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Interview avec Sixte Vigny Nimuraba : « Le dialogue est la clé de toute chose »

14/05/2019 Felix Haburiyakira Commentaires fermés sur Interview avec Sixte Vigny Nimuraba : « Le dialogue est la clé de toute chose »
Interview avec Sixte Vigny Nimuraba : « Le dialogue est la clé de toute chose »

Dans une interview accordée à Iwacu, le président de la Commission nationale indépendante des droits de l’Homme (Cnidh) s’exprime sur les priorités de cet organe et les défis liés à son fonctionnement.

Vous présidez la Cnidh, depuis près de trois semaines. Quels sont vos sentiments ?

Je me sens bien parce j’ai  eu la chance de pouvoir lutter et militer pour les droits de l’homme pour un pays.

La même commission a été rétrogradée du statut A vers le statut B. Comment comptez-vous lever ce défi ?

J’ai déjà répondu à cette question. Il y a une nouvelle équipe de commissaires. On n’a pas rétrogradé l’actuelle commission, mais on a changé le statut pour la première équipe. Donc c’est la nouvelle équipe qui sera évaluée. Il y a du sang nouveau. Nous allons travailler dur pour sauvegarder notre indépendance.

La commission d’enquête des NU pour le Burundi dénonce la persistance des violations des droits de l’homme au Burundi. Avez-vous la même lecture ?

Pas du tout. On a toujours des violations ici et là partout dans le monde. Mais il faut souligner qu’il y a eu un changement considérable en termes de respect des droits de l’homme au Burundi. Le pays est paisible. Nous sommes sur le terrain pour promouvoir les droits de l’homme. Seulement, il y a des gens qui ne savent pas exactement les changements qui ont été opérés au pays. Des gens qui ne savent pas nécessairement la situation du pays, et qui la jugent de loin. En ce qui me concerne, je vois que la situation s’est considérablement améliorée.

La même commission se dit inquiète du risque de la violence à la veille des élections de 2020. Avez-vous la même appréhension ?

En 2015, il y a eu une masse de gens qui ont quitté le pays vers les pays étrangers croyant qu’une guerre allait éclater au Burundi. Mais on a constaté qu’ils avaient eu tort. Il y a des gens, peut-être, qui utilisent  leur agenda politique pour lancer des messages alarmants afin que la population ait peur. L’expérience nous montre qu’on a toujours eu des élections paisibles au Burundi. On l’a vu en 2005, 2010 et en 2015. Nous voyons que les gens ne s’adonnent plus à la violence et savent qu’il y a d’autres moyens  à travers lesquels ils peuvent s’exprimer. Je ne suis pas inquiet pour les élections de 2020. Seulement, il faut travailler, planifier des activités pour éduquer la population, les jeunes, les leaders politiques pour qu’ils comprennent que la diversité d’opinion peut construire l’avenir du pays.

Les partis politiques de l’opposition dénoncent l’intolérance politique à l’endroit de leurs militants et qu’il y a des cas d’arrestation et même d’emprisonnement. Qu’en dites-vous ?

Je parle avec les leaders des partis politiques tant de la mouvance que de l’opposition. Il peut y avoir des arrestations et il y en aura toujours. Ce n’est pas parce que tu es membre d’un parti politique que tu ne peux pas être arrêté ou soupçonné. C’est très normal. Ce qui ne serait pas normal, c’est de laisser la situation s’empirer. Ce n’est pas seulement les partis politiques de l’opposition qui se lamentent. J’ai même parlé au parti au pouvoir. Leurs militants se lamentent eux aussi disant qu’ils sont parfois agressés. Seulement,  il faut trouver des moyens pour une communication non violente, la cohésion sociale, l’entente mutuelle. La diversité d’opinion peut construire notre pays.

Certaines victimes des violations se lamentent, soutenant que la Cnidh n’est pas visible sur le terrain pour mener des enquêtes. Votre commentaire.

Peut-être qu’ils ne sont pas bien informés. A peine une semaine de travail,   je peux vous dire qu’il y a des cas qui sont en cours de traitement. Des actions concrètes sont en train d’être menées. Il faut que la commission renforce ses moyens de communication. Et cela figure parmi nos priorités.

Les rapports de la commission sont parfois critiqués comme quoi ils ne reflètent pas la réalité sur le terrain. Qu’il y a des faits qui sont minimisés ou passés sous silence. Qu’en dites-vous ?

La nouvelle équipe n’a pas encore produit de rapport. Vous allez nous juger et poser la question quand nous sortirons notre rapport. Et je suis sûr qu’on va vous répondre convenablement.

Que comptez-vous faire pour renforcer votre présence sur le terrain ?

Sur notre plan de travail  figurent des descentes dans les provinces, des visites dans les lieux de détention. Il y a la création des points focaux là où il n’y en a pas et le monitoring  des droits humains dans toutes les communes. Il y a  aussi une stratégie de collaboration avec la police, la justice, le gouvernement, le Parlement, les organisations nationales et internationales.

Le Haut-commissariat aux droits de l’homme au Burundi, un de vos partenaires, a vu ses portes fermées. Certaines organisations nationales ont été radiées, d’autres suspendues. Allez-vous plaider pour une levée des sanctions ?

Le dialogue est la clé de toute chose. Il faut que le gouvernement parle avec l’opposition et même les partis qui soutiennent le pouvoir. Il faut qu’on soit à mesure de parler avec les partenaires tant politiques qu’économiques. Il faut qu’on essaie  de trouver un terrain d’entente pour tout le monde.

Des cas de détention arbitraire où des détenus restent écroués alors qu’ils ont été acquittés. Comment la commission compte y remédier ?

On a déjà commencé. On a déjà créé des groupes parce que la commission ne travaille pas comme un bloc. Il y a des commissaires qui effectuent des visites dans les maisons de détention. Ils vont faire des visites régulières pour voir la mise en application des mesures prises. Et avec la collaboration de tous les intervenants, nous pensons  que la situation sera améliorée.

Concrètement, quel sera l’apport de la commission dans le désengorgement des prisons ?

Nous allons collaborer avec la justice, la police et même le gouvernement pour suivre des cas précis. Et avec le lobbying, nous serons à mesure de résoudre  tous les problèmes.

Le Groupe de Presse Iwacu a saisi la commission sur la disparition de son journaliste Jean Bigirimana, depuis près de deux ans. Peut-on savoir où en sont les enquêtes ?

Cela fait seulement une semaine que nous travaillons. Nous allons prendre notre temps pour analyser les dossiers en cours et les dossiers prioritaires. Nous allons vous faire  signe au moment opportun.

 

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