Société

L’abandon scolaire, un phénomène qui prend de l’ampleur

08/02/2019 Arnaud Giriteka Commentaires fermés sur L’abandon scolaire, un phénomène qui prend de l’ampleur
L’abandon scolaire, un phénomène qui prend de l’ampleur
Les intervenants dans le studio de la Radio Isanganiro

L’année scolaire précédente a été marquée par l’augmentation du taux d’abandon scolaire. Selon les chiffres de la direction de l’enseignement fondamentale et post fondamentales,  9,7%  des élèves inscrits ont abandonné l’école en cours de route. Le gouvernement et les associations œuvrant dans le secteur de  l’éducation sont unanimes: la pauvreté des familles demeure la principale cause de ce phénomène.

Cependant d’autres facteurs contribuent à l’aggraver. Le manque du personnel enseignant et du matériel didactique dans les écoles décourage certains enfants à aller à l’école. «  Un écolier qui se présente  en cours tous les jours et qui ne trouvent pas d’enseignant ni de livres  est démoralisé. D’autant plus  que, dans certains cas, il doit parcourir une longue distance pour arriver à son établissement scolaire », fait savoir Me Jacques Nshimirimana de la Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’enfance(Fenadeb).

Le harcèlement des élèves par les enseignants est également mis en cause. En effet certains éducateurs se montrent autoritaires et menaçants. Cette attitude entame  la confiance des enfants envers l’école. Autre fait non négligeable, le chômage qui s’observe chez les jeunes diplômés. « Certains enfants se décident à abandonner l’école parce qu’ils se disent qu’en fin de compte, les études ne servent à rien. Ils remarquent  dans leur entourage que les jeunes diplômés manquent  d’emploi », indique Jean Samandari de Bafashebige, une coalition des associations œuvrant dans le domaine de l’éducation.

Parmi les provinces, Kirundo et Bubanza sont les plus touchés par ce fléau. Face à cette ampleur le ministère de l’éducation a organisé depuis décembre des campagnes de sensibilisation pour remédier à ce problème. « Pour combattre ce flot grandissant d’abandon, nous appelons  tout le monde à s’impliquer. Eduquer un enfant est une affaire de tous. Il ne faut pas que les parents délaisse cette tâche aux seuls enseignants », explique Jeanne Ihorihoze  directrice générale de l’enseignement fondamentale et post fondamentale. C’est dans cette optique que des comités de gestion des écoles  associant  les parents, les enseignants et les administratifs à la base vont être mis sur pied partout dans le pays.

Pour pallier à l’abandon  scolaire, un système de cantine  scolaire fonctionne dans certaines écoles de l’intérieur du pays depuis plusieurs années. Me Jacques Nshimirimana  pense qu’il doit être bien étudié. « Quel regard aura un enfant dont les parents n’arrivent pas à subvenir à ses besoins ? Il faut  surtout privilégier l’amélioration de vie des parents », lance- t-il.

Ces échanges ressortent d’une synergie des media  sur la récurrence des  cas d’abandon scolaires. Elle a été organisée ce jeudi 07 février  par l’ONG La Benevolencjia en collaboration avec la Radio Isanganiro, Rema Fm, le journal Iwacu et le collectif des blogueurs  Yaga.

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