Vendredi 16 janvier 2026

Économie

Fomi, Anagessa et CIAP : Des sommes faramineuses et des « menaces »

Fomi, Anagessa et CIAP : Des sommes faramineuses et des « menaces »
Alain Ndikumana : « Nous avons longtemps vécu dans une indiscipline budgétaire excessive, il est temps que cela cesse ! »

Devant les sénateurs le 27 décembre 2025, Alain Ndikumana, ministre des Finances a dénoncé des détournements des fonds à travers trois institutions dont Fomi, Anagessa et CIAP. 145 milliards de BIF à l’Anagessa ne sont pas justifiés et Fomi réclame près de 100 milliards de BIF indus. Dans la foulée, il a dénoncé des menaces dont il fait l’objet à cause de la vérité qu’il expose. Le président du Sénat l’a rassuré et encouragé. Pour la société civile, le Parlement doit mettre sur pied une commission parlementaire pour clarifier cette situation.

Lors de la séance d’analyse et d’adoption du projet de loi portant révision du budget de l’Etat pour l’exercice 2025-2026, les sénateurs ont voulu savoir si l’achat du maïs par l’Agence nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (Anagessa) allait continuer à être financé par l’État ou si les fonds déjà accordés devaient constituer un capital permanent. Le ministre Ndikumana a exposé toutes les irrégularités et pertes entraînées par cette agence.

Pour lui, rien n’est clair et pas de justification. « L’année passée, l’Anagessa a reçu 145 milliards de BIF. Le maïs acheté représentait 71.000 tonnes, à 1.700 BIF le kilo. Si vous faites le calcul, on n’arrive pas à ce montant qui leur a été accordé. Tout cela n’était pas clairement expliqué, le rapport qu’ils ont présenté comportait de nombreuses erreurs. »

Il a indiqué que l’Anagessa travaille avec une entité appelée CIAP, Coopérative d’investissement agropastoral. Il considère que c’est un deal fait pour détourner de l’argent. « Ils ont présenté un rapport affirmant que le maïs était disponible dans les stocks. Nous avons effectué des descentes sur le terrain et constaté de nombreuses irrégularités. Ils avaient déjà commencé à demander 200 milliards de BIF pour acheter la récolte, alors qu’une instruction ne stipule qu’aucun autre financement ne peut être accordé sans justification préalable des 145 milliards de BIF reçus l’année passée. »

Après avoir constaté l’ampleur du problème, l’État a accordé 36 milliards de BIF. « Aujourd’hui, ils affirment qu’après les derniers achats, ils disposent de 28.000 tonnes de maïs. Mais lorsque nous allons vérifier sur le terrain, nous ne trouvons pas ces quantités. Jusqu’à présent, ils n’ont pas dépassé 23.000 tonnes. Même multipliée par 1.700 BIF, cette quantité n’atteint pas 36 milliards de BIF. Ils ont plutôt utilisé l’argent pour le transport et pour rémunérer les agents du CIAP, alors que la priorité aurait dû être le paiement des agriculteurs. »

Il a indiqué également que l’Anagessa a attendu que la ministre en charge de l’Agriculture, Calinie Mbarushimana, prête serment le 6 août 2025, et que le même jour, ils lui ont fait signer un contrat de 11 milliards de BIF pour l’achat de 800.000 sacs. « Quelle était l’urgence de signer un contrat de 11 milliards de BIF ? Avez-vous déjà vu un contrat d’une telle somme provenant de l’État signé sans l’aval du ministre des Finances ? » a-t-il interrogé.

Alain Ndikumana fait savoir que ce qui est marrant est que le directeur administratif et financier de l’Anagessa est également membre de la CIAP. « Il est payé dans les deux cas. » Pour lui, c’est inacceptable.

FOMI dans le viseur

En réponse à une question relative aux engrais de la Fomi par des sénateurs, le ministre est revenu sur des irrégularités dans ce secteur et les pertes en finances publiques. Il a fait savoir qu’en ce mois de décembre 2025, FOMI a soumis deux avenants au contrat de plus de 100 milliards pour signature sur le dépassement unilatéral des quantités contractuelles. « La Fomi réclame actuellement à l’État plus de 50 milliards de BIF, affirmant avoir dépassé de 17% les quantités d’engrais prévues dans le contrat pour les saisons culturales B et C 2025 qui s’ajoutent aux montants déjà versés, avec pour motif d’un dépassement des quantités prévues de façon unilatérale. »

Le second avenant concerne la saison C 2024 et la saison A 2025. Il fait état d’un dépassement de 3,9% par rapport au contrat initial et réclame un paiement supplémentaire de 6, 839 milliards de BIF. « Je vous le demande : peut-on accepter de telles pratiques ? J’ai ici le contrat initial. Comment peut-on dépasser ce qui y est clairement fixé ? N’est-ce pas une manœuvre abusive ? »

En refusant de signer le paiement de dizaines de milliards de francs burundais indus, le ministre des Finances a dénoncé des menaces dont il fait l’objet. Il a confié qu’il se déplace désormais muni d’une mallette ministérielle. « Je n’ai pas de dent contre personne. Si je suis victime de la vérité, il n’y pas de problème. Je sais que je dois atteindre la vision 2060. »

Et de conclure : « Voilà la situation dans laquelle nous nous trouvons. Dites-moi donc d’où proviendra cet argent. Nous avons longtemps vécu dans une indiscipline budgétaire excessive, mais il est temps que cela cesse ! ».

Devant l’Assemblée nationale le 24 décembre, Dr. Ndikumana avait déploré que le FOMI vende l’engrais et gère le stock des quantités vendues. « Les stocks d’engrais dans les provinces sont gérés par des agents de la Fomi. Allons-nous acheter des engrais pour ensuite les confier au vendeur pour les distribuer et fournir des rapports ? Ces engrais devraient être remis aux gouverneurs des provinces. »

Face à cette situation, le président du Sénat, Gervais Ndirakobuca, a apporté publiquement son soutien au ministre. Il l’encourage à tenir bon dans ce combat contre les détournements des finances publiques. « Nous allons vous soutenir. Ce n’est pas facile. Si nous ne prenons pas les devants dans le combat contre les voleurs et les détourneurs des finances, on ne peut pas réussir. Pour que cette société change, il faut qu’il y ait des gens qui osent défendre la vérité. Beaucoup de Burundais ne veulent pas entendre la vérité. Parfois, on peut dire la vérité et en être victime. Ne sois pas découragé, les menaces ne peuvent pas manquer. »


Réactions

Gabriel Rufyiri : « Actuellement, nous avons une crise des valeurs dans la société burundaise. »</h3>

Selon le président de l’Olucome, c’est une partie émergée de l’iceberg car, ces cas se passent dans plusieurs secteurs de la vie nationale : les sociétés publiques et parapubliques, presque tous les projets financés par les partenaires ou d’autres projets spécifiques où l’État a ses cadres qui décident en dernier lieu ; l’achat du maïs, les minerais, les exonérations, le secteur des devises, la TVA, le paiement des fonctionnaires de l’Etat, …

Pour Gabriel Rufyiri, lorsque le ministre annonce qu’il reçoit des menaces, cela montre la force des corrompus dans ce pays. « Si la corruption et le détournement des fonds publics ne sont pas combattus par l’Etat, c’est ce scénario qui se développe. Ce fléau rend le pays instable à tous les niveaux. Mais vous allez voir que rien ne va suivre. C’est très dangereux. »

D’après le président de l’Olucome, il devait y avoir des enquêtes et d’audits au niveau interne. « Le ministre pouvait commanditer un audit externe si le gouvernement est d’accord. Mais vous voyez que cela n’a pas été fait. Ce que nous pouvons conseiller au ministre, c’est d’exiger qu’il y ait d’abord un audit général externe de l’Etat qui clarifierait cette situation. »

D’après M. Rufyiri, le pouvoir législatif doit mettre sur pied une commission parlementaire spéciale qui va enquêter ces cas. « S’il ne le fait pas, ça serait grave, car il a les moyens et les hommes et femmes députées qui peuvent le faire. » Et d’ajouter : « Ce qui est urgent actuellement pour que les citoyens soient informés, les ministres concernés, dont le ministre de l’Agriculture et bien d’autres ministres concernés par ces vols organisés devraient être appelés au niveau de l’Assemblée nationale et du Sénat pour qu’ils puissent expliquer cette situation. »

De plus, estime-t-il, il peut y avoir des poursuites judiciaires. « Si vous voyez des guerres interminables, des conflits politiques qui sont toujours là, c’est parce qu’il y a un groupe d’individus qui veulent s’accaparer de la chose publique au détriment de tout un peuple. »

Gabriel Rufyiri trouve qu’il faut une réforme profonde de la justice et de l’administration, mais aussi de nouveaux leaders politiques. « Actuellement, nous avons deux principaux problèmes majeurs : la crise des valeurs dans la société burundaise, plus particulièrement dans la bourgeoisie des intellectuels, mais aussi une crise de leadership. »

Faustin Ndikumana : « Le gouvernement est devenu prisonnier d’un système mafieux de corruption sans le savoir ou à dessein. »

« Le pays affiche une insuffisance notoire de disponibilité des engrais chimiques en quantité et en qualité. Les agriculteurs donnent leurs contributions et passent une bonne période sans qu’aucun kilo d’engrais ne leur parvienne. C’est révoltant et répugnant. Malgré tout cela, l’allocation budgétaire prévue dans le budget de l’Etat, par exemple 2025-2026, c’est plus de 350 milliards de BIF », s’indigne le directeur national de Parcem.

Selon lui, cette allocation budgétaire représente 60% de tous les budgets du ministère de tutelle. « Mais les résultats restent mitigés, pour ne pas dire médiocres. Suite à ce déficit de production alimentaire et conséquente à cette indisponibilité chronique des engrais, le pays subit de plein fouet une inflation, parfois qui tourne autour de 40% et dont la grande partie est influencée par les produits agricoles. C’est là où le bât blesse. »

Au regard des dires du ministre des Finances, indique M. Ndikumana, les relations entre le gouvernement et l’entreprise FOMI méritent d’être disséquées, de faire objet d’une analyse méticuleuse pour en savoir tous les enjeux, les tenants et les aboutissants. « Une entreprise qui détient le monopole de l’Etat depuis longtemps dans la fourniture des engrais chimiques sur tout le territoire national, une entreprise qui a bénéficié beaucoup de largesses du gouvernement jusqu’à ce que le président de la République fasse un déplacement sur les fonds de l’argent du contribuable pour inaugurer une usine d’extension de cette entreprise en Tanzanie. C’est au Burundi que j’ai déjà entendu un tel cas. »

Selon M. Ndikumana, plusieurs ministres, dans le passé, s’évertuaient à accorder à cette entreprise des marchés de façon unilatérale jusqu’à même rencontrer une résistance farouche de la part des bailleurs de fonds qui ne supportaient pas cette pratique peu orthodoxe. « C’est le cas de la Banque mondiale, avec un ancien ministre de l’Agriculture qui voulait imposer un marché à accorder à l’entreprise FOMI, concernant la fourniture de l’engrais pour la rénovation et l’intensification de l’agriculture du café sans qu’il y ait toute forme de concurrence. »

Pour Faustin Ndikumana, il y a anguille sous roche dans ce dossier. « En 2020, l’entreprise a bénéficié d’un montant colossal sous forme d’acompte sur plusieurs années pour fournir cet engrais. Mais, après plusieurs partenaires techniques et financiers ont crié haut et fort et exigé le remboursement de cette somme. On ne sait même pas si cette dette a été apurée. »

« Une enquête parlementaire aussi devrait être menée à travers une mise sur pied d’une commission parlementaire pour enquêter sur ce cas. Le Parlement doit agir au nom de la population. Il faut aussi un contrôle citoyen à travers une vigilance sans faille. Cela doit être assuré par la société civile et par la presse. »
Le directeur national de Parcem fait un autre constat : « C’est le constat d’un dysfonctionnement institutionnel. On ne comprend pas comment le système national d’intégrité fonctionne. »

D’après lui, il y a tout un paquet d’institutions qui sont censées, sous forme de système national d’intégrité, sévir contre de tels comportements véreux qui nous font que renforcer le pillage sans vergogne les richesses de l’État : la présidence de la République, le gouvernement, le Parlement, le Premier ministre, la Cour des comptes, l’IGE, la régulation des marchés publics, les inspections ministérielles, la direction générale des marchés publics, …
« Il ne faut pas surtout que ça sombre, comme les dossiers des barrages de Mpanda et Kajeke ou le dossier des devises. On est habitué à des dossiers où il y a des indices sérieux de culpabilité, de mauvaise gouvernance, mais que cela n’est jamais suivi de faits. »

Quant à l’Anagessa, M. Ndikumana fait savoir qu’elle aussi détient le monopole d’Etat. « Les agriculteurs y vendent leurs récoltes, mais ils passent des périodes sans être payés. On avait réclamé depuis longtemps que cette agence soit complètement supprimée. »
Le directeur national de Parcem trouve le gouvernement doit prendre ses responsabilités. « On constate que le gouvernement est devenu prisonnier d’un système mafieux de corruption sans le savoir ou à dessein. »


Analyse Jean Ndenzako

« Anagessa: une architecture institutionnelle génératrice d’inefficience économique et de capture politico-administrative. »

Pour l’économiste Jean Ndenzako, la création de l’Anagessa, telle qu’elle est conçue et mise en œuvre aujourd’hui, s’apparente moins à un instrument efficace de politique agricole qu’à une erreur de conception institutionnelle aux coûts économiques élevés.

Que pensez-vous de l’Anagessa ?

Du point de vue normatif, l’Anagessa s’inscrit dans une logique classique d’intervention publique face aux défaillances de marché. Selon les textes fondateurs, elle est chargée de constituer et de gérer des stocks stratégiques afin de garantir la sécurité alimentaire, de stabiliser les prix et de soutenir les producteurs. En théorie économique, une telle institution peut être justifiée par la volatilité des prix agricoles, l’insuffisance d’infrastructures privées de stockage, les asymétries d’information et les contraintes de crédit qui empêchent les agriculteurs de lisser leurs revenus et d’arbitrer efficacement entre vente immédiate et stockage.

Dans ce cadre, une agence publique de stockage devrait fonctionner comme un mécanisme d’assurance collective et de stabilisation sectorielle, intervenant de manière contracyclique selon des règles claires, transparentes et prévisibles, tout en minimisant les coûts administratifs afin de préserver les signaux de prix et les incitations productives.

Ce n’est pas ce que fait cette agence ?

Dans la pratique, l’ANAGESSA opère dans un cadre de monopole quasi exclusif sur la collecte et la commercialisation institutionnelle du maïs, marginalisant les opérateurs privés et comprimant la concurrence tant à l’achat auprès des producteurs qu’à la vente aux consommateurs. Ce monopole est renforcé par l’interposition systématique d’une agence commissionnaire, la CIAP, présentée formellement comme un partenaire opérationnel, mais exerçant de facto un rôle central dans la chaîne de décision et de transaction.

Quel est le risque ?

En combinant un monopole public de fait, une dépendance structurelle aux subventions budgétaires et de sérieux déficits de gouvernance, l’ANAGESSA introduit des distorsions profondes dans les incitations des producteurs et des acteurs privés, sans produire les gains attendus en matière de sécurité alimentaire ou de stabilisation des revenus agricoles.

Comment ?

En internalisant très faiblement les risques commerciaux tout en contrôlant des fonctions centrales de collecte et de commercialisation du maïs, l’Anagessa tend à socialiser les pertes et à privatiser implicitement les bénéfices au profit d’un réseau politico-administratif et de partenaires intermédiaires, dans un cadre peu transparent et faiblement redevable.

Parlons de la CIAP

L’intervention de la CIAP introduit une couche supplémentaire d’intermédiation qui n’est ni neutre ni purement technique. En concentrant les fonctions de commissionnement, de logistique et parfois de contractualisation, cette structure bénéficie d’un accès privilégié aux flux financiers publics et aux marchés générés par l’Anagessa, sans être soumise aux mêmes obligations de transparence, de reddition de comptes ou de performance économique qu’une agence publique ou qu’un opérateur privé concurrentiel.

Qu’est-ce qui résulte de cette intermédiation ?

Il en résulte une relation triangulaire opaque entre l’État, l’agence publique et l’intermédiaire commissionnaire, dans laquelle la frontière entre mission d’intérêt général et appropriation privée de rentes devient structurellement floue.

Peut-on parler de la politisation de cette intermédiation ?

Les risques de capture institutionnelle sont renforcés par des interrogations récurrentes sur la composition sociopolitique des coopérateurs de la CIAP.

Sans préjuger de situations individuelles, la possibilité que certains coopérateurs ou bénéficiaires indirects de cette structure incluent des membres du Sénat, des hauts gradés des forces de défense ou de sécurité, des cadres du parti au pouvoir ou leurs parentés soulève un problème économique et institutionnel majeur de conflit d’intérêts potentiel.

Cette préoccupation appelle à une clarification urgente des circuits de responsabilité et des bénéficiaires effectifs des dispositifs publics de stockage et de commercialisation.

Quelles sont les conséquences du point de vue économique ?

La présence- réelle ou perçue- d’acteurs politiquement exposés au sein d’une structure commissionnaire intervenant dans une politique publique financée par le budget de l’État altère profondément les incitations. Elle réduit la crédibilité des mécanismes de contrôle, affaiblit la probabilité de sanctions en cas de mauvaise gestion et renforce l’aléa moral. Les décisions de collecte, de fixation des prix ou d’écoulement des stocks peuvent alors être influencées par des considérations politiques ou de préservation de rentes, plutôt que par des critères d’efficience économique et de sécurité alimentaire.

La mission de l’Anagessa est alors altérée ?

Cette configuration contribue également à dissuader les opérateurs privés indépendants et les coopératives non alignées politiquement, qui anticipent une concurrence biaisée et un accès inégal aux marchés et aux informations. Le résultat est une contraction de l’offre institutionnelle, une fragmentation accrue des circuits informels et, paradoxalement, une fragilisation de l’objectif même de stock stratégique.

Qu’en est-il des ressources budgétaires mobilisées ?

Les coûts administratifs générés par cette architecture à double niveau — agence publique et commissionnaire privilégié — accentuent l’inefficience allocative du dispositif. Les ressources budgétaires mobilisées financent simultanément le fonctionnement de l’Anagessa et celui de la CIAP, créant une duplication des structures, des charges fixes élevées et une dilution des responsabilités.

Dans plusieurs exercices budgétaires, des dépenses substantielles ont été engagées en l’absence d’achats effectifs significatifs ou alors que des stocks se dégradaient, illustrant une dissociation nette entre dépense publique et production de valeur économique ou sociale.

Comment analysez-vous cette situation ?

Sur le plan théorique, cette situation correspond à un cas typique d’aléa moral dans un cadre de gouvernance faible : lorsque les pertes sont systématiquement couvertes par l’État et que les bénéficiaires de l’intermédiation sont politiquement protégés, les incitations à la discipline de gestion, à l’innovation logistique et à l’optimisation des coûts sont fortement affaiblies. L’instrument de politique agricole tend alors à se transformer en une structure de redistribution de rentes et de loyautés politiques, plutôt qu’en un mécanisme de stabilisation des marchés et de protection des producteurs et des consommateurs.

A vous attendre, ce dispositif est défaillant ?

À l’échelle macroéconomique, l’association d’un monopole public et d’une intermédiation politisée rigidifie un segment stratégique de la chaîne de valeur agricole. La centralisation des décisions au sein d’un dispositif faiblement discipliné par le marché réduit la résilience du système alimentaire face aux chocs climatiques, de prix ou de demande. La diversification des acteurs, qui constitue normalement un amortisseur des risques systémiques, est remplacée par une structure concentrée où une défaillance de gouvernance peut affecter l’ensemble du dispositif.

Quelles sont les pistes de solutions pour une plus grande efficacité ?

D’un point de vue économique et institutionnel, une réforme crédible impliquerait une séparation stricte des rôles entre l’État régulateur, un mécanisme public de sécurité alimentaire limité et transparent, et des opérateurs privés ou coopératifs soumis à une concurrence réelle. L’exclusion explicite des acteurs politiquement exposés des structures commissionnaires, la publication des bénéficiaires effectifs, et l’instauration de règles de gouvernance alignées sur la performance et la reddition de comptes constitueraient des prérequis essentiels pour restaurer l’efficience économique, la crédibilité de la politique agricole et la confiance des producteurs et des consommateurs.

Forum des lecteurs d'Iwacu

12 réactions
  1. Jean Pierre Hakizimana

    Vous êtes très mignons. Ici, vous agissez comme s’il s’agissait d’une histoire d’incompétence. Ce qui se passe n’est pas un bug, mais une caractéristique d’un système gouvernemental très corrompu. À ce stade, je commence à me demander si ce n’est pas une société corrompue. Du haut vers le bas. Un poisson pourri.

    Je me souviens quand j’étais enfant, le seul signal télé venait du Zaïre puisque le Burundi n’en avait pas. Un jour, le Maréchal Mobutu est passé à la télévision pour parler aux employés du port de Matadi, je vais essayer de citer « Tous les douaniers de Matadi, s’il vous plaît, arrêtez de tout voler, laissez-en un peu au peuple du Zaïre ».

    Le Burundi est exactement dans cette situation.

    • Gacece

      @Jean Pierre Hakizimana

      N’est-ce pas vous qui nous avez habitué à lire que les gens au pouvoir sont incompétents? Que proposez-vous comme solutions?

      • Jean Pierre Hakizimana

        Il est inutile de réinventer la roue. Se débarrasser du CDN-FDD et de ses acolytes est un point de départ indispensable. Sinon, le Burundi finira comme le Zaïre, sous Mobutu.

        La seule différence entre l’époque de Mobutu et aujourd’hui, c’est que les choses évoluent beaucoup plus vite. Le CDN-FDD ne durera pas plus d’une génération. Prenez l’exemple du Venezuela, et bientôt celui du régime iranien actuel.

  2. Bite

    Je pense que Dr est la personne qui devait être le Premier Ministre (j’évite de dire le président du Pays) pour controler toutes les actions de ses ministres: il est honnête, intelligent et aime son pays. Voila la personne qui aime le peuple burundais. Que Dieu le protège.

    • Gacece

      Méfiez-vous aussi des personnes qui font des coups d’éclat! C’est souvent une diversion.

      Si on s’intéresse de plus près à ce qu’elles faisaient auparavant ou à ce qu’elles font pendant que l’attention est dirigée ailleurs, on pourrait découvrir des squelettes dans leur placard.

      Souvenez-vous du précédent gouverneur de la BRB : son coup d’éclat était de forcer les gens à échanger les vieux billets de 5 000 BIF et 10 000 BIF contre de nouveaux.

      https://www.iwacu-burundi.org/le-parquet-general-de-la-republique-confirme-la-detention-de-lex-gouverneur-de-la-brb/

      On mériterait de scruter à la loupe le passé de ce ministre avant de le louanger. Pour une des rares fois, je serais agréablement surpris par ce qu’on trouve dans ces 2 cas : positif ou négatif. Devinez pourquoi!

  3. Gacece

    Des appels à des audits et des commissions parlementaires sont inutiles parce qu’ils n’aboutiront à rien. Un audit interne est une forme de surveillance du respect des procédures et processus de décision, ainsi que de leurs mécanismes de contrôle. Un audit externe est une forme d’enquête ou d’analyse des états financiers d’une entreprise ou d’un organisme.

    Que voulez-vous qu’un auditeur ou un élu et leur personnel trouvent dans l’une ou l’autre des 2 types d’audits? Je doute qu’il y ait même eu mise en place de procédures claires et des mécanismes de contrôle à analyser. Ce serait seulement des interrogatoires verbaux et on se butera à un manque flagrant de collaboration, sans parler de cette perpétuelle et éternelle habitude de chacun de se couvrir en mentant, en omettant de parler de l’essentiel, en rejetant la faute sur autrui ou tout simplement en invoquant « volontairement » l’oubli.

    Ce qu’il faut? Mettre place des procédures et des processus de décisions, assortis de mécanismes de contrôle à toutes les étapes, de tous les niveaux. Par exemple :

    1. Généralités

    – On arrête tout décaissement et tout paiement en argent comptant, sauf pour certaines exceptions à déterminer : petits montants, achats directs au citoyen (récoltes de café ou de maïs), paiements de salaires, transfert internationaux, etc. ;

    – Un seul compte de dépense au nom du ministère des finances pour tous les services, de tous les ministères ;

    – Chaque chèque devrait être signé par 2 responsables désignés à chaque niveau (commune, province, national) ;

    – On établit des limites claires de compétence à tous les niveaux :

       → a) Par exemple, lors d’une visite à une commune, un gouverneur de province ne peux pas utiliser l’argent du budget de la commune pour faire le plein d’essence de son véhicule (personnel ou de fonction) ;

       → b) Un autre exemple fictif : au chef-lieu de la province Butanyerera (Ngozi), on a 3 tronçons de routes à réparer : celle sur la RN6 (route nationale 6) reliant Bujumbura à Kobero (Buhumuza), celle reliant Ngozi à Mwumba, et celle reliant le Lycée de Burengo à la RN6. Dans l’ancienne configuration administrative, la réparation incomberait au ministère des transports pour le 1er cas, à la province de Ngozi pour le 2e cas, et à la commune de Ngozi pour le 3e cas. Avec le découpage administratif actuel, les coûts de réparation pour le 2e et le 3e cas seraient tous assumés par la commune de Ngozi, vu que Mwumba n’est plus une commune. Par contre, l’entretien de la route reliant la commune de Muhanga à celle de Kayanza serait sous la responsabilité de la province de Butanyerera.

    – Aucun paiement, remboursement ou décaissement sans pièce justificative (reçus, factures, bordereaux de réception, fiches de contrôle, etc.) vérifiée, contrôlée et approuvée par au moins un contrôleur et les 2 signataires, ce qui veut dire qu’avant d’apposer sa signature, chaque signataire devrait d’abord valider le chèque avec les documents qui ont servi à son émission ;

    – On devrait émettre un numéro unique d’autorisation pour chaque chèque (une combinaison de chiffres et lettres (identifiant la commune, la province ou l’autorité nationale) et d’autres chiffres et lettres aléatoires (non séquentiels) servant à le rendre unique, devraient être générés pour éviter de faux numéros d’autorisation) ;

    – Les détails du chèque (numéro d’autorisation, numéro séquentiel, nom du bénéficiaire, nom des signataires et montant) transmis à la BRB afin que les banques puissent valider le chèque avant de remettre les fonds au bénéficiaire ;

    – La banque qui remet l’argent au bénéficiaire devrait enregistrer et garder ses pièces d’identité ainsi que son numéro de compte s’il y a lieu ;

    – On demanderait à toutes les banques d’envoyer une photocopie endossé du chèque à la BRB, une fois qu’elles auront honoré le chèque. Et la BRB ne devrait pas transférer le montant du chèque à la banque qu’une fois qu’elle aura respecté cette condition ;

    – Aucun décaissement ne doit être fait au nom du Gouvernement que par des entités administratives légalement reconnues (commune, province, hôpital public, etc.) ;

    – On décentralise le tout aux niveaux inférieurs (commune et province) mais les contrôles se font à tous les niveaux, chacun dans la limite de ses compétences.

    2. Particularités
       → Au niveau de la colline, de la zone ou du quartier : tous les paiements devraient être faits par la commune après vérification et validation des pièces justificatives ;

       → Au niveau de la commune :
    – Le comptable communal et l’administrateur devraient être les seuls autorisés à signer des chèques ;
    – Si l’un est absent, l’émission du chèque devrait attendre le retour de l’autre (en cas d’absence à long terme, seul le gouverneur de province devrait désigner un substitut) ;

    – Établir un montant maximum par chèque et par client (ex. 50 000 BIF) et par mois (ex. un total de 5 000 000 BIF peu importe le nombre de chèques). Ces montants devraient être déterminés selon le budget de la commune. Et exceptionnellement, lors d’opérations spéciales comme l’achat de café ou l’achat des récoltes de maïs, on pourrait augmenter ces limites ;

    – Tant que le cumulatif ne dépasse 50 000 BIF par mois, un client ou un fo*urnisseur peuvent avoir plusieurs chèques ;

    – Pour ne pas tricher et dépasser les 50 000 BIF par client (chaque client ou fo*urnisseur devrait avoir un compte unique à la commune pour éviter d’émettre plusieurs paiements à des employés différents d’une même entreprise) ;

    – Établir un délai raisonnable (3 ou 4 mois) pour pouvoir faire un nouveau paiement pour le fo*urnisseur ;

    – Si le montant du décaissement dépasse les limites autorisées, il doit être fait au niveau supérieur (sans aucune autre exception que celle des opérations spéciales).

       → Au niveau provincial et national :

    Les conditions et exigences devraient être sensiblement les mêmes pour les paiements et décaissements concernant les projets d’envergure provinciale et nationale, ainsi que la gestion des paiements qui ne peuvent pas être effectués par les niveaux inférieurs :

    – Les montants des limites sont plus élevés ;

    – Le gouverneur de la province (ou son assistant) ou le ministre (ou son chef de cabinet) doit obligatoirement être un des signataires du chèque ;

    – Le deuxième signataire doit être celle d’un des comptables du service ;

    – La structure administrative peut-être différentes : si par exemple il y a 3 comptables provinciaux de Gitega (9 communes), ont peut attribuer 3 communes à chaque comptable comme principal signataire et 3 autres communes comme signataire substitut en cas d’absence de son collègue, mais il ne peut pas être substitut pour les 2 et ne peut pas avoir les 2 comme substituts. Cela fait en sorte qu’à chaque moment, il y a un seul signataire pour chaque commune ;

    – Seul le gouverneur devrait désigner les substituts des comptables de niveau communal et des administrateurs en cas d’empêchement ou d’absence, de même que seul le ministre ou son chef de cabinet devrait désigner les substituts au niveau provincial ;

    – Les comptables désignés comme tel par leur supérieur devraient être reconnu d’office comme signataires ;

    – Pour éviter des confusions et des manipulations des noms, seul le ministre des finances devrait être la seule autorité autorisée à modifier et à transmettre aux banques la liste des noms des signataires et leurs substituts de chaque commune, de chaque province et de chaque ministère. Il en va de soi que ces noms ne sont transmis qu’au seul ministre après leur désignation.

    3. Exceptions liées à l’autorité et aux urgences

    Dans de rares cas où les circonstances le justifient (urgence sanitaire ou environnementale, cas de catastrophe naturelle ou d’accidents, projets d’intérêt national, etc.); l’administrateur, le gouverneur, le ministre et même le président devraient pouvoir émettre un paiement en argent comptant ou qui dépasse la limite établie à chaque niveau. Mais cela doit être documenté et justifié et le ministre des finances doit déterminer une liste exhaustive d’évènements qui peuvent être classés dans cette catégorie.

    4. Exemple d’application : ANAGESSA

    Contexte : Opération spéciale achat de maïs
    (On convertit tous les employés de l’ANAGESSA en salariés de l’État)
    Montant en argent comptant autorisé par famille : 100 000 BIF
    Pour les besoins de la ventes et pour éviter de dépasser le montant par famille, tous les membres de la même famille sont enregistrés au même numéro de carte d’identité : la carte karangamuntu d’un des époux (décision concertée en famille) et c’est vérifiable au niveau des registres communaux.

    1) L’agriculteur Murimyi et ses proches apportent leur récolte de maïs à l’ANAGESSA (pas d’intermédiaire ou commissionnaire) pour la pesée ;

    2) L’ANAGESSA exerce son contrôle de qualité et pèse la quantité de maïs retenue : 90 kg (153 900 BIF @ 1 710 BIF/kg) et remet à Murimyi la quantité non retenue : 20 kg ;

    3) L’ANAGESSA s’assure de l’accord de Murimyi en lui faisant signer un formulaire prévu à cet effet avant d’entreposer la marchandise retenue ;

    3) L’ANAGESSA remplit un reçu officiel de la commune (pas de l’ANAGESSA) sur lequel sont inscrits le nom de l’employé, le nom de l’agriculteur et son numéro de carte karangamuntu, la quantité, le montant de l’achat et tous les frais s’il y a lieu ;

    4) L’ANAGESSA remet sans délai à la commune l’original du formulaire de consentement et une photocopie. Elle s’assure de garder une copie de chaque documents pour ses registres ;

    5) L’ANAGESSA remet l’original du reçu et une photocopie du formulaire de consentement Murimyi et lui dit de se présenter à la commune après x nombres de jours, le temps de s’assurer que la commune a reçu les copies des documents ;

    6) L’agriculteur se présente à la commune pour récupérer son dû : après vérification et contrôle (aucune falsification), on lui remet les 100 000 BIF permis en argent comptant et un autre document officiel indiquant les montants suivants : montant déjà remis, montant déduit comme frais et montant restant à remettre. On lui indique ensuite quand il pourra revenir le récupérer.

    6) Le responsable (comptable) réunit et transmet à la province tous les documents nécessitant un paiement de la province ;

    7) Comme il s’agit d’une opération spéciale, la province décide d’envoyer l’argent à la commune au lieu d’émettre des chèques directement aux citoyens ;

    8) Après le délai convenu, l’agriculteur revient à la commune récupérer son solde, signe le ou les documents requis et rentre avec son montant final.

    Contrôle
    Le contrôleur ou vérificateur communal a les noms des employés, les quantités entreposées dans chaque entrepôt. Il peut rédiger des rapports journaliers, hebdomadaires et mensuels qui seront envoyés à ses supérieurs, qui à leur tour les transmettront aux niveaux supérieurs. Avec les quantités à la main, on peut visiter chaque entrepôt pour s’assurer de l’exactitude de ce qui est sur papier et les quantités réelles en entrepôt.
    De plus, avec le nombre de documents et les contrôles d’identité par lesquels le citoyen doit passer, il n’accepterait pas de participer à une fraude l’impliquant s’il sait qu’il risque de se faire démasquer. Idem pour l’employé puisque son nom sera indiqué à chaque document. En outre, il sera facile de d’identifier un employé qui serait tenté d’utiliser le nom d’un collègue, même s’ils se trouvaient dans un même entrepôt au moment des faits : il suffirait de demander au citoyen d’identifier visuellement quel employé l’a servi.

    Conclusion

    Quand on aura mis en place des procédures de suivi et des mécanismes de contrôle semblables à cet exemple, alors on pourra faire des audits. Les audits sont faits pour identifier et corriger des problèmes dans des procédures déjà existantes. Voulez-vous sérieusement chercher une cuisse d’un poisson du Sahara? Bonne chance!

    Puisqu’il est question d’argent, ne perdons pas de temps dans des mécanismes dont l’objet ciblé est « sans tête ni queue », ni ce qu’il y a entre les deux. Allons à l’essentiel : le contrôle et le suivi des décaissements.

    Avertissement : ne vous attendez pas à ce que cette idée soit mise en pratique, ce n’est qu’une suggestion!

    • PCE

      @Gacece
      Tout ca se résume en « volonté politique » .Or cet ingrédient est en rupture de stock. Abobishize mu ngiro nibo babirwanya? Erega ntikiribwa ivu!

  4. Alain villard

    Un touriste européen qui a visité le Rwanda,Burundi,Kenya et la Tanzanie à constaté que le Burundi est en retard par rapport autre pays en matière de développement. Le lac Tanganyika est pollué on trouve trop bouteilles en plastiques,nombre déchets menagers et eaux usées se déversent dans le lac etc….
    au Burundi les enfants de la rue,ils tendent la main »j’ai faim ».

  5. Nshimirimana

    Une simple réaction : FOMI n’a pas démenti le propos du ministre mais a cherché à noyer le poisson . Et si FOMI a présenté de avenants au nouveau ministre , il y a lieu de penser que les pratiques seraient récurrents . Du coup, une commission d’enquête composée d’élus, de la société civile s’impose. Et comm le disait le héros de notre indépendance le Prince Rwagasore, il faut juger par les actes . À notre cher Président d’emboîter le pas et de passer des paroles aux actes. Et surtout que la société ne cède aux pressions et que la révolution se mette en marche ! Après FOMI , ANAGESA et ses satellites, puis les coopératives SANGWE et les autres ….
    Bonn année

  6. hakizimana jean capistran

    twama twibaza ngo Leta irakenye naho abayahekenya bazi inzira bayanyuzamwo. Laboratoires zitari izo kwa muganga ziragisibije kweli.

  7. Marira

    Juste une question naïve.
    Pourquoi a t on a fait seulement l Anagessa du maïs et pas du haricot ou du manioc?
    La Sobecov a sombré alors que le pays n’était pas le plus corrompu au monde

  8. Stan Siyomana

    1. Vous ecrivez:«  les sénateurs ont voulu savoir si l’achat du maïs par l’Agence nationale de gestion du stock de sécurité alimentaire (Anagessa) allait continuer à être financé par l’État ou si les fonds déjà accordés devaient constituer un capital permanent. »
    2. Mon commentaire.
    L’ANAGESSA achete un kilo de mais a 1,700 francs et elle le revend au moins a 2000 francs. Si elle gere bien les autres depenses supplementaires (salaires des employes, stockage et transport) elle pourrait se faire des profits et voler de ses propres ailes.
    « Rappelons que lors du lancement de la campagne de vente de graines de maïs le 19 décembre 2024, le prix d’1 kg de graines de maïs était de 2 100 FBu pour la population et de 2 300 FBu pour les commerçants. Mais ce prix a été revu à la baisse, c’est-à-dire à 2 000 Fbu le kilo… »
    https://burundi-eco.com/grains-de-mais-plein-chez-anagessa-mais-chers-au-marche/

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