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Makamba : La décision d’augmenter le nombre de veilleurs au Marché crée la polémique

19/06/2019 Jérémie Misago Commentaires fermés sur Makamba : La décision d’augmenter le nombre de veilleurs au Marché crée la polémique
Makamba : La  décision d’augmenter le nombre de veilleurs au Marché crée la  polémique
Au marché moderne de Makamba, le jour du marché.

Pour renforcer la sécurité, l’administration de Makamba a pris la mesure d’augmenter le nombre de veilleurs de nuit au marché du chef-lieu de cette province. Une décision qui ne fait pas l’unanimité.

Mardi 11 juin, il est presque 12 heures, la circulation est intense autour du marché construit moderne de Makamba avec ses innombrables boutiques et échoppes pleines d’articles divers. Il grouille de monde, il n’est pas aisé de se frayer un passage.

Fin mai, une décision de l’administration tombe comme un couperet : cinq sentinelles assureront désormais la garde de quinze boutiques et magasins  se trouvant autour de ce marché au lieu d’un seul veilleur. Pour cause, il y a quelques semaines un veilleur a été tué et des marchandises  emportées par des bandits.

«Il est inadmissible qu’un seul veilleur assure la sécurité de plus de 15 boutiques.  Nous voulons aussi que ceux qui exercent ce métier soient des gens qui ont encore la force et  pas des vieux qui s’endorment et roupillent au bout d’une heure de garde», avait alors annoncé Gad Niyukuri, gouverneur de la province Makamba lors d’une réunion avec les commerçants.

Le souci de protéger les biens et les personnes

Au chef-lieu de la province Makamba, l’éclairage public est inexistant. Pour pallier ce problème, une lampe à l’extérieur de chaque ménage, chaque boutique et chaque magasin en guise d’éclairage est obligatoire. Objectif : améliorer la sécurité dans ce centre grandissant.

Cette décision, explique l’administration, permettra de juguler le problème de banditisme. «Il est difficile, voire impossible, qu’une seule personne veille sur de 15 boutiques et faire face aux bandits. Quand, ils commettent leur forfait, ils ne rencontrent pas de résistance. Ils saccagent tout en toute quiétude. Même si ce veilleur les voit venir, Tout seul,  il ne peut rien faire pour les empêcher de faire leur sale besogne».

La mort d’un certain Cassien, veilleur sur la partie nord du marché est dans toutes les mémoires. Début juin, rappelle Joseph Ntungwanayo, administrateur de la commune de Makamba, des bandits  l’ont surpris là où il était allongé. «Ils l’ont tué de sang-froid à coups de gourdin. Personne ne l’a su, ses collègues n’ont rien entendu, ils auraient pu voler à son secours».

Pour cet administratif, ce père de famille n’aurait pas perdu la vie, s’il y avait au moins trois ou quatre sentinelles dans les parages.  Selon lui, des mesures s’imposent pour garantir la sécurité des biens et des personnes.

 «Une décision unilatérale»

Pourtant certains commerçants  n’ont pas salué cette décision. Ils la critiquent même ouvertement. Ils parlent d’une décision prise sans concertation,  sans penser au coût que cela peut représenter. Ils  broient du noir. «Pour le moment, je dois payer 10.000 francs au lieu de 3.000 francs alors que je ne gagne que 50.000 francs par mois. Je travaille à perte», s’indigne un vendeur de sel de cuisine.

Il n’est pas le seul à se plaindre. A.P, un autre commerçant s’insurge contre le caractère arbitraire de cette mesure. «Si le gouverneur ou l’administrateur annonce une décision, nous sommes tenus à applaudir même si cette dernière est contre nous», se désole-t-il. Pour lui, Il faut que la décision tienne compte des inégalités par rapport au chiffre d’affaires. Il demande  que chaque commerçant paye selon sa capacité.

Jean Nduwayo, un vendeur de ceintures, dénonce l’injustice dont ils font objet. «Les échoppes de l’intérieur du marché sont gardées par les veilleurs engagés et payés  par la commune. Mais pour les boutiques donnant à l’extérieur du marché, ce sont leurs propriétaires qui doivent payer les sentinelles ». Il demande plus d’équité.

Néanmoins, d’autres commerçants saluent cette décision «historique» qui vient à point nommé. «Je ne parvenais pas à dormir et quand je tombais de sommeil, je faisais des cauchemars. Pour le moment, je suis rassuré pour la sécurité de mes marchandises», se réjouit un commerçant vendeur de téléphones.

Joseph Ntungwanayo, administrateur de la commune de Makamba se dit étonné d’entendre quelqu’un refuser de protéger ses biens. «Nous n’avons rien contre ces commerçants. Notre souhait est la sécurité des biens  et des personnes». Et de promettre : «Nous allons continuer à les sensibiliser afin qu’ils comprennent que c’est dans leur intérêt.»

Suite à la décision du CNC, vous ne pouvez ni réagir ni commenter cet article.

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