dans la commune Muramvya ?
La situation des droits de la femme s’améliore de plus en plus. Dans le passé, on était habitué à enregistrer des plaintes des femmes disant qu’elles ont été malmenées par leurs époux. De telles plaintes diminuent de plus en plus.
C’est grâce aux campagnes tous azimuts de sensibilisation qui ont été menées à l’endroit des hommes et des femmes. Des sanctions ont été prises à l’endroit des hommes qui malmènent leurs femmes ou qui abandonnent leurs épouses. Il y a, au niveau de chaque colline, un comité de suivi qui veille sur le respect des droits de la femme.
Mais, des cas d’unions libres subsistent…
Nous sommes en train de sensibiliser les couples en situation d’unions libres de venir régulariser leur cas au service de l’état civil.
Il y a aussi des hommes qui sont venus d’ailleurs et qui s’adonnent au concubinage. Nous sensibilisons les hommes et les femmes à couper court avec ces pratiques.
Il existe également des maris qui vendent leurs propriétés foncières à l’insu de leurs épouses. Pour y faire face, nous avons pris une décision que désormais chaque vente doit être autorisée par l’administration depuis le chef de cellule jusqu’à l’administrateur communal.
Des époux s’adonnent à la consommation des boissons fortement alcoolisées. Ce qui perturbe les ménages. Qu’en dites-vous.
C’est une triste réalité. La consommation des boissons fortement alcoolisées fait rage dans cette commune. Nous enregistrons même des cas de décès. Dernièrement, il y a eu un homme qui en est mort à Mbuye et un autre à Muramvya.
Certains hommes et jeunes consomment d’une façon exagérée ces boissons. Cela dilapide le patrimoine familial et impacte la santé des consommateurs. Ils ne sont plus capables de travailler.
Nous constatons que ces boissons sont à bon marché et prolifèrent partout. Pire encore, il y a des femmes qui les consomment. Elles les mettent dans leurs pagnes et les consomment dans les rues. Certaines femmes même commencent à présenter des signes de dépression.
Nous sommes en train d’y faire face. L’autorité communale a ordonné une enquête sur ces boissons. Nous pensons que l’autorité habilitée va prendre des mesures de redressement ou de prévention qui s’imposent.
Où en est-on avec la construction des bureaux des zones ?
Il est vrai que de nouveaux bureaux zonaux ont été construits. Mais, à certains endroits, les travaux sont restés inachevés. C’est le cas des zones Bugarama et Nyarucamo.
Visiblement, il y a eu quelque chose qui n’a pas marché au niveau de ceux qui ont gagné le marché. Nous leur avons adressé des correspondances pour qu’ils se ressaisissent et parachèvent les constructions.
Cela a eu un impact sur le fonctionnement des services au niveau de ces zones d’autant plus que le personnel a augmenté. Différents fonctionnaires n’ont pas de bureaux.
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