L’exercice a réuni les représentants du gouvernement, des agences des Nations-unies, des partenaires au développement, de la société civile, du secteur privé ainsi que des experts nationaux et les représentants des peuples autochtones. Ensemble, ils ont examiné et validé la version consolidée du rapport qui sera présentée au Forum politique de haut niveau des Nations-unies le 30 juillet 2026.
Selon les conclusions du rapport, 49 % des cibles des ODD affichent une amélioration des performances. En revanche, 12 % connaissent une détérioration nécessitant des mesures correctrices, 4 % ont stagné et 35 % demeurent non évaluables en raison de l’insuffisance de données statistiques. Ces résultats traduisent à la fois les avancées enregistrées et les défis qui restent à relever pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2030.
L’analyse repose principalement sur les données de l’Institut national de la Statistique du Burundi (INSBU) et sur les résultats du Recensement général de la Population, de l’Habitat, de l’Agriculture et de l’Élevage (RGPHAE). D’après l’INSBU, sur les 116 indicateurs retenus par le Burundi, seuls 52, soit 44,8 %, disposent de données disponibles au moins une fois entre 2010 et 2024. À peine 9,4 % des indicateurs sont couverts par des données statistiques pour l’année 2024.
L’expert en planification stratégique et en analyse des politiques, Dr Salomon Nsabimana, qui a appuyé l’élaboration du rapport, a souligné que celui-ci est le fruit d’un vaste processus de consultations impliquant la Présidence de la République, la Primature, les ministères sectoriels, les administrations locales, les organisations de femmes, la société civile, le secteur privé ainsi que les partenaires au développement.
Dans le respect du principe de l’Agenda 2030 consistant à « ne laisser personne de côté », une consultation spécifique des enfants et des jeunes a également été organisée afin de recueillir leurs perceptions, leurs aspirations pour le Burundi de 2030 et leurs recommandations. Leurs contributions ont permis d’enrichir le rapport et de renforcer leur rôle en tant qu’acteurs du changement.
Dans son intervention, la représentante résidente du Pnud au Burundi, Emma N’Gouan Anoh, a salué l’engagement du gouvernement burundais dans ce processus de redevabilité et de dialogue inclusif. « Je tiens à exprimer mes sincères remerciements au gouvernement du Burundi, et plus particulièrement à la Primature, pour le leadership assuré dans la conduite de ce processus stratégique de revue nationale des ODD. »
Elle a également souligné que « les résultats montrent que près de 49 % des cibles des ODD connaissent une amélioration ». Ce qui traduit des efforts notables dans plusieurs secteurs du développement durable.
Les défis persistent

Selon elle, des progrès significatifs ont été observés dans les domaines de la paix, des partenariats, de l’éducation, de la santé et de l’inclusion sociale. Toutefois, elle a rappelé que plusieurs défis demeurent, notamment « les contraintes budgétaires, la vulnérabilité aux changements climatiques, la forte dépendance à l’agriculture de subsistance, les disparités territoriales ainsi que les insuffisances du système statistique national ».
La représentante du Pnud a particulièrement insisté sur les défis liés à la disponibilité des données. « 35 % des cibles des ODD demeurent non évaluables. Ceci montre la nécessité urgente de renforcer les capacités de production, d’analyse et de désagrégation des données ».
« Mesurer les progrès accomplis depuis 2020 »
Dr. Frédéric Nimubona, chef de Cabinet adjoint du Premier ministre, qui présidait les travaux, a rappelé que cet exercice s’inscrit dans le mécanisme international de suivi de l’Agenda 2030 mis en place par les Nations-unies.
Il a souligné que dès 2016, le Burundi a aligné ses instruments de planification nationale sur les ODD à travers le Plan national de développement (PND) 2018-2027 révisé. Il a également rappelé que le premier Rapport national volontaire présenté en 2020 avait permis d’identifier des avancées dans les secteurs de l’éducation, de la santé et de la gouvernance tout en mettant en lumière plusieurs contraintes structurelles.
Selon lui, le deuxième rapport vise à mesurer les progrès accomplis depuis 2020, à identifier les écarts par rapport aux objectifs fixés et à proposer des mécanismes d’accélération afin d’atteindre les ODD d’ici 2030.
M. Nimubona a également salué l’appui multiforme du Pnud dans la collecte et l’harmonisation des données, l’accompagnement méthodologique ainsi que l’organisation des consultations provinciales menées du 30 mars au 7 avril 2026 à travers tout le pays.
« Concentrer les efforts sur les infrastructures physiques et numériques »
L’économiste et professeur à l’Université du Burundi, Dr Salomon Nsabimana, a souligné la nécessité de concentrer les efforts sur les infrastructures physiques et numériques pour accélérer l’atteinte des ODD. Selon lui, l’amélioration des routes, de l’approvisionnement en énergie et de la digitalisation constitue un levier essentiel pour stimuler la production et la compétitivité du pays.
Les participants ont insisté sur les défis du financement du développement durable et formulé plusieurs recommandations intégrées dans le rapport final renforçant ainsi son caractère participatif avant sa présentation aux Nations-unies le 30 juillet 2026.
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