Lundi 12 avril 2021

Société

Gitega: l’appât du gain a déjà fauché beaucoup

21/02/2020 Jean Noël Manirakiza Commentaires fermés sur Gitega: l’appât du gain a déjà fauché beaucoup
Gitega: l’appât du gain a déjà fauché beaucoup
Marché central de Gitega où les escrocs opèrent souvent.

Des groupes de gens qui se disent être des membres des associations d’entraide financière basées en Europe et ailleurs escroquent plus d’un en leur promettant des intérêts faramineux.

« Le nouveau membre  doit payer les frais d’inscription allant de 270 000 Fbu  à 400 000 Fbu  et faire adhérer d’autres trois membres. »

A Gitega, ils seraient des dizaines, voire des centaines (car leur nombre reste inconnu) opérant dans le secret le plus absolu. Seuls quelques membres se consultent et choisissent les nouveaux adhérents. Selon les témoins, ces associations se développent d’une manière remarquable. Parfois, les initiateurs choisissent ceux qui ne leur poseront pas de problèmes ou qui ne les dénonceront pas aux autorités. Leur mode opératoire est le même : faire miroiter à leurs victimes des profits énormes dans un court laps de temps.  A entendre les propos de ceux qui sont déjà tombés dans les filets, ces personnes leur prédisent un avenir radieux.  « Ils  vous citent les noms des personnes riches que vous connaissez, des policiers, des commerçants, des hommes d’églises, des hautes autorités  qui ont déjà engrangé des milliers», raconte Suavis.

Après une enquête menée auprès des  femmes et hommes qui ont déjà subi des multiples assauts de ces associations qui se disent être des multinationales basées en Europe ou ailleurs, les bénéfices faramineux sont leur maître mot. D’après eux,  dans la plupart des cas,  les  recruteurs les rencontrent chez eux  ou sur le lieu de travail et leur interdisent de  citer leurs noms à personne avant d’avoir confiance en lui.

 « Ils ont honte de porter plainte ! »

Pour certaines personnes, il s’agit de l’argent facile où on gagne beaucoup après un délai ne dépassant pas  quelques jours, en plus de l’argent investi. Interviewées, certaines affirment qu’elles ont pu toucher  50 mille francs bu ou 100 mille FBU puisqu’elles ont eu la chance d’être les premiers à y adhérer.

« Si tu es malin, tu dois être parmi les premiers adhérents sinon ce sont toujours les derniers qui perdent », affirme Fabien. Même tactique chez Mélanie qui indique avoir participé dans  les trois associations différentes et qu’elle a réussi à retirer ses investissements.

«  J’avais la  mémoire des associations comme PEAF (Projet d’Entraide et d’Autofinancement) et IDC (Initiative pour le Développement Communautaire) qui ont sévi à Gitega et d’autres régions du pays, qui  nous ont dépouillé de l’argent  au vu et au su de tout le monde, il y a  une dizaine d’années. » Cette chance de Mélanie n’est pas pour tout le monde, plusieurs investisseurs pleurent leur argent. C’est le cas d’Abdul   qui a même honte de dire ce qui lui est arrivé :

« J’ai honte de porter plainte ou d’en parler car personne ne me croira. Je n’ai aucun papier justificatif de  mes investissements car on me disait que c’est par internet, Facebook que les transactions s’effectueraient !»

En attendant, les victimes se comptent par centaines et  ces associations  sans adresses connues ni représentants continuent d’amadouer les nouveaux adhérents. Pour les habitants de Gitega si rien ne se fait, les  dégâts seront nombreux dans beaucoup de ménages.

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