Le Burundi est monté au combat sans son armée d’expérience.
1. Ndayishimiye Yussuf, dit Nyange, retenu par l’OGC Nice pour le barrage décisif face à Saint-Étienne. 0-0 à Geoffroy-Guichard hier soir. Le 29, à Nice, ce sera quitte ou double.
2. Nuyukuri Claus
3. Girumugisha Jean-Claude
4. Ntibazonkiza Saïdo, dont l’expérience sait encore offrir des caviars, même en quelques minutes volées à l’âge.
5. Jordi Liongola
6. Frédéric Nsabiyumva, cloué par une blessure en club
7. Nduwarugira Christophe, alias Lucio, présent mais gardé sur le banc afin de lancer les néophytes dans le grand bain.
8. Mossi Trésor
9. Parfait Bizoza
Et pourtant, la première mi-temps a eu l’allure d’un défi relevé.
0-0 à la pause. Le Burundi a osé. Jeu aéré, incursions dans la zone de vérité, pressing haut, duels gagnés. Pas de mur, pas de peur. Juste l’audace de ceux qui refusent de subir. Les occasions ont fleuri, mais le dernier geste a manqué. Cruel regret.
Au retour des vestiaires, la musique a changé.
Sangwa a fait tourner, pour jauger, pour bâtir demain. Face au rouleau compresseur marocain, l’inexpérience a parlé. Et le Maroc a déroulé.
El Kaabi ouvre le bal à la 59ᵉ, double la mise à la 63ᵉ.
Bentayeb inscrit le troisième à la 71ᵉ.
Benjdida enfonce le clou à la 80ᵉ et à la 90ᵉ.
5-0. Le score pique. Il fait mal.
Mais il s’explique. Quand les cadres manquent, les Lions de l’Atlas se régalent.
Ce match s’est joué à huis clos, hors dates FIFA, sur décision marocaine.
4 juin : l’heure de vérité face au Nzalang Nacional
Le vrai rendez-vous arrive le 4 juin face à la Guinée Équatoriale.
Là, les pièces maîtresses devraient revenir. Là, ce sera un match officiel, inscrit au calendrier FIFA.
Le Burundi n’aura plus droit à l’erreur.
Il faudra tenir tête au Nzalang Nacional, ce géant qui sait faire taire les favoris. Rappelez-vous : un 4-0 infligé à la Côte d’Ivoire sur ses terres lors de la dernière CAN. La Guinée Équatoriale est 105ᵉ mondiale, 23ᵉ en Afrique.
Le Burundi, lui, pointe à la 142ᵉ place mondiale, 42ᵉ sur le continent. Le fossé est abyssal. La logique mathématique penche vers Malabo.
Mais le football ne vit pas de mathématiques.
Il vit de fierté, de révolte, de soirées où un peuple plus petit regarde un plus grand droit dans les yeux et refuse de baisser la tête.
Le 4 juin , les Hirondelles devront laver l’affront de Marrakech.
Non pas pour effacer, mais pour montrer qu’elles savent renaître.
Parce que la grandeur d’une nation ne se mesure pas à ses chutes, mais à sa capacité à se relever.
Patrick Sota
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