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L’exclusion, racine des crises cycliques

27/11/2019 Jérémie Misago Commentaires fermés sur L’exclusion, racine des crises cycliques
L’exclusion, racine des crises cycliques

Les membres d’un groupe victime d’exclusion peuvent chercher à se défendre. Des violences de masses naissent. Saturnin, président de l’association Initiatives et Changement, donne son éclairage.

Que doit-on comprendre par exclusion sociale ?

On parle d’exclusion quand les membres d’un groupe sont empêchés de jouir des droits et libertés au profit des autres. Notamment l’accès à certaines activités et services que l’Etat devrait garantir à tout citoyen. Elle peut être liée aux ethnies, religions, genre et aux régions de provenance. Vous trouverez par exemple un service monopolisé par des gens provenant d’une même région, d’une seule ethnie et d’un genre. Sur le plan politique, elle peut se traduire par le rétrécissement de l’espace politique pour certains tandis que les autres exercent librement leurs droits.

Par le passé, certaines catégories des citoyens étaient exclues des affaires publiques. Presque toutes les institutions étaient mono -ethniques. Il a fallu les négociations de l’Accord d’Arusha pour que les Hutu et les Tutsi bénéficient respectivement de 60% et 40% dans les institutions. Mais aucun pourcentage n’a été donné à la communauté Batwa. C’est toujours l’exclusion. Le premier militaire est entré dans l’armée en 1993, sous le régime Ndadaye. Idem pour la première femme gouverneure.

Que peuvent être les conséquences de l’exclusion ?

Les membres d’un groupe exclus ne peuvent pas rester les bras croisés. S’ils ne réagissent pas dans l’immédiat, on considère que c’est fini. Mais à force de digérer ces exclusions, cela fini par éclater. Les gens marginalisés disent ‘’nous en avons assez.’’ En outre, c’est de ces exclusions que naissent des rébellions, des révoltes, des révolutions et la désobéissance civile. Tout cela débouche sur des violences de masse et des crises cycliques comme on en a connu dans le passé.

Sur le plan économique, le pays recule au lieu de se développer. La condition sine qua non d’un développement intégral est que les fils et filles de la nation travaillent main dans la main et que les dividendes soient partagés équitablement.

A la veille des élections de 2020, quel comportement faut-il adopter pour prévenir de telles conséquences ?

Ceux qui sont aux commandes du pays doivent prendre toute forme d’exclusion comme un fléau qu’il faut combattre. Les citoyens doivent jouir des droits reconnus par la loi. Que les pouvoirs publics garantissent un environnement politique sain et ouvert à tous pour que les crises ne se répètent plus.

Les leaders politiques doivent s’abstenir des slogans destructeurs et des discours divisionnistes. Il faut adopter un discours pacifiste et réconciliateur. Les élections passent, mais la nation reste. C’est une compétition noble. Il faut s’éloigner de l’intolérance politique, car celui qui ne partage pas vos opinions politiques n’est pas un ennemi. C’est lui aussi un patriote. Que les violences soient réduites à leur plus simple expression. Et qu’ils fassent preuve de fair-play.

Après la compétition, les adversaires d’hier deviennent des amis car ce sera la démocratie qui aura triomphé. Que le gagnant et le perdant puissent s’embrasser et festoyer ensemble.

Propos recueillis par Jérémie Misago

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