Politique

Le dossier de Germain Rukuki «porté disparu»

15/03/2019 Fabrice Manirakiza Commentaires fermés sur Le dossier de Germain Rukuki «porté disparu»
Le dossier de Germain Rukuki «porté disparu»
Germain Rukuki attend toujours la décision de la Cour d’Appel de Ntahangwa

Depuis fin décembre 2018, cet activiste des droits de l’Homme et sa famille attendent le prononcé de jugement de la Cour d’Appel de Bujumbura. De mal en pis, son dossier est introuvable à la Cour d’Appel de Ntahangwa.

«Lorsqu’on demande son dossier, on nous répond qu’ils ne savent pas où il est», assure un membre de la famille de Germain Rukuki, cet activiste des droits humains, ancien employé de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat-Burundi) et président de l’Association «Njabutsa tujane». «C’est incompréhensible qu’un dossier puisse disparaître comme ça. Le président de la Cour devrait faire tout son possible pour le retrouver».  Pour lui, c’est l’œuvre d’une personne de mauvaise foi qui a voulu faire du tort à Germain Rukuki.

Condamné à 32 ans de prison, le 26 avril 2018, pour rébellion, atteinte à l’autorité de l’Etat et  participation à un mouvement insurrectionnel,  Germain Rukuki a fait appel. Le 26 novembre 2018,  la Cour d’Appel de Bujumbura s’est déplacée à Ngozi afin d’examiner son dossier. Elle a mis l’affaire en délibéré. «La décision devrait être rendue dans les 30 jours suivants. Trois mois après, on ne voit rien pointé à l’horizon. On ne sait plus quoi faire».

Interrogée sur ce retard et sur la «disparition» du dossier de Germain Rukuki, la présidente de la Cour d’Appel de Ntahangwa, Rose Nkorerimana, n’a pas voulu s’exprimer sur cette question. «Je ne peux pas parler de mon travail aux médias. Seuls mes supérieurs hiérarchiques peuvent répondre».

Un procès politique ?

Agnès Bangiricenge, porte-parole de la Cour suprême, indique que le retard du prononcé de jugement résulte du fait que les juges qui ont siégé ne travaillent plus ensemble à cause du démembrement de la Cour d’appel de Bujumbura en 3 Cours. Quant à la «disparition» du dossier, la porte-parole soutient que cela est probablement dû au déménagement des différentes cours. «Pour le moment, le dossier est introuvable».

«Ce retard démontre les problèmes de fonctionnement de la justice burundaise ainsi que le caractère abusif de cette procédure», lance Florent Geel, responsable Afrique à la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH). Pour lui, il ne fait aucun doute que c’est son engagement passé au service des organisations de défense des droits humains qui est à l’origine de sa détention. « Cet acharnement du pouvoir contre lui montre que la justice est aux ordres du politique».

Clément Boursin, responsable Afrique à l’Acat-France, abonde dans le même sens. «N’ayant pas pu mettre la main sur l’équipe dirigeante de l’ACAT-Burundi, les autorités burundaises  se sont vengées sur Germain». Selon lui, c’est un avertissement à tous ceux qui pourraient fournir des informations sur les violations des droits humains.

Concernant le retard de la Cour d’Appel, Clément Boursin parle d’une violation flagrante du droit burundais. «Enfermer Germain Rukuki et le laisser en prison au mépris du droit est une manière de dire aux Burundais : voyez ce qui arrive à ceux qui enquêtent sur la situation des droits humains.» Pour lui, Germain Rukuki est un prisonnier d’opinion.

Les deux activistes des droits humains demandent la libération de Germain Rukuki car «les charges sont abusives et le dossier est vide». La FIDH et Acat-France réclament que la Cour d’appel rende sa décision et prononce un nom lieu et ordonne sa libération immédiate. «Nous appelons la communauté internationale à ne pas l’oublier et à continuer à mettre la pression sur les autorités burundaises afin qu’elles le libèrent».

Rappelons que Germain Rukuki a été arrêté le 13 juillet 2017 par le Service national de renseignement (SNR) à son domicile situé dans la zone de Ngagara, commune Ntahangwa en Mairie de Bujumbura. Il est pour le moment incarcéré dans la prison de Ngozi.

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