Politique

Les femmes de la sous-région se mobilisent pour la paix au Burundi

Les représentantes de plusieurs organisations féminines de la région des Grands Lacs ont décidé au début de ce mois de juillet à Kigali de s’impliquer pour le retour de la paix au Burundi. Cet engagement a été pris à l’issue d’une rencontre organisée par Impunity Watch et Oxfam.

Une photo de famille

Une photo de famille

Elles sont pour la plupart activistes des droits de l’Homme et plus particulièrement des droits de la Femme dans cette sous-région en proie à des crises récurrentes. Parmi ces organisations, il y a l’ONG régionale basée en Ouganda ’’ Akina Mama wa Afrika’’(Amwa).

Elles ont connu la guerre dans leurs pays et tout bravé pour défendre leur rêve d’une région paisible et prospère où règne la bonne gouvernance et l’équité. Elles sont venues du Kenya, de la Tanzanie, de l’Ouganda, du Rwanda, du Burundi et de la République démocratique du Congo pour livrer un message.

«Il faut que le Burundi soit à l’agenda des différents fora et sommets régionaux prévus sous peu. Toutes les organisation régionales et internationales sont comptables de ce qui se passe au Burundi», a lancé Dr Lina Zedriga, professeur de Droit et représentante de Raci (Regional Associates for Community Initiatives) en même temps secrétaire du Comité national ougandais de prévention du génocide et des massacres. Elle a été pendant longtemps aux côtés de Mary Robinson, ancien Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme.

«Les femmes de notre sous-région sont fatiguées d’être violées, mutilées et vendues. Notre corps n’est pas un champ de bataille. Nous sommes fatiguées de voir nos maris, nos enfants tués ou enrôlés dans des groupes de milices. Nous sommes fatiguées d’assister, impuissantes, à des atrocités et au départ en exil des milliers de Burundais», a déploré cette spécialiste des questions en rapport avec les droits de la Femme, la paix et la sécurité. Et de poser la question de savoir si différentes organisations ne sont pas en train d’échouer à ramener la paix au Burundi.

Parmi les actions à mener, figurent des rencontres avec plusieurs personnalités pouvant convaincre Bujumbura à infléchir ou à revoir ses positions. C’est notamment par rapport au dialogue inter-burundais sous la facilitation de l’ancien président tanzanien Benjamin William Mkapa.

«Il nous faut pour cela rencontrer le président ougandais Yoweri Museveni, la Première Dame Janet Museveni, le Général Salim Saleh, mobiliser les Eglises comme le Miracle Church Center du pasteur ougandais Robert Kayanja,… toutes les hautes personnalités régionales influentes», a lancé Patience Ayebazibwe, du Forum des organisations de la société civile au sein de la CIRGL.

Invité ou pas il faut être à Arusha

La délégation burundaise en pleine séance de travail

La délégation burundaise en pleine séance de travail

«Je compte dès mon retour à Dar es-Salaam approcher l’ambassadeur Liberata Mulamula, ancien secrétaire exécutif de la CIRGL. Il nous faut décrocher une audience chez le président Magufuli pour relayer le cri des milliers de Burundais et lui expliquer que les femmes doivent aussi avoir une place à la table du dialogue», a promis Anna Elisha Mughwira, présidente du parti ACT(Alliance for Change and Transparency) Wazalendo. Elle est venue en troisième position lors des dernières présidentielles en Tanzanie.

Mais Mme Faida Mwangilwa, ancienne ministre en charge du Genre en RD Congo avertit : «Vous les femmes burundaises, sachez que vous avez un agenda de paix. Oubliez vos partis. Pour votre participation à ce dialogue, vous gagnerez si vous y aller ensemble. Si vous y allez en rangs dispersés, vous allez échouer».

D’après Mme Millicent Otieno, représentante de l’ONG kenyane LCPI (Local Capacities for Peace International) spécialisée dans la résolution et la transformation des conflits intercommunautaires, la voix de la femme burundaise doit être entendue lors des prochaines assises de l’UA. «Il faut que le monde soit au courant de ce qui s’est passé et ce qui se passe au Burundi et il faut des preuves sur différentes violations des droits de l’Homme pour plus de force et de crédibilité du message», a-t-elle martelé.

Et d’ajouter : «C’est notre devoir de prendre part à tous les fora en rapport avec la recherche de la paix. Les femmes burundaises doivent avoir leur place autour de la table du dialogue et nous allons élever notre voix pour qu’elles soient associées dans ce processus».

Toute cette mobilisation sur la question burundaise a été en partie consécutive à l’intervention de Mme Catherine Mabobori, membre du Mouvement de la Femme et de la Fille pour la Paix et la Sécurité. Il a été actif dans la contestation du troisième mandat du président Nkurunziza.

Des photos montrant quelques victimes des atrocités commises au Burundi ont été projetées. Submergée par l’émotion, cette activiste des droits de la femme a craqué et a terminé son exposé en larmes. Quelques âmes sensibles dans la salle ont eu du mal à étouffer leurs sanglots.

Mme Antonia N’Gabala-Sodonon, en charge du programme ’’Genre et Conflit’’ à l’UA, a promis de soutenir les efforts de ce mouvement mais il a insisté pour que toutes les initiatives des organisations féminines de la sous-région soient sous la houlette de la CIRGL.

Signalons que des personnalités politiques dont le sénateur Moïse Nyarugabo de la RDC militant des droits de la femme ont pris part à cette rencontre.

  3   Vos commentaires
  1. Chinese Guy

    Everyone is trying to force the GOB (Government Of Burundi) to be flexible, but no one is doing the same on the side of that crumbling radical opposition.

    Put the pressure where it needs to go! Or it looks like it’s a sure fail!

    They might not like it, but someone has to tell’em this ugly truth: ‘The same actions will always lead to the same results’!

    That’s all folks!

  2. Ntahitangiye

    Le premier rôle des femmes est l’éducation des enfants. elles portent des grossesses, accouchent , allaitent, donnent les premiers mots du langage, posent dans la vie de l’enfant la base du comportement dans la société, sans oublier le rôle du père, ce que nous devenons plus tard est en général le résultat de ce qui a été fait dans le premier laboratoire: notre père et notre mère.
    S’il y a eu échec ou irresponsabilité ou mauvaises idées dans le premier laboratoire, il y aura une répercussion sur la société et sur la nation. La première république est la cellule familiale dont le président et le Vice-président sont le père et la mère. Le pays ou la nation n’est que l’ensemble de toutes ces petites républiques.
    Il faut donc commencer par la base au lieu de se battre seulement pour les conséquences.

  3. Maya

    [Ndlr: Mme Catherine Mabobori, membre du Mouvement de la Femme et de la Fille pour la Paix et la Sécurité. Il a été actif dans la contestation du troisième mandat du président Nkurunziza.]. Double carte!!! Qu’elle se choisissent une carte à jouer : « Politicienne » de sens et aujourd’hui « Activiste de droit de l’homme!!! Quelle malignité!
    [Ndlr: la voix de la femme burundaise doit être entendue], Où était-elle quand leurs enfants pendant les barbaries de leurs enfants? Il faudra voir si ce n’est qu’une complicité qui vise à manipuler l’opinion comme l’ont fait (heureusement en vain) qlq ASBLs (dénommées à tort société) de la région en demandant à l’EALA d’exclure le Burundi de l’EAC. Mr Dieudonné Bashirahishize s’était fait représentant des ASBLs du Burundi comme veut le faire aujourd’hui Mme Mabohoro! Ce jeux est déjà connu, inutile de l’essayer car il n’aboutera qu’à l’échec comme tant d’autres!

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